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Un premier cas de contamination par le virus Hanta depuis plusieurs années a été confirmé en Israël, alors qu’une épidémie frappe un navire de croisière dans l’Atlantique.

Un citoyen israélien a été infecté par le virus Hanta, une première depuis plusieurs années. Le quotidien hébreu « Ma’ariv » a révélé l’information, alors qu’une épidémie exceptionnelle de ce même virus sévit à bord du navire de croisière « MV Hondius » dans l’océan Atlantique.
Selon le journal, le patient présentait des symptômes évocateurs d’une infection au Hanta après un séjour en Europe de l’Est il y a plusieurs mois. De retour en Israël, il s’est rendu dans un centre médical où un test sérologique a révélé une exposition au virus. Un test PCR, visant à identifier le matériel génétique viral, a ensuite confirmé l’infection. D’après les informations obtenues par « Ma’ariv », l’état du malade est stable et il est simplement placé sous surveillance médicale.
L’infection israélienne n’a aucun lien avec l’épidémie du navire. Le cas local est dû à une souche européenne du virus, différente de celle identifiée à bord du « MV Hondius » dans l’Atlantique Sud. Sur ce navire, la souche « Andes », originaire d’Amérique du Sud, a été détectée. Cette souche est exceptionnelle car elle présente un risque rare de transmission interhumaine par contact direct et prolongé. Pour la plupart des autres souches de Hanta, la contamination se fait uniquement des rongeurs vers les humains, et non entre humains.
Le navire avait quitté Ushuaïa, dans le sud de l’Argentine, le 1er avril 2026, pour une route traversant l’Antarctique et des îles isolées de l’Atlantique Sud. Des cas de maladie respiratoire aiguë ont ensuite été signalés à bord. À ce jour, trois décès et huit cas confirmés ou suspects liés à cette croisière ont été recensés. Plusieurs pays tentent de localiser les passagers ayant quitté le navire avant que la situation ne soit pleinement connue, afin de vérifier qu’ils ne développent pas de symptômes. Le navire doit accoster à Tenerife, aux îles Canaries, après que l’Espagne a autorisé son escale pour des raisons médicales et humanitaires.
Le virus Hanta désigne une famille de virus principalement portés par les rongeurs dans la nature. Ces animaux peuvent être porteurs sans paraître malades, mais ils excrètent le virus dans leurs urines, leurs excréments et leur salive. Lorsque ces excrétions sèchent et se désagrègent, de très fines particules peuvent s’élever dans l’air et être inhalées par les humains. C’est le principal mode de contamination dans la plupart des cas dans le monde. Selon la souche et la région géographique, le virus peut provoquer une maladie pulmonaire ou rénale aiguë.
La contamination courante survient lorsqu’une personne inhale de la poussière contaminée par des excrétions séchées de rongeurs infectés. Cela peut se produire lors du nettoyage d’un entrepôt, d’une cabane, d’un grenier, d’une salle d’équipement, d’une cave, d’une maison de vacances, d’une cuisine ou de tout espace fermé où des souris ou des rats ont séjourné. L’infection peut aussi survenir après avoir touché une surface contaminée puis porté les mains à la bouche, au nez ou aux yeux. Une morsure ou une griffure de rongeur est un mode de contamination possible, mais plus rare. La transmission interhumaine n’est pas typique pour la plupart des souches, mais elle a été décrite pour la souche Andes en cas de contact direct et prolongé.
Au début de la maladie, les symptômes peuvent ressembler à ceux de la grippe ou d’une infection virale courante : fièvre, frissons, douleurs musculaires, maux de tête, faiblesse intense, vertiges, nausées, vomissements, diarrhée ou douleurs abdominales. Par la suite, peuvent apparaître un essoufflement, une toux, une oppression thoracique, une baisse de la tension artérielle et une détérioration rapide de l’état général. Pour les souches européennes et asiatiques, une atteinte rénale peut se manifester, parfois avec une diminution du débit urinaire, des douleurs dorsales, des saignements ou des troubles de la fonction rénale. Pour les souches américaines, en particulier celles responsables du syndrome pulmonaire, une détresse respiratoire aiguë peut se développer.
Il n’existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique et validé pour la plupart des cas de Hanta. La prise en charge repose donc sur la surveillance et les soins de soutien : apport de liquides avec prudence, médicaments contre la fièvre et la douleur, oxygène si nécessaire, surveillance de la tension artérielle et de la fonction rénale. Dans les cas graves, une admission en soins intensifs, une ventilation artificielle et un soutien des fonctions vitales sont requis. Plus la maladie est identifiée tôt, plus les chances de prodiguer un traitement de soutien à temps et d’éviter une aggravation sont élevées.
La prévention reste l’outil le plus important : boucher les ouvertures, éloigner les rongeurs, conserver les aliments dans des récipients fermés, porter des gants lors du nettoyage des zones suspectes, humidifier les déjections avec un désinfectant avant de les retirer et éviter le balayage à sec.
Ces informations sont fournies par Itaï Gal, spécialiste en pédiatrie, médecin du sport et de l’aviation, chercheur en maladies infectieuses, correspondant santé et analyste médical pour le journal « Ma’ariv », et conférencier dans les domaines de la médecine et de l’innovation.