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Iran : le transfert d'uranium vers la Russie sera discuté « ultérieurement »
L'Iran affirme que le transfert de ses stocks d'uranium vers la Russie n'est pas à l'ordre du jour, la priorité étant de mettre fin à la guerre.

La priorité immédiate de Téhéran est de mettre fin au conflit, et non de discuter du transfert de ses stocks d'uranium vers la Russie, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Il répondait aux déclarations du président russe Vladimir Poutine, qui avait évoqué la disposition de Moscou à faciliter un tel transfert.
« Toute discussion concernant le dossier nucléaire ou les matières nucléaires iraniennes se fera en temps voulu, lorsque les conditions appropriées seront réunies », a affirmé Baghaï aux journalistes. Il a précisé que le pays aborde les dossiers sensibles dans leurs contextes spécifiques.
Esmaïl Baghaï a détaillé les priorités actuelles : « mettre fin immédiatement à la guerre sous tous ses aspects, y compris ce qui concerne le Liban, et garantir la sécurité de la navigation dans le golfe Persique et le détroit d'Ormuz ». Il a également insisté sur la nécessité de mettre un terme à ce qu'il a qualifié d'« activités illégales et d'actes de piraterie maritime américains contre des navires commerciaux » comme condition préalable à la résolution de la situation actuelle.
Le porte-parole a exhorté à se concentrer sur ces priorités plutôt que de soulever des dossiers qui, selon lui, ont déjà provoqué des guerres par le passé. Il a réaffirmé que l'Iran participe aux voies diplomatiques « de bonne foi », mais qu'il se réserve le droit d'utiliser la force ou la diplomatie en fonction de ses intérêts nationaux. « La satisfaction des autres parties n'est pas un critère pour Téhéran », a-t-il martelé.
Baghaï a également critiqué les menaces américaines d'utilisation de l'arme nucléaire, les jugeant « contraires au droit international ». Il a assuré que « l'Iran est capable de se défendre en toutes circonstances et ne sera pas affecté par ces menaces ».
Le porte-parole a vivement critiqué les déclarations du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, concernant le programme nucléaire iranien, estimant qu'elles « s'éloignent des missions techniques de l'agence ». Il a qualifié ces positions de « non professionnelles » et nuisibles à la crédibilité de l'institution, s'interrogeant : « Les installations nucléaires iraniennes devaient-elles être détruites par des moyens autres que la guerre, pour que l'on puisse dire qu'elles n'ont pas été détruites même en temps de guerre ? »
Selon Baghaï, toute politisation du travail de l'AIEA nuirait à son rôle et à sa crédibilité. Il a souligné que « la restauration de la crédibilité de l'agence passe par la condamnation des actions illégales menées par les États-Unis et Israël contre les installations nucléaires iraniennes ». Il a ajouté que les attaques contre ces installations ont perturbé les opérations d'inspection et de contrôle, appelant le directeur général à « prendre en compte ces faits au lieu d'émettre des positions déséquilibrées ».
Enfin, Baghaï a rappelé que l'expérience a montré, selon lui, que « les États-Unis n'ont respecté aucune de leurs promesses au cours des dernières décennies », citant leur retrait de l'accord nucléaire en 2018 et ce qu'il a décrit comme « leur ciblage du processus de négociation ».





