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Une nappe d’hydrocarbures de 52 km² a été détectée près de l’île de Kharg, plaque tournante du pétrole iranien, sans cause identifiée pour l’instant.

Une vaste nappe, probablement constituée de pétrole brut, a été repérée au large de l’île iranienne de Kharg, selon des images satellites analysées par des experts. Sa superficie, estimée à 44 kilomètres carrés mercredi, aurait atteint 52 kilomètres carrés jeudi, d’après la société de surveillance Orbital EOS citée par le *New York Times*. L’origine de ce déversement reste inconnue.
L’île de Kharg, située dans le golfe Persique, constitue le principal terminal d’exportation de l’Iran. Le *Conflict and Environment Observatory* (CEOBS), une ONG basée au Royaume-Uni, a indiqué samedi que les infrastructures pétrolières iraniennes pourraient être en cause. « La cause et la source de cette nappe restent inconnues et ne peuvent être déterminées de manière définitive à partir des seules images disponibles », a précisé l’organisation.
Le chercheur du CEOBS, Leon Morland, a nuancé : « Les infrastructures offshore sont une source potentielle, mais nous ne pouvons pas identifier un point de départ précis ni attribuer la fuite à une cause spécifique pour l’instant. » Il a toutefois souligné que « la nappe semble visuellement cohérente avec du pétrole, d’après l’analyse des images du programme européen Copernicus ».
Des médias, dont Fox News, ont évoqué l’hypothèse que les installations de stockage de pétrole iraniennes subissent de fortes tensions en raison du blocus américain imposé sur les ports du pays, qui entrave sa capacité à exporter du pétrole brut. Aucun lien direct n’a toutefois été établi avec la nappe observée.
Morland a également noté qu’« aucun signe clair de fuites actives supplémentaires n’a été détecté autour de l’île, bien que la nappe précédente soit toujours visible et dérive vers le sud ». Le CEOBS a ajouté que les images de Copernicus montrent « une réduction significative » de la surface de la nappe présumée par rapport aux clichés de mercredi.
Le terminal pétrolier de Kharg assure près de 90 % des exportations de pétrole brut iranien, selon des données antérieures. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour des routes maritimes stratégiques du Golfe persistent, mais leur lien éventuel avec cet incident n’est pas établi.



