Monde
Pas d’accord avec l’Europe pour le retour des Syriens, affirme Damas
Le ministre syrien des Affaires étrangères dément tout accord avec l’Allemagne ou d’autres pays européens pour un rapatriement immédiat des réfugiés.

La Syrie n’a conclu aucun accord avec des pays européens, notamment l’Allemagne, pour organiser le retour immédiat de centaines de milliers de Syriens. C’est ce qu’a fermement déclaré mardi le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, dans un entretien au site « Euronews », contredisant l’idée répandue selon laquelle la chute du régime d’Assad et l’arrivée d’un nouveau gouvernement à Damas, désireux de renouer avec l’Occident, accéléreraient ce rapatriement.
Selon le chef de la diplomatie syrienne, les discussions avec les Européens se sont limitées à la mise en place d’un mécanisme de retour qui n’entrave pas le processus de reconstruction. Ce mécanisme est lié à la disponibilité de conditions économiques, sociales et de vie appropriées. Al-Chaibani a été clair : Damas n’encourage pas un retour non organisé et rapide des réfugiés, car cela pourrait, selon lui, transformer les Syriens de réfugiés à l’étranger en déplacés à l’intérieur du pays.
Un rejet des pressions européennes
Le ministre a souligné le rôle de la communauté internationale, et en particulier de l’Union européenne, dans la reconstruction. Il a insisté sur la nécessité d’un engagement direct de l’UE pour soutenir le gouvernement syrien et garantir un « environnement sûr » pour ce processus. Il a rejeté l’idée que la Syrie soit encore un pays dangereux, arguant que les pays européens refusent désormais d’accorder l’asile à ceux qui quittent la Syrie, estimant la situation stable et sûre. Cependant, il a averti qu’imposer un « retour non volontaire et non digne » aux Syriens pourrait conduire au « chaos en Syrie », et que la situation exige de préparer un environnement adéquat avant tout retour à grande échelle.
Le politologue Ibrahim al-Ali estime que les propos d’al-Chaibani constituent une réponse implicite aux déclarations du chancelier allemand Friedrich Merz. Ce dernier avait affirmé, lors d’une conférence de presse avec le président syrien Ahmad al-Charaa fin mars, être parvenu à un accord avec la Syrie pour le retour de 80 % des réfugiés présents en Allemagne.
Dans une déclaration à RT, al-Ali a souligné que le ministre, par ses propos, a réussi à modérer la volonté européenne pressante de voir les Syriens déplacés rentrer coûte que coûte. Il a montré que ce retour nécessite du temps et un soutien de la communauté internationale, en premier lieu de l’Europe, qui doit s’engager dans les efforts de reconstruction en Syrie pour renforcer sa propre légitimité à promouvoir le retour des Syriens présents sur son sol.
Le politologue a salué la position du gouvernement syrien, qui lie le retour des déplacés à des plans économiques, des investissements, la reconstruction des infrastructures et leur remise en état. Selon lui, cette politique place les Européens face à leur responsabilité d’initiative concrète envers la Syrie, tout en obligeant les Syriens à prendre des mesures de confiance avec l’Europe, sur la base de la formule proposée par les Européens : « un pas pour un pas ».
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