Monde
Poutine évoque une fin de conflit proche, des négociations discrètes en cours
Vladimir Poutine déclare que la guerre en Ukraine touche à sa fin, tandis que des pourparlers secrets et une trêve américaine de trois jours animent les coulisses.

La guerre en Ukraine « touche à sa fin », a déclaré Vladimir Poutine lors des célébrations du 81e anniversaire de la « Journée de la Victoire » en Russie. C’est la première fois que le président russe s’exprime aussi directement sur une issue proche du conflit, déclenché il y a plus de quatre ans. Ses propos ont immédiatement suscité un vaste intérêt, alors que les opérations militaires et les échanges de frappes se poursuivent entre Moscou et Kiev, parallèlement à des manœuvres diplomatiques et des contacts non divulgués menés loin des projecteurs.
Devant la presse, Poutine s’est dit prêt à rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un pays tiers, mais à une condition : que cette entrevue constitue le « point final » d’accords préalablement conclus. Il a également évoqué la possibilité de négocier de nouveaux arrangements sécuritaires en Europe, citant l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme une figure appropriée pour participer à ce processus, en raison de ses liens anciens avec le Kremlin et du rôle qu’il a joué au début de la guerre en 2022.
Une trêve américaine de trois jours
Les déclarations de Poutine coïncident avec une initiative américaine visant à désamorcer les tensions sur le terrain. Le président américain Donald Trump a annoncé une trêve de trois jours, incluant un cessez-le-feu et l’échange de mille prisonniers de chaque côté. Selon Iouri Ouchakov, assistant du président russe, cet accord a été conclu par des appels téléphoniques entre Moscou et l’administration américaine, qui a ensuite transmis les propositions à Kiev. Cependant, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a prévenu qu’un accord de paix global nécessiterait encore du temps en raison de la complexité des dossiers.
Malgré l’annonce de cette trêve, les combats n’ont pas faibli. Les autorités ukrainiennes rapportent que la Russie a lancé 11 missiles balistiques de type Iskander-M et 164 drones en une seule nuit, faisant des morts et des blessés. De son côté, Moscou affirme avoir abattu des centaines de drones ukrainiens, notamment près de la capitale et dans la région de Perm.
Des pourparlers secrets à Miami
En parallèle de l’escalade militaire, le site Axios révèle la poursuite de contacts politiques non divulgués entre les parties impliquées dans le conflit. Des sources indiquent que Roustem Oumerov, le principal négociateur ukrainien, a rencontré des responsables américains à Miami pour discuter des échanges de prisonniers et de la voie diplomatique.
Les principaux points de discorde dans les négociations portent sur l’avenir des régions orientales, en particulier l’oblast de Donetsk. Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes de certaines zones, tandis que Kiev refuse toute concession sur les territoires sous son contrôle. Parallèlement, des cercles européens ont commencé à discuter de dispositifs sécuritaires pour l’après-guerre, et des discussions au sein des institutions de l’UE évoquent la possibilité d’ouvrir des canaux de négociation futurs avec Moscou sur la sécurité européenne.
Un diplomate ukrainien doute de négociations secrètes réelles
Volodymyr Choumakov, ancien diplomate ukrainien, écarte l’idée de véritables négociations secrètes pour mettre fin à la guerre. Selon lui, Vladimir Poutine ne montre aucune volonté de parvenir à une trêve à long terme, malgré les propositions de cessez-le-feu ouvert. Dans des déclarations à « Erem News », Choumakov affirme que Poutine a rejeté ces propositions et s’est contenté d’appeler à une trêve de seulement deux jours à l’occasion de la « Journée de la Victoire », ce qui reflète, selon lui, une disposition limitée de la Russie à s’engager dans un règlement global. Il ajoute que la Russie a violé les accords de cessez-le-feu à plusieurs reprises, bombardant l’Ukraine pendant les trêves et causant des victimes civiles.
Choumakov souligne que ces développements montrent le non-respect par Moscou des accords annoncés. Il note que le défilé militaire récent à Moscou, avec des filets anti-drones entourant la Place Rouge, illustre l’ampleur de la transformation du conflit par rapport à son début, lorsque Moscou parlait de prendre rapidement Kiev. La Russie, dit-il, craint désormais les attaques de drones ukrainiennes, ce qui l’a poussée à limiter l’utilisation de certains engins lourds, et la guerre est devenue un « bourbier » qui épuise progressivement la Russie.
Un analyste russe relativise les propos de Poutine
De son côté, le Dr Ammar Qanaa, directeur du Centre d’études stratégiques et de prévision politique en Russie, estime que les déclarations de Poutine sur la fin prochaine de la guerre ne sont pas entièrement liées au processus de négociation. Il explique que la médiation américaine a connu des revers en raison de l’implication de Washington dans d’autres dossiers internationaux, notamment la crise au Moyen-Orient. S’adressant à « Erem News », Qanaa insiste sur le fait que l’évocation d’une fin prochaine est liée à l’arrivée du conflit à un stade avancé, le facteur le plus marquant étant le déclin de la capacité de l’Europe à maintenir son soutien militaire et politique à l’Ukraine au même rythme qu’auparavant.
Il souligne que le continent européen souffre d’un déséquilibre politique et d’un déclin de l’efficacité des élites dirigeantes actuelles, et que le monde traverse une phase de restructuration de l’ordre international. Ces transformations, ajoute-t-il, imposeront une réévaluation de la scène internationale et pourraient pousser les différentes parties à faire des concessions politiques dans la période à venir. Qanaa affirme que la voie militaire russe est restée « disciplinée » depuis le début de la guerre, démentant toute confusion ou isolement russe comme certains le prétendent. Il note enfin que Poutine a envoyé des messages sur la disposition de Moscou à dialoguer avec les Européens, mais loin des élites politiques actuelles, en raison de la montée en puissance de nouvelles forces en Europe, notamment les partis de droite, qui commencent à revoir leurs positions sur le maintien du soutien militaire à l’Ukraine.
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