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Le Kremlin a renforcé la protection de Vladimir Poutine, craignant une tentative d’assassinat ou des troubles internes, alors que la Russie est sous pression en Iran et en Ukraine.

Les services de sécurité russes ont considérablement élargi les mesures de protection autour du président Vladimir Poutine, selon un rapport de renseignement européen. La surveillance au sein de son cercle rapproché a été renforcée après une série d’attaques et d’assassinats visant des personnalités militaires russes il y a plusieurs mois. Les craintes ne concernent pas seulement les menaces extérieures, mais aussi d’éventuelles fuites d’informations sensibles ou des mouvements internes au sein des institutions étatiques et des appareils de sécurité.
Parallèlement, des changements notables dans les déplacements de Poutine ont été observés. Ses apparitions dans des sites militaires et des installations sensibles ont diminué par rapport aux années précédentes, au profit de réunions à huis clos et d’enregistrements vidéo préenregistrés. Les pouvoirs du « Service fédéral de protection » russe ont été étendus, et des restrictions supplémentaires ont été imposées au personnel travaillant dans l’enceinte présidentielle, notamment un contrôle accru des communications et des déplacements.
Ces préoccupations sécuritaires interviennent alors que la Russie fait face à des pressions croissantes liées aux développements régionaux, notamment la guerre américaine contre l’Iran et la poursuite du conflit en Ukraine. Au cours des derniers mois, Moscou a fourni un soutien technique et de renseignement à Téhéran sans s’engager dans une confrontation militaire directe, et s’est positionnée comme un acteur clé dans d’éventuels arrangements concernant le programme nucléaire iranien, y compris des propositions de transfert ou d’accueil d’uranium enrichi iranien dans le cadre d’accords internationaux.
Dr. Mohannad Radwan, expert en relations internationales, a déclaré à « Erem News » que la stabilité du système russe est la pierre angulaire de l’équilibre géopolitique actuel, en particulier face à l’alliance croissante entre Moscou et Téhéran. Selon lui, toute disparition soudaine de Vladimir Poutine, que ce soit par décès ou par un coup d’État interne, créerait un vide stratégique dont les conséquences se répercuteraient directement sur le dossier iranien.
« Tout trouble au sommet du pouvoir russe pourrait figer les relations entre Moscou et Téhéran. Un nouveau régime ou un conseil de transition en Russie serait absorbé par les affaires intérieures et la consolidation de son pouvoir, ce qui entraînerait un désintérêt pour les dossiers étrangers, notamment le soutien à l’Iran », a-t-il expliqué.
Radwan a ajouté que le soutien militaire russe à l’Iran serait gravement affecté, en particulier en ce qui concerne les contrats d’avions de combat avancés et de systèmes de défense aérienne comme le S-400. Toute instabilité à Moscou pourrait bloquer ces accords et affaiblir la position défensive iranienne. Il a également souligné que l’Iran pourrait perdre la couverture internationale que lui offre la Russie au Conseil de sécurité, et que l’absence d’un régime russe fort pourrait priver Téhéran du soutien russe face aux pressions et sanctions occidentales, la poussant soit vers un plus grand isolement, soit vers des compromis politiques majeurs.
De son côté, Rami Al-Qulaybi, professeur à la « Faculté d’études orientales » de l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, a estimé que les craintes sécuritaires autour du président russe reposent jusqu’à présent sur des fuites occidentales non confirmées par des sources neutres. Il a qualifié les informations circulant à ce sujet de simples rumeurs et spéculations.
Dans des déclarations à « Erem News », Al-Qulaybi a affirmé que la situation intérieure en Russie n’est pas directement liée à la question du soutien russe à l’Iran. Il a noté que le front intérieur russe reste relativement stable, malgré une certaine baisse des taux de confiance et une hausse des prix due à la poursuite de la guerre en Ukraine. Il a précisé que la position russe sur le dossier iranien est une question distincte : Moscou fournit un soutien politique et diplomatique à Téhéran, mais pas un soutien militaire direct.
Al-Qulaybi a souligné que l’accord russo-iranien ne contient pas de clauses de défense commune et que la relation entre les deux pays s’inscrit dans le cadre d’un partenariat, et non d’une alliance militaire. Il a insisté sur le fait qu’il n’existe pas de lien direct entre les développements internes en Russie et la nature de la position russe de soutien à l’Iran.


