Monde
Syrie : la crise des panneaux en arabe s’enflamme à Hassaké
À Hassaké, la suppression répétée d’un panneau officiel en arabe provoque des tensions entre communautés kurde et arabe.
Pour la cinquième fois, des manifestants ont retiré la plaque officielle en arabe à l’entrée du palais de justice de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Des images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent l’acte, qui intervient alors que des composantes kurdes de la province protestent contre l’absence de leur langue sur l’enseigne.
La plateforme officielle de la province de Hassaké, à majorité kurde, a indiqué que l’équipe présidentielle syrienne s’est rendue samedi au palais de justice, accompagnée du commandant adjoint de la sécurité intérieure de la province, Siamand Khalil. Cette visite s’inscrit dans les préparatifs de la réouverture du palais et de la relance du système judiciaire local.
La langue arabe, seule langue officielle selon Damas
Le vice-gouverneur de la province, Ahmad al-Hilali, a rappelé que l’arabe reste la seule langue officielle en Syrie en vertu des lois en vigueur. Selon lui, aucune dérogation n’est possible sans une modification de la déclaration constitutionnelle. Ses propos font suite à l’irruption, ces derniers jours, de membres de la soi-disant « Jeunesse révolutionnaire » dans le bâtiment du palais de justice, qui avaient déjà arraché la plaque portant l’inscription « République arabe syrienne » en arabe uniquement.
Dans un communiqué, al-Hilali a déclaré : « La province de Hassaké est fière de sa diversité culturelle et linguistique, où coexistent l’arabe, le kurde, le syriaque et d’autres langues. » Il a ajouté que la différence des langues est « une manifestation de richesse et de diversité ».
Les tensions autour de la langue des panneaux officiels reflètent un conflit plus large sur l’identité et l’administration dans cette région du nord-est syrien, où la population kurde réclame une reconnaissance accrue de sa langue.





