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Nucléaire et ports : Washington et Téhéran se rapprochent de pourparlers au Pakistan

Les États-Unis et l'Iran sont sur le point de reprendre des discussions indirectes à Islamabad la semaine prochaine, avec une nouvelle ouverture de Téhéran sur son programme nucléaire.

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Nucléaire et ports : Washington et Téhéran se rapprochent de pourparlers au Pakistan
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La capitale pakistanaise Islamabad s’apprête à accueillir, dès la semaine prochaine, une reprise des pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran, selon des informations du quotidien américain *The Wall Street Journal*. Téhéran aurait, pour la première fois, manifesté une disposition à aborder son programme nucléaire dans un cadre de négociation inédit, marquant un changement notable par rapport à son refus antérieur d’inclure certains aspects sensibles de ce programme dans des ententes directes avec Washington.

D’après le journal, les deux parties élaborent, par l’intermédiaire de médiateurs, un projet de mémorandum d’entente. Ce document esquisserait un cadre initial pour des discussions d’une durée d’un mois, renouvelable en cas de progrès concrets. La proposition prévoit un allègement par l’Iran de son contrôle sur le détroit d’Ormuz, en échange d’un assouplissement par les États-Unis du blocus imposé aux ports iraniens, et ce dans les 30 jours suivant le début des pourparlers.

Transfert d'uranium hors d'Iran

Les discussions portent également sur la possibilité de transférer une partie des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran hors de son territoire. Un responsable iranien a toutefois précisé au *Wall Street Journal* que Téhéran refuse toujours d’acheminer ces matières nucléaires vers les États-Unis.

Malgré ces avancées relatives, plusieurs dossiers fondamentaux demeurent en suspens. Parmi eux figurent la durée de la suspension des opérations d’enrichissement d’uranium en Iran, le mécanisme de gestion de l’uranium déjà enrichi, ainsi que l’avenir du rôle iranien dans la supervision de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Sanctions et ambiguïté iranienne

L’ampleur de l’allègement des sanctions américaines reste également un sujet de négociation, certains craignant que ce point ne devienne l’un des plus épineux des discussions à venir. Par ailleurs, la chaîne *ABC News* a rapporté, citant des responsables américains, que Washington n’a pas encore reçu de réponse définitive de l’Iran concernant l’ébauche d’accord proposée. Les contacts se poursuivent via de multiples médiateurs pour tenter de parvenir à une entente mettant fin au conflit et apaisant les tensions régionales.

Ces manœuvres diplomatiques interviennent alors que les États-Unis maintiennent un blocus naval et des pressions économiques sur l’Iran. Des estimations américaines suggèrent que ces pressions pourraient, à terme, pousser Téhéran à faire des concessions lors des négociations. Parallèlement, des rapports américains font état d’une hésitation au sein de l’administration Trump concernant une escalade militaire, notamment à l’approche de mouvements diplomatiques importants, dont une visite prévue en Chine.

Des responsables américains reconnaissent également une certaine opacité dans la structure décisionnelle iranienne, en raison de la multiplicité des centres d’influence et des divergences sur l’étendue des concessions possibles dans tout nouvel accord.

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