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Rejet de la réponse iranienne par Trump, menaces de Netanyahou et appels à une frappe militaire : la trêve avec Téhéran vacille.

En l'espace de vingt-quatre heures, la fragile trêve entre Washington et Téhéran a volé en éclats, laissant place à une escalade aux accents de guerre ouverte. Le rejet par Donald Trump de la contre-proposition iranienne, couplé à des déclarations belliqueuses de Benjamin Netanyahou, a brutalement ravivé les tensions dans la région.
Le président américain a confié au site « Axios » avoir discuté de la réponse iranienne avec le Premier ministre israélien lors d'un appel téléphonique qu'il a qualifié de « très agréable ». Il a tenu à préciser que le dossier des négociations avec l'Iran relevait de sa « prérogative personnelle » et n'appartenait à aucune autre partie.
De son côté, une source iranienne informée, citée par l'agence « Tasnim », a estimé que le mécontentement de Trump face à la proposition de Téhéran était « généralement le signe qu'elle est bonne ». La source a ajouté, sans ambages : « La réaction de Trump n'a pas d'importance. Personne en Iran ne s'échine à élaborer un plan pour satisfaire le président américain. »
Dans une interview accordée à l'émission « 60 Minutes » sur CBS, Benyamin Netanyahou a affirmé que la guerre avec l'Iran n'était pas terminée. Selon lui, toute solution doit impérativement inclure le démantèlement complet des installations nucléaires iraniennes. Il a également exigé l'évacuation des matières hautement enrichies du pays, même si cela nécessite une intervention directe.
Le sénateur républicain Lindsey Graham a emboîté le pas, appelant ouvertement Trump à envisager une option militaire contre l'Iran. Il a martelé qu'un accord qui ne conduirait pas à la destruction totale des capacités d'enrichissement iraniennes serait « dénué de sens » et ne ferait que reproduire les erreurs du passé.
L'écart entre les positions des deux camps reste abyssal. Les États-Unis et Israël exigent des concessions iraniennes profondes et durables sur le programme nucléaire, tandis que Téhéran refuse catégoriquement de céder sous la menace. Les observateurs notent que la région entre dans une phase critique : si l'Iran persiste dans son refus, un retour à une pression militaire intense est probable, porté par des voix influentes au sein de l'administration américaine et du Parti républicain.
Pourtant, un scénario de négociations prolongées n'est pas exclu. Chaque camp a de solides raisons d'éviter une guerre totale pour l'instant. Du côté américain, Trump privilégie sa méthode de « pression maximale, porte ouverte », qui avait partiellement fonctionné lors de son premier mandat. Une guerre coûteuse, qui ferait flamber les prix du pétrole, n'est pas dans son intérêt. Il pourrait donc maintenir la menace militaire comme levier tout en poursuivant des pourparlers indirects via des médiateurs (Oman, Qatar ou Pakistan). L'objectif américain reste un accord bien plus contraignant que le précédent, avec des limites strictes à l'enrichissement, une surveillance permanente et un démantèlement partiel ou total de certaines installations.
Côté iranien, Téhéran est étranglée par une crise économique aiguë due aux sanctions. Mais le régime ne peut pas se permettre de faire des concessions majeures, de peur d'être accusé de capitulation par sa propre population. Selon des analystes, l'Iran adopte donc une stratégie d'« atermoiement stratégique » : offrir des concessions formelles ou partielles, exiger la levée des sanctions en premier, et exploiter les divergences entre Washington et Tel-Aviv ou au sein même de l'administration américaine.
Alors que la balle est désormais dans le camp de Téhéran, les experts estiment que les prochaines heures seront décisives. Soit l'Iran fait des concessions substantielles, soit il se prépare à une nouvelle escalade, potentiellement plus violente que les précédentes. La trêve actuelle pourrait n'être qu'un prélude à une paix fragile, ou une simple accalmie avant l'explosion.



