Économie
L'économie iranienne est en pleine déroute, avec une inflation à 72% et des millions de personnes menacées par le chômage et la pauvreté.

Une inflation annuelle de 72% en mars, des prix des biens de première flèche qui s'envolent, et une monnaie nationale qui s'effondre : l'économie iranienne traverse l'une de ses crises les plus graves depuis des décennies. Les données officielles et les rapports internationaux confirment une dégradation accélérée des indicateurs économiques, avec une perte massive de pouvoir d'achat pour les citoyens, selon "politicstoday".
Le conflit militaire impliquant l'Iran, les États-Unis et Israël, qui a débuté fin avril 2026, a plongé une économie déjà fragile dans une phase de détérioration encore plus profonde. Des millions d'Iraniens perdent leur emploi ou voient leurs revenus chuter brutalement.
Les frappes aériennes, les dommages aux infrastructures, les coupures d'Internet et la paralysie du commerce ont provoqué un arrêt quasi total de l'activité économique dans le pays. Les secteurs clés comme l'industrie, l'aviation, les services numériques et l'éducation sont particulièrement touchés.
Asal, une designer indépendante à Téhéran, raconte que son travail avec des clients internationaux s'est complètement arrêté après les longues coupures d'Internet. "Tout s'est arrêté du jour au lendemain", explique-t-elle, ajoutant que ses revenus ne couvrent plus ses besoins de base.
Le Programme des Nations Unies pour le développement estime qu'environ 4,1 millions d'Iraniens supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté à cause des conséquences de la guerre. Plus de 23 000 installations industrielles et commerciales ont été endommagées par les bombardements.
Les autorités iraniennes annoncent que près d'un million d'emplois ont été directement perdus à cause des destructions. Les prévisions indiquent que les perturbations économiques pourraient entraîner la perte d'un million d'emplois supplémentaires dans divers secteurs.
Les frappes contre des installations pétrochimiques et industrielles ont contraint des milliers de travailleurs à des congés non payés. La pénurie de matières premières, notamment d'acier, a provoqué l'arrêt ou la réduction de la production dans de nombreuses usines.
Des rapports font état de licenciements de centaines et de milliers de travailleurs dans de grandes entreprises industrielles, notamment dans les secteurs des remorques et du textile, en raison du manque d'approvisionnement et de la baisse de la production.
Des analystes économiques préviennent qu'entre 30% et 50% des emplois en Iran pourraient être menacés par les perturbations du commerce et du transport maritime, dans un contexte d'effondrement de la demande intérieure et de baisse du pouvoir d'achat.
Les demandes d'assurance chômage ont grimpé à environ 147 000 en seulement deux mois, soit près de trois fois le nombre enregistré sur la même période l'année dernière, reflétant l'accélération de la crise sur le marché du travail iranien.
La crise frappe particulièrement le secteur de l'économie numérique. Les restrictions massives d'Internet ont paralysé ou réduit l'activité de grandes entreprises de commerce électronique et de services numériques, entraînant des licenciements collectifs et affectant des milliers de travailleurs.
Les coupures d'Internet perturbent également les secteurs dépendant du travail à distance, notamment pour les femmes. Les données montrent que les femmes représentent environ un tiers des demandes de chômage depuis le début de la guerre.
Une enseignante travaillant en ligne témoigne que la faible connectivité et la panne des plateformes rendent la poursuite du travail presque impossible. Certains employés sont contraints de chercher des emplois de substitution pour survivre.
L'effondrement économique coïncide avec une vague d'inflation sans précédent. La hausse des prix rend les biens de première nécessité, y compris la nourriture, le carburant et les besoins domestiques, inaccessibles pour de larges pans de la société iranienne.
Face à cette situation, le gouvernement iranien subit des pressions croissantes pour mettre en place des plans de soutien économique d'urgence, comprenant des exonérations fiscales, des prêts à faible taux d'intérêt et des programmes d'aide aux petites entreprises. Des avertissements sont lancés : l'absence d'intervention pourrait aggraver les taux de chômage et de pauvreté.
Les autorités iraniennes rejettent la faute sur les sanctions américaines et la guerre pour expliquer l'aggravation de la crise. Parallèlement, les critiques internes se multiplient concernant la gestion de l'économie et l'incapacité à contenir l'effondrement.
Des médias conservateurs mettent en garde contre une "situation dangereuse et complexe" qui nécessite des politiques économiques d'urgence. Les craintes d'un retour des troubles sociaux grandissent, alimentées par la hausse des prix et la dégradation des niveaux de vie.
Alors que le gouvernement tente de maintenir la stabilité politique, le paysage économique reste ouvert à une nouvelle détérioration, dans un climat d'inquiétude populaire croissante quant à l'avenir.


