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Un rapport classifié de la CIA, remis cette semaine à l'administration américaine, estime que l'Iran ne pourra résister au blocus naval que trois à quatre mois au maximum.

L'Iran ne tiendra pas plus de trois à quatre mois sous le blocus naval américain, selon une analyse secrète de la CIA transmise cette semaine aux décideurs de l'administration Trump. Le document, dont les grandes lignes ont été rapportées par le Washington Post, prévoit que le pays fera face à des difficultés économiques encore plus sévères au-delà de ce délai.
Le président américain Donald Trump a imposé ce blocus le 7 avril, une semaine après l'accord de trêve, en ordonnant à ses collaborateurs de se préparer à un siège prolongé. L'objectif affiché est de contraindre Téhéran à revenir à la table des négociations et à céder aux exigences de Washington.
Depuis le 28 février, l'Iran a de facto fermé le détroit d'Ormuz. L'économie iranienne souffre déjà des conséquences de la guerre, de l'inflation persistante et d'une mauvaise gestion économique. Le commandement américain a confirmé que le porte-avions "George W. Bush" applique le blocus dans le détroit, accompagné de plus de vingt navires de guerre.
Un haut responsable du renseignement américain a confié au journal que "le blocus du président inflige des dégâts réels et croissants, coupant le commerce, détruisant les recettes et accélérant l'effondrement économique global". Il a ajouté : "La puissance de l'armée iranienne s'est gravement détériorée, sa marine a été détruite, ses commandants ont disparu. Il ne reste que l'appétit du régime à faire souffrir les civils et à affamer son peuple pour prolonger une guerre qu'il a déjà perdue."
Le président Trump a déclaré jeudi que "l'économie iranienne s'effondre", que sa monnaie "n'a aucune valeur" et qu'elle est "incapable de payer les salaires" de ses soldats.
Le Washington Post souligne que les évaluations secrètes du renseignement américain sur l'Iran sont souvent plus réalistes que les déclarations publiques de l'administration. Un responsable a toutefois exprimé son opinion personnelle : la capacité de l'Iran à supporter les difficultés économiques pourrait dépasser les estimations de la CIA. Selon lui, "la direction est devenue plus extrême et plus confiante dans sa capacité à surmonter la volonté politique américaine, et à poursuivre la répression interne pour étouffer toute résistance en Iran".
Fin avril, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a promu le système de sanctions imposé par Trump sous le slogan "colère économique". Il a indiqué que la principale station pétrolière iranienne atteindrait bientôt sa capacité maximale, ce qui endommagerait durablement les infrastructures pétrolières du pays.
Washington et Téhéran ont échangé des frappes à l'aube de vendredi, dans ce qui est décrit comme le "test le plus dangereux" de la trêve en vigueur depuis un mois. Les États-Unis ont affirmé ne pas vouloir d'escalade. Le président Trump, interrogé par une journaliste d'ABC, a minimisé l'incident, le qualifiant de "simples escarmouches légères" dans un message sur les réseaux sociaux.
Selon le commandement central américain, l'Iran a utilisé des missiles, des drones et de petits bateaux pour attaquer trois destroyers de la marine américaine. En représailles, les forces américaines ont visé des sites de lancement de missiles et de drones, des installations militaires et d'autres positions en Iran.
Trump, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et d'autres responsables présentent régulièrement la guerre contre l'Iran comme une victoire militaire américaine écrasante. Cela malgré le refus de Téhéran d'abandonner l'enrichissement nucléaire, de livrer son stock d'uranium, de rouvrir le détroit d'Ormuz et de prendre d'autres mesures exigées par Washington. Les États-Unis attendent désormais la réponse de l'Iran à une proposition américaine visant à mettre fin à la guerre, qui laisse pour l'instant de côté des questions controversées comme le programme nucléaire iranien.



