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Le Sénat américain rejette l'arrêt des "opérations militaires" en Iran pour la sixième fois
Dans une démarche reflétant la profonde division au sein des couloirs du pouvoir à Washington, le Sénat américain, dirigé par les Républicains, a bloqué une nouvelle tentative démocrate visant à arrêter les opérations militaires menées par le président Donald Trump contre l'Iran.

Dans une démarche reflétant la profonde division au sein des couloirs du pouvoir à Washington, le Sénat américain, dirigé par les Républicains, a bloqué une nouvelle tentative démocrate visant à arrêter les opérations militaires menées par le président Donald Trump contre l'Iran. Le rejet a été voté par 47 voix contre 50, marquant le sixième échec de ce type pour les tentatives de faire passer la résolution sur les "Pouvoirs de guerre" depuis le début du conflit.
Dépassement du délai de 60 jours : La guerre est-elle devenue "illégale" ?
Cette séance de vote revêt une importance exceptionnelle car elle coïncide avec l'expiration du délai légal de 60 jours en vertu de la "Résolution sur les pouvoirs de guerre de 1973". La loi établit des contrôles stricts pour les opérations militaires :
Contrainte temporelle : Le président doit mettre fin aux opérations militaires 60 jours après avoir informé le Congrès, à moins d'avoir obtenu une autorisation officielle ou une déclaration de guerre.
Situation actuelle : Les États-Unis et Israël ont commencé leurs frappes contre l'Iran le 28 février, et l'administration Trump a officiellement informé le Congrès le 2 mars, faisant du vendredi la date limite effective pour l'action militaire sans couverture législative.
Division dans les rangs républicains et position démocrate surprenante
Malgré l'échec du passage de la résolution, le vote a révélé des changements notables dans les positions des sénateurs :
Susan Collins : s'est jointe aux Démocrates pour soutenir la résolution, affirmant que le délai de 60 jours est "une exigence constitutionnelle et non une suggestion", soulignant la nécessité de l'autorisation du Congrès pour la poursuite de l'action militaire.
Rand Paul : a continué à soutenir la résolution, fidèle à sa position traditionnelle contre les guerres étrangères sans autorisation.
John Fetterman : s'est distingué comme le seul membre démocrate à voter contre la résolution, maintenant son soutien à la politique actuelle de l'administration envers l'Iran.
Justifications de l'administration Trump et controverse juridique
Le témoignage du secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, devant "Capitol Hill" a suscité une vague de critiques ; il a affirmé que "le compte à rebours de 60 jours s'était temporairement arrêté" suite à l'accord de cessez-le-feu annoncé le 8 avril pour deux semaines. Cette interprétation juridique a été considérée par les Démocrates, notamment les sénateurs Adam Schiff et Chuck Schumer, comme une "manœuvre d'évasion et de contournement" d'une exigence constitutionnelle contraignante.
Échecs répétés à la "Chambre des représentants" et au "Sénat"
L'échec démocrate ne se limite pas au Sénat, mais a été précédé d'un échec similaire à la Chambre des représentants au début du mois ; une résolution présentée par le représentant Gregory Meeks ayant été rejetée par un vote très serré (213-214), ce qui renforce l'emprise de l'administration Trump sur le cours des opérations militaires en cours.
Situation sur le terrain actuelle
Alors que les débats politiques se poursuivent à Washington, les États-Unis maintiennent un blocus naval sur les ports iraniens, malgré la fin des négociations de cessez-le-feu sans résultats concrets, ce qui laisse présager une poursuite de l'escalade militaire en l'absence d'accord entre la Maison Blanche et le Congrès.
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