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L'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton estime que Trump doit choisir entre une victoire militaire totale ou une humiliation historique face à Téhéran.

Deux voies s'offrent au président Donald Trump face à l'Iran, et aucune ne tolère l'entre-deux, selon l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Dans une tribune publiée par le *Washington Post*, il affirme que la reprise de la dissuasion passe par une action militaire décisive, et qu'une issue diplomatique progressive créerait un précédent dangereux : Téhéran pourrait alors ouvrir et fermer le détroit d'Ormuz à sa guise. Bolton prévient que Trump risque d'être marqué par l'histoire comme une version américaine d'Anthony Eden, l'ancien Premier ministre britannique dont la gestion de la crise de Suez en 1956 est restée comme un échec retentissant.
Selon Bolton, Trump est tombé dans un « piège militaire » qu'il s'est lui-même tendu. Le président semble avide de conclure un accord qui lui permettrait de clamer victoire, tout en redoutant de signer un pacte nucléaire comparable à celui de Barack Obama, qui l'exposerait aux critiques. Cette contradiction s'est manifestée lorsque Trump a qualifié la réponse de Téhéran au cadre de cessation des hostilités de « totalement inacceptable ».
L'ancien haut responsable pointe l'origine du blocage actuel dans des décisions prises sans préparation adéquate. « Trump a lancé des frappes américano-israéliennes sans expliquer aux Américains les justifications du recours à la force militaire pour changer de régime, éliminer la menace nucléaire et terroriste, ou démanteler les capacités militaires de Téhéran », écrit-il. Il déplore également l'absence de consultation du Congrès, des alliés de l'OTAN, des pays du Golfe, ainsi que des partenaires du Pacifique et de l'océan Indien qui dépendent entièrement du pétrole du Moyen-Orient, une approche radicalement différente de celle adoptée par George H.W. Bush avant l'opération Tempête du désert en 1991.
Bolton souligne que l'administration Trump n'a pas non plus coordonné avec les forces d'opposition internes en Iran, malgré les crises économiques et les vastes protestations qui ont suivi la mort de Mahsa Amini. Il rappelle qu'une large frange de la jeunesse iranienne rejette l'idéologie radicale du régime.
Si la campagne militaire a connu des succès partiels, notamment l'opération « Projet Liberté » visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, le problème fondamental demeure : la mission n'a pas été menée à son terme. Trump s'est arrêté à mi-chemin, attendant une issue diplomatique des Gardiens de la révolution, une perspective que Téhéran rejette. La République islamique cherche au contraire à gagner du temps pour reconstruire ses capacités militaires, nucléaires, ses réseaux terroristes et ses mandataires.
Bolton énumère deux choix compatibles avec la sécurité nationale américaine :
Pour l'ancien conseiller, l'hégémonie iranienne dans la région est inacceptable tant pour les pays du Golfe que pour Washington. Toute issue diplomatique progressive encouragerait Téhéran à utiliser le détroit comme un levier de pression, en augmentant ou en réduisant la tension selon ses intérêts. Il insiste sur le fait que restaurer la dissuasion exige des efforts actifs pour détruire les capacités offensives du régime, notamment les vedettes rapides, les missiles antinavires et les drones qui menacent le commerce maritime.



