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L'administration Trump élargit sa campagne de déchéance de nationalité contre des citoyens américains naturalisés, accusés de fraude, de crimes graves ou de liens avec le terrorisme.

Près d'une douzaine de citoyens américains nés à l'étranger font désormais l'objet de procédures de "déchéance de nationalité" devant des tribunaux fédéraux à travers le pays, a annoncé vendredi le département de la Justice. L'administration Trump élargit ainsi sa campagne visant à révoquer la citoyenneté d'Américains d'origine étrangère, qu'elle accuse d'avoir obtenu leur statut par des moyens frauduleux.
Selon des responsables, ces individus auraient commis des crimes graves, participé à des fraudes à l'immigration, ou seraient liés à des groupes terroristes. Cette annonce marque un tournant dans l'utilisation par le gouvernement fédéral de la procédure de "déchéance de nationalité", une action juridique complexe et rarement employée par les administrations précédentes, rapporte CBS News.
Pour mesurer l'ampleur du changement, les États-Unis n'avaient enregistré qu'un peu plus de 300 cas entre 1990 et 2017, soit une moyenne d'environ 11 par an. La procédure repose sur la capacité des avocats du département de la Justice à prouver devant un tribunal que le citoyen a obtenu sa nationalité de manière illégale, ou en dissimulant des informations essentielles dans sa demande d'immigration.
Une fois la citoyenneté révoquée, l'individu perd tous les avantages légaux attachés à la nationalité américaine et retrouve son statut antérieur de résident permanent. Il devient alors passible d'une expulsion immédiate en fonction de son casier judiciaire.
Dans un entretien accordé à CBS News, le procureur général par intérim Todd Blanche a déclaré qu'il existe "un nombre important d'individus qui détiennent la citoyenneté sans la mériter". Il a toutefois cherché à rassurer les 24 millions d'Américains naturalisés, affirmant qu'une "très faible proportion" d'entre eux devrait s'inquiéter. L'objectif, a-t-il insisté, est de "dissuader la fraude" et de protéger la valeur de la citoyenneté américaine, qualifiant la déchéance de nationalité de "conséquence inévitable pour ceux qui commettent une fraude".



