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Le retour des déplacés du Haut-Karabakh s'accélère avec la réouverture de la route de Latchine, sous supervision russe.

Plus de 2 000 personnes ont déjà regagné leurs foyers dans le Haut-Karabakh depuis la réouverture du corridor de Latchine, a annoncé ce mercredi le ministère russe de la Défense. Ce couloir, unique voie terrestre reliant la région à l'Arménie, était fermé depuis plusieurs mois, piégeant des milliers de civils dans des conditions humanitaires précaires.
La réouverture, intervenue le 12 juin, a été négociée sous l'égide de Moscou, qui déploie des forces de maintien de la paix dans la zone. Les convois de bus escortés par des véhicules blindés russes acheminent désormais les habitants vers leurs villages, souvent dévastés par les combats.
Chaque convoi est minutieusement inspecté par les soldats russes, qui vérifient les identités et les documents de voyage. Les autorités de facto du Haut-Karabakh, non reconnues internationalement, ont établi des listes de bénéficiaires prioritaires : familles avec enfants en bas âge, personnes âgées et malades.
« Nous avons attendu ce moment pendant des mois. Notre maison est en ruines, mais nous sommes chez nous », a confié une femme âgée, assise dans un bus à destination de Stepanakert, la capitale régionale. Les images diffusées par les médias russes montrent des scènes de joie mêlée de larmes, mais aussi des habitations éventrées et des rues désertes.
Malgré ce retour, l'avenir du Haut-Karabakh reste profondément incertain. L'Azerbaïdjan, qui a repris le contrôle de vastes territoires lors de la guerre de 2020, n'a pas caché son intention de réintégrer la région sous sa souveraineté. Bakou a dénoncé la réouverture du corridor comme une « violation de son intégrité territoriale » et a menacé de recourir à la force si les convois ne sont pas stoppés.
Les observateurs internationaux, eux, s'inquiètent d'une nouvelle escalade. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé les deux parties à la « retenue maximale » et à privilégier le dialogue. Mais sur le terrain, les positions restent figées : les soldats russes patrouillent, les civils reviennent, et la poudre parle encore parfois, dans un silence assourdissant.