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Nouvelles règles iraniennes : un péage pour traverser le détroit
Téhéran impose un formulaire de 40 questions aux navires transitant par Ormuz, sous peine de sanctions et de risques de poursuites américaines.

Un formulaire inédit, intitulé « Déclaration d’informations du navire », vient d’être mis en ligne par une autorité iranienne nouvellement créée : la « Direction du détroit du Golfe ». Selon la chaîne américaine CNN, ce document, désormais accessible aux chargeurs, contient plus de quarante questions auxquelles tout bâtiment souhaitant franchir le détroit d’Ormuz doit répondre pour obtenir un passage sécurisé.
Les navires sont tenus de divulguer leur nom, leur numéro d’identification, tout nom antérieur, leur pays d’origine et leur destination. Le formulaire exige également des renseignements sur les nationalités des propriétaires et des opérateurs enregistrés, ainsi que sur celles de l’équipage à bord, sans oublier les détails de la cargaison. Ces données doivent être envoyées par courrier électronique à l’autorité iranienne avant toute autorisation de transit.
L’instance prévient que « la fourniture d’informations complètes et précises est essentielle » au traitement de la demande, et que « toute instruction supplémentaire sera communiquée par e-mail ». Elle ajoute que « le demandeur assume seul la responsabilité de toute information incorrecte ou incomplète et en supportera les conséquences ».
Un risque de sanctions américaines
À ce jour, on ignore si une quelconque compagnie maritime a déjà sollicité l’autorisation de cette nouvelle entité. Des analystes estiment qu’une telle démarche pourrait exposer l’entreprise à des sanctions américaines.
Richard Mead, de la société d’analyse de données maritimes Lloyd’s Intelligence, juge que ces nouvelles exigences « ressemblent beaucoup aux questions que nous savions déjà posées aux armateurs » par les autorités iraniennes. Selon lui, cela « officialise la structure et semble être une tentative de l’Iran de normaliser son contrôle sur les voies navigables ».
Le document ne précise pas si le transit sera soumis à des frais. Téhéran a pourtant présenté le détroit comme une source potentielle de revenus pour la reconstruction du pays après les destructions causées par les frappes américaines et israéliennes. Des rapports indiquent que l’Iran réclamerait jusqu’à deux millions de dollars par navire pour le passage.
Dimitris Maniatis, PDG de la société de conseil en risques maritimes Marisecs, confirme : « Les Iraniens ont exigé des paiements, ce qu’ils appellent des droits de transit, pour permettre à ces navires de naviguer. »
L’interdiction américaine
La semaine dernière, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a ajouté des directives à sa page de questions fréquentes, précisant que ces paiements ne sont pas autorisés pour les personnes ou entités américaines. La directive stipule : « Aucun paiement ne sera autorisé au gouvernement iranien ou au Corps des Gardiens de la révolution islamique, directement ou indirectement, pour un passage sûr à travers le détroit d’Ormuz, que ce soit pour des personnes américaines, y compris des institutions financières américaines, ou pour des entités étrangères détenues ou contrôlées par les États-Unis. »
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