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Poursuite de l'"Akula".. Le Royaume-Uni mène une alliance navale pour isoler la Russie dans les eaux du Nord

Début avril 2026, la Royal Navy britannique s'est déplacée pour suivre un sous-marin nucléaire russe de classe "Akula" et deux autres sous-marins liés aux renseignements russes, soupçonnés d'être impliqués dans des opérations d'espionnage sur les câbles sous-marins au large des côtes européennes.

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Poursuite de l'"Akula".. Le Royaume-Uni mène une alliance navale pour isoler la Russie dans les eaux du Nord
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Début avril 2026, la Royal Navy britannique s'est déplacée pour suivre un sous-marin nucléaire russe de classe "Akula" et deux autres sous-marins liés aux renseignements russes, soupçonnés d'être impliqués dans des opérations d'espionnage sur les câbles sous-marins au large des côtes européennes.

Ce n'était pas un incident isolé, mais la partie visible d'un iceberg de tensions croissantes. Le 29 du même mois, l'amiral Sir Gwyn Jenkins, commandant de la Royal Navy, a annoncé devant le Royal United Services Institute (RUSI) le cadre de la nouvelle alliance : la "Famille des Flottes", une force navale multinationale de dix pays, dont la mission est de redessiner l'équation de la dissuasion maritime en Europe du Nord.

Une alliance née de la menace

Les dix pays membres de la "Joint Expeditionary Force" (JEF) ont déjà signé une déclaration d'intention pour créer cette "Force navale multinationale", et comprennent les pays scandinaves, baltes, les Pays-Bas et le Royaume-Uni comme principal moteur.

Selon le magazine "Politico", cette nouvelle structure vise à compléter ce que l'OTAN offre, et non à s'en passer, avec une capacité de réponse plus rapide en cas d'urgence maritime.

Jenkins a décrit la vision en disant : "Une force conçue pour combattre immédiatement si nécessaire, avec de réelles capacités, de réels plans de guerre et une réelle intégration", révélant que l'accord officiel définissant les cadres opérationnels sera signé avant la fin de l'année en cours, selon les médias britanniques.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes

Jenkins a présenté au public un chiffre qui résume l'inquiétude britannique : Les incursions russes dans les eaux britanniques ont augmenté de près d'un tiers au cours des deux dernières années (2024-2026).

Outre la poursuite de l'"Akula", la Russie a continué d'escorter des pétroliers sous sanctions à travers le détroit de Douvres, défiant l'avertissement public lancé par le Premier ministre Keir Starmer le 25 mars dernier.

Face à cette situation, Jenkins a décidé de condenser le concept de menace en une seule phrase devant le public : "La Russie reste la menace la plus grave pour notre sécurité, même au milieu de la crise au Moyen-Orient. C'est pourquoi la Royal Navy doit être prête chaque jour, chaque mois, chaque année."

Frégates communes et flotte hybride

Sur le plan opérationnel, l'alliance repose sur un axe essentiel : les frégates (Type 26) spécialisées dans la guerre anti-sous-marine. La Norvège a confirmé l'achat d'au moins cinq frégates de ce type, tandis que la Royal Navy s'apprête à recevoir huit unités supplémentaires au cours de la prochaine décennie, permettant la formation d'une flotte conjointe de 13 frégates à conception, armement et entraînement uniformisés.

Mais l'amiral Jenkins va au-delà des frégates vers un concept plus large : la "Marine hybride", qui intègre les navires traditionnels avec des systèmes sans pilote, qu'ils soient de surface ou sous-marins. L'amiral la décrit comme une "transformation inévitable" face à la Russie qui étend ses capacités navales et intensifie son activité.

Le contexte européen plus large

L'initiative britannique ne vit pas dans le vide, mais s'inscrit dans la vague européenne plus large de réarmement, perturbée par la guerre iranienne et les menaces du président américain Donald Trump de se retirer de l'OTAN.

L'Allemagne restructure également ses forces navales, selon le magazine français "L'Express", et les pays baltes augmentent leurs budgets de défense.

Le tableau général indique que l'Europe n'attend pas Washington pour combler le vide maritime dans le Nord, mais construit lentement mais sûrement ce qui pourrait être un "OTAN maritime européen", avant que son nom ne devienne officiellement tel.

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