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Israël intensifie ses frappes à Gaza, tuant des cadres du Hamas, tandis que les négociations sur le cessez-le-feu sont dans l'impasse.

Les dernières 48 heures ont été marquées par une escalade militaire israélienne sans précédent depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Cinq Palestiniens ont été tués mercredi soir, dont un haut responsable sécuritaire du Hamas et Azzam al-Hayya, le fils de Khalil al-Hayya, chef du mouvement dans la bande de Gaza. Ce dernier a été grièvement blessé lors d'un bombardement aérien sur le quartier d'al-Daraj, à Gaza-ville.
Les frappes se sont multipliées alors que les pourparlers indirects sont au point mort. La chaîne publique israélienne (KAN) évoque une « crise grave » entre le Hamas et les médiateurs, notamment sur la question du désarmement du groupe. Les discussions entre le coordinateur de l'ONU, Nickolay Mladenov, et la délégation du Hamas, menée par Khalil al-Hayya, auraient abouti à une impasse.
Selon la même source, le Hamas conditionne le passage à la deuxième phase de l'accord à la mise en œuvre intégrale de la première phase, tandis qu'Israël refuse de se retirer de la « ligne jaune », la zone tampon qu'il contrôle dans l'est et le nord de l'enclave. L'armée israélienne a d'ailleurs accru sa présence sur le terrain, faisant passer sa zone de contrôle de 53 % à 59 % des territoires qui échappaient auparavant à son emprise.
Dans une déclaration mercredi soir, Khalil al-Hayya a réaffirmé la « disposition de la motion à entamer les discussions sur la deuxième phase, à condition qu'Israël respecte les clauses de la première phase ». Il a appelé les garants et médiateurs, « en premier lieu les Américains qui ont garanti cet accord », à contraindre Israël à s'exécuter, soulignant que « des documents clairs et un accord signé existent ».
Face à ce qu'Israël interprète comme une réponse négative du Hamas, les ministres du gouvernement israélien ont, selon KAN, discuté ces derniers jours des préparatifs en vue d'une éventuelle reprise des hostilités à grande échelle. Parallèlement, l'armée israélienne a intensifié les démolitions de maisons et d'immeubles, ainsi que les tirs d'artillerie lourde sur les zones orientales et septentrionales de la bande de Gaza, le long de la « ligne jaune ».
Des organisations internationales actives dans la bande de Gaza ont envoyé des avertissements à leurs employés, les informant de la possibilité d'une escalade militaire majeure et leur demandant de faire preuve de la plus grande prudence. L'une de ces notes précise : « Face à la possibilité d'une intensification des bombardements et des frappes aériennes ciblées sur le secteur, il est conseillé à tout le personnel de réduire ses déplacements et de rester dans des lieux sûrs jusqu'à nouvel ordre. »
Le quotidien israélien Yediot Aharonot avait déjà rapporté que l'armée avait déployé environ six brigades supplémentaires pour accroître la pression militaire sur le Hamas dans la bande de Gaza.