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Le ministre malien des Affaires étrangères exclut toute négociation avec les groupes qualifiés de terroristes, après des attaques meurtrières fin avril.

Vingt-trois morts, dont le ministre de la Défense, et des sites stratégiques visés à Bamako : la junte militaire au pouvoir au Mali durcit le ton. Le chef de la diplomatie malienne, Abdallah Diop, a déclaré jeudi que son gouvernement refuse de négocier avec les « groupes armés terroristes », a rapporté l’AFP. Cette prise de position intervient moins de deux semaines après une série d’attaques coordonnées d’une ampleur inédite.
Les assauts, menés les 25 et 26 avril par les Touaregs du Front de libération de l’Azawad et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont ciblé des positions de la junte. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a trouvé la mort dans l’explosion d’une voiture piégée devant son domicile. Le chef de la junte, Assimi Goïta, a repris le portefeuille de la Défense.
Les violences ont également frappé des installations clés du Conseil militaire à Bamako. Plusieurs villes et localités du nord du pays sont désormais sous le contrôle des jihadistes et de leurs alliés séparatistes.
Devant le corps diplomatique, Abdallah Diop a justifié la ligne dure de Bamako : « Le gouvernement du Mali n’a pas l’intention de dialoguer avec des groupes armés terroristes sans morale, qui portent la responsabilité des événements tragiques subis par la population depuis des années. » Il a accusé le Front de libération de l’Azawad d’avoir « choisi de soutenir un groupe extrémiste classé terroriste par les Nations unies », en référence au JNIM.
Parallèlement, les autorités ont procédé ces derniers jours à des vagues d’arrestations visant des opposants et des militaires. Il est difficile de vérifier le nombre et l’identité des personnes appréhendées ou « enlevées » dans ce pays sahélien, où l’armée détient le pouvoir depuis 2020.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une crise sécuritaire multidimensionnelle, alimentée par les violences de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, de factions séparatistes touarègues et de groupes criminels locaux.



