Sport
Alors que son retour se précise, José Mourinho impose des conditions strictes à Florentino Pérez, mais devra désamorcer quatre crises majeures dans le vestiaire madrilène.

La perspective d'un retour de José Mourinho au Real Madrid prend une ampleur considérable. Le président Florentino Pérez, désireux de voir "The Special One" reprendre les rênes du Santiago Bernabéu, pousse en ce sens. Alors que l'incertitude plane sur l'identité du futur entraîneur pour la saison prochaine, et que le départ d'Álvaro Arbeloa semble acté, le technicien portugais se rapproche du poste.
Le manager expérimenté conserve une estime profonde de la part de Florentino Pérez, qui le verrait comme l'homme capable de restaurer la confiance et de reprendre le contrôle d'un vestiaire qui a montré des signes de dérive cette saison. Pour préparer son éventuel retour, Mourinho a déjà entamé des démarches informelles. Il a pris contact avec des proches du club, y compris certains joueurs, afin de sonder l'atmosphère régnant à Valdebebas.
Cependant, Mourinho n'envisage pas un retour à n'importe quel prix. Il a posé plusieurs conditions, qu'il considère comme non négociables. La première concerne la durée de son contrat : il exige un engagement ferme de deux ans, un laps de temps qu'il juge nécessaire pour reconstruire l'équipe et instaurer sa méthode, plutôt que de subir une pression immédiate et à court terme.
La deuxième condition touche à ses obligations médiatiques. Pour les questions institutionnelles, les différends ou les politiques du club, Mourinho souhaite que le Real Madrid désigne un autre porte-parole officiel. La troisième, et sans doute la plus sensible, est son exigence de contrôle total sur son staff technique. Il ne veut pas de la présence du préparateur physique Antonio Pintos.
Pour l'heure, Florentino Pérez n'a pas donné de réponse. Il a informé les agents de Mourinho que les discussions se poursuivraient, sans accepter immédiatement les conditions posées. Si Pérez les accepte, le technicien portugais devra néanmoins faire face à quatre "mines" avant même de débuter sa mission.
Mourinho devra prêter une oreille attentive aux propos de l'ancien entraîneur du Real, Xabi Alonso, qui avait confié se sentir dans une "maternelle" lorsqu'il dirigeait les joueurs. Au-delà des aspects techniques, le Portugais devra imposer des règles disciplinaires indiscutables, après les crises qui ont émaillé la saison.
Plusieurs joueurs sont mécontents de leur situation. Vinícius Júnior a déjà eu des altercations avec Xabi Alonso lors de ses remplacements ou lorsqu'il était sur le banc. Dani Ceballos, lui, est entré en conflit avec l'actuel entraîneur Álvaro Arbeloa, après être resté cloué sur le banc, ce qui l'a poussé à s'emporter violemment. Le capitaine Dani Carvajal a également exprimé sa colère de ne pas être titularisé, une situation qui impacte ses chances de participer à la Coupe du monde.
Enfin, l'incident le plus grave est la bagarre entre Tchouaméni et Valverde, qui a valu au joueur uruguayen un passage à l'hôpital après un coup à la tête. Tous ces problèmes attendent Mourinho, qui devra élaborer un plan d'urgence pour les résoudre et reprendre la main sur le vestiaire avant d'envisager tout projet technique.
Mourinho héritera d'une équipe physiquement épuisée, qui frôle une deuxième saison blanche consécutive, une situation inédite pour le club merengue. Les récentes rencontres ont mis en lumière des difficultés physiques évidentes.
Le FC Barcelone, sous la direction de l'Allemand Hansi Flick, affiche une performance impressionnante avec un groupe de jeunes joueurs et se rapproche du titre en Liga. Flick travaille déjà à abaisser la moyenne d'âge de son effectif pour dominer les compétitions à venir, visant la Ligue des champions. Mourinho se retrouvera face à une équipe "stable et en pleine progression", qu'il devra concurrencer et surpasser, un test ardu pour le technicien portugais.
Mourinho devra lui-même établir la liste des joueurs à vendre et celle des recrues souhaitées pour la saison prochaine. Il se heurtera directement à Florentino Pérez, qui intervient personnellement dans les transferts des "stars", une ingérence que "The Special One" n'apprécie guère.