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Sadiq Khan, élu maire de Londres en mai 2016, est le premier musulman à diriger une capitale européenne. Après trois mandats consécutifs, un bilan contrasté émerge entre succès et échecs.

Le 5 mai 2016, Sadiq Khan a été élu maire de Londres, devenant ainsi le premier musulman à prendre la tête d'une capitale européenne, avant de réussir à conserver son poste pendant trois mandats consécutifs, un exploit sans précédent dans l'histoire de la ville. Après une décennie à son poste, le journal Le Figaro a dressé un bilan de son mandat, basé sur cinq indicateurs clés, montrant un chevauchement évident entre succès et échecs.
En novembre dernier, Donald Trump a qualifié Khan de « catastrophe », considérant Londres comme une ville criminelle. Cependant, les données officielles reflètent une image double : la ville a enregistré en 2025 le plus bas niveau d'homicides depuis 2014, avec 97 cas, malgré une augmentation de la population d'environ un demi-million d'habitants depuis le début de son mandat. Le taux d'homicides a atteint 1,1 pour 100 000 habitants, inférieur à celui de grandes villes comme New York, Berlin et Paris.
En revanche, les agressions à l'arme blanche ont augmenté de 66 %, et les vols dans les magasins ont bondi de 94 %, poussant les médias britanniques à décrire la situation comme un « grand paradoxe criminel ».
Londres reste parmi les villes les plus chères du monde, avec un indice des prix immobiliers par rapport au revenu annuel de 10,6 en 2025, le plus élevé du Royaume-Uni. Bien que cet indice soit stable par rapport à 2015, les loyers ont augmenté de 36 %, atteignant en moyenne 2 280 livres par mois. Le dossier du logement constitue le plus grand défi du bilan de Khan, le rythme de construction de nouveaux logements ayant chuté de 84 % au cours de la dernière décennie, passant de 33 782 unités à seulement 5 547, alors que le besoin annuel est estimé à environ 88 000 unités.
La mairie de Londres n'a également atteint que 44 % de ses objectifs de logements abordables pour la période 2021-2026, au milieu de vives critiques de la part des opposants. En revanche, on attribue à Khan le gel des tarifs des transports publics entre 2016 et 2020, avant d'introduire des augmentations limitées par la suite. Cette politique a contribué à une baisse effective des prix de 10 % depuis 2016, par rapport à des augmentations annuelles proches de 8 % sous son prédécesseur Boris Johnson. L'autorité Transport for London a également annoncé un équilibre financier d'ici fin 2025.
Sur le plan environnemental, les niveaux de dioxyde d'azote ont diminué de 49 % entre 2016 et 2023 à Londres, contre 35 % dans le reste de l'Angleterre, grâce à des politiques telles que les zones à faibles émissions et l'électrification des bus. Cependant, le rapport indique que l'amélioration de la qualité de l'air a également concerné d'autres régions, soulevant des questions sur l'ampleur de l'impact des politiques locales seules.



