Économie

Le ministère de l'Économie et du Commerce suit de près l'évolution des prix dans les différentes régions du Liban, notamment parce que les taux d'inflation ont augmenté durant la période de guerre. La déclaration suivante fournit une explication détaillée des causes de l'inflation et des mesures exécutives et réglementaires prises par le ministère. Le ministère présente également dans les données jointes — avec chiffres et images — les résultats de son suivi des prix de 60 produits et leurs variations depuis le début de la guerre à ce jour.
1- Causes de l'inflation
La récente hausse des prix est principalement attribuable à des facteurs externes et structurels.
Premièrement, une augmentation notable de l'inflation importée. Les prix mondiaux de l'énergie ont considérablement augmenté — le Brent de 51% et le diesel de 86% — augmentant le coût de la production domestique. Les coûts d'expédition et les primes d'assurance transport ont également fortement augmenté en raison des risques élevés dans la région, ce qui a directement augmenté le coût des importations.
Deuxièmement, compte tenu de la forte dépendance du Liban aux importations, il est naturel que ces augmentations de prix mondiales se reflètent sur le marché intérieur. Le gazole est l'un des principaux canaux par lesquels ces pressions se transmettent, étant une matière première essentielle dans diverses activités économiques, notamment la production d'électricité, les transports, l'agriculture et la production alimentaire.
Troisièmement, la guerre a causé des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement, notamment des difficultés dans le transport et la distribution intérieurs, contribuant à des goulots d'étranglement et à des augmentations de prix supplémentaires dans certains secteurs.
Quatrièmement, ces dernières semaines, certains secteurs ont connu des augmentations de prix significatives — en particulier les légumes, qui ont fortement augmenté en raison d'un déséquilibre temporaire entre l'offre et la demande. Cela reflète les dommages considérables subis par les terres agricoles au sud, le fait que la saison des récoltes ne débutera pas avant plusieurs mois, et le déséquilibre offre-demande dû aux déplacements de population. Une dynamique similaire a été observée dans le secteur de la viande.
2- Mesures du ministère de l'Économie : assurer l'approvisionnement, surveiller les prix et faire respecter les lois
En réponse à ces développements, le ministère a adopté une approche basée sur trois priorités principales :
Premièrement, assurer la disponibilité des produits. La priorité du ministère est de garantir la disponibilité continue des biens essentiels sur les marchés. Bien que la hausse des prix reste totalement indésirable, il est important de souligner que ne pas répercuter les augmentations des coûts d'importation exposerait les marchés locaux à des pénuries de produits, ce qui nuirait considérablement aux consommateurs.
Dans ce contexte, le ministère de l'Économie et du Commerce collabore étroitement avec les importateurs et les distributeurs pour s'assurer que les quantités nécessaires soient disponibles. Plus précisément, la priorité est accordée à l'importation de biens essentiels et des mesures spécifiques sont prises dans les secteurs connaissant des pénuries.
Une coordination est également en cours avec le ministère de l'Agriculture pour accélérer les importations de légumes et faciliter les procédures administratives et d'inspection. Un grand lot de viande a été facilité dans le but de stabiliser les prix et d'assurer la disponibilité.
Deuxièmement, renforcer le suivi et la coordination. Le ministère a amélioré ses outils de surveillance des prix et sa compréhension des dynamiques du marché. Un tableau de bord de suivi des prix a été lancé, basé sur trois bases de données, permettant un suivi précis et en temps réel des évolutions des prix. Le Conseil supérieur des prix a également été activé pour surveiller l'inflation en détail et se coordonner avec les parties concernées pour proposer des solutions pratiques — comme cela a été fait dans les secteurs des légumes et de la viande, par exemple.
Troisièmement, lutter contre les hausses de prix injustifiées. Bien qu'une part importante des hausses de prix soit justifiée par l'augmentation des coûts d'importation, le ministère traite fermement les augmentations injustifiées et les pratiques d'exploitation.
Dans ce contexte, le ministère a intensifié les opérations de surveillance sur le terrain dans divers secteurs vitaux, en particulier dans les zones subissant une pression accrue sur les biens essentiels et les zones hébergeant des centres de déplacement. Du début de la guerre le 2 mars au 27 mars, la Direction de la protection des consommateurs a effectué 1 797 visites d'inspection sur le terrain, aboutissant au dépôt de plus de 75 rapports de violation, et a renvoyé 116 rapports à la justice compétente.
Ces opérations comprenaient la surveillance du secteur des importateurs de gaz, où une entreprise a été constatée avoir stocké dix tonnes de gaz et refusé de les vendre aux consommateurs ; la surveillance des marchés de légumes en gros en coordination avec le ministère de l'Agriculture pour contrôler les prix, avec plusieurs rapports de violation déposés — notamment concernant les prix des pommes de terre ; la surveillance des livraisons de gazole chez les entreprises importatrices pour s'assurer de l'absence de stockage dans un contexte de hausse des prix mondiaux du brut, avec soumission d'un rapport détaillé à ce sujet ; et un renforcement du contrôle des prix des produits et des marges bénéficiaires, notamment pour les denrées alimentaires de base et les biens liés aux besoins des personnes déplacées, ainsi que la surveillance des stations-service, du secteur des générateurs électriques, des boulangeries, des prix des matelas et de la sécurité, de la qualité et de la disponibilité des produits alimentaires dans les supermarchés, entrepôts et établissements de restauration rapide.
Ces mesures complètent le travail régulier de la Direction de la protection des consommateurs. Depuis le début de l'année, la Direction a répondu à 297 plaintes, effectué 4 901 visites d'inspection, émis 5 décisions de suspension des échanges, déposé 221 rapports de violation et renvoyé 414 rapports à la justice compétente.
Il convient de noter que les procédures de surveillance sont effectuées en coordination avec les agences de sécurité concernées et en contact permanent avec les autorités judiciaires pour renforcer les mesures rigoureuses telles que l'élimination des marchandises, la fermeture des établissements avec scellés de cire rouge, et l'émission d'avertissements conformément à la loi.
Le ministère renouvelle son appel aux citoyens à déposer des plaintes via l'application électronique du ministère (MoET Digital Services), qui est un outil essentiel pour une réponse rapide.
3- En conclusion, bien que les pressions inflationnistes mondiales impactent inévitablement les prix intérieurs, le ministère est pleinement engagé à :
Le ministère continuera à suivre les développements et à prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité des marchés et protéger les citoyens.



