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La banque centrale yéménite, basée à Aden, a mis en garde les citoyens et les entreprises contre toute participation aux ventes aux enchères de biens bancaires organisées par les Houthis à Sanaa.

Les autorités monétaires yéménites, installées dans la capitale provisoire d’Aden, ont lancé un avertissement sévère samedi. La banque centrale interdit formellement à toute personne physique ou morale de prendre part aux opérations portant sur les actifs et propriétés des établissements bancaires situés dans les zones contrôlées par les rebelles houthis.
Dans un communiqué officiel, l’institution a déclaré : « Nous mettons en garde tous les citoyens, entreprises et entités morales contre toute implication ou participation, sous quelque forme que ce soit, à des transactions ou procédures visant à disposer des biens immobiliers ou mobiliers appartenant aux banques et institutions financières, qui sont promues ou réalisées par des instances illégitimes dans les zones sous contrôle des milices houthies. »
Cette mise en garde fait suite à l’annonce par ce que l’on appelle la « Cour pénale de première instance spécialisée » à Sanaa d’organiser des enchères publiques pour vendre de vastes terrains appartenant à la Banque internationale de solidarité islamique, situés dans les secteurs de Haziz et d’Al-Sawad, dans la province de Sanaa. Le communiqué qualifie ces annonces d’émanant d’une autorité illégale.
Le texte précise que toute transaction ou procédure visant les actifs et biens des banques et institutions financières — qu’il s’agisse de ventes, de saisies, de confiscations ou de transferts de propriété — effectuée par des entités ou organes soumis à des milices classées comme terroristes, est dépourvue de toute légalité.
Selon le communiqué, « tous les contrats ou accords de vente, d’hypothèque, de transfert de propriété ou toute autre action juridique découlant de ces enchères ou procédures nulles sont considérés comme sans effet juridique et ne seront pas reconnus par les autorités officielles et judiciaires légitimes, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la République du Yémen, car ils émanent d’entités dépourvues de compétence et de personnalité juridique. »
L’institution a également souligné que « la participation à ces enchères, l’intermédiation, la facilitation ou le fait d’en tirer profit, directement ou indirectement, expose leurs auteurs à des poursuites judiciaires complètes et les place sous la menace d’une inscription sur les listes de sanctions locales et internationales, en tant que soutiens ou collaborateurs d’entités classées comme terroristes, sans préjudice de leur entière responsabilité pour la perte de tout droit ou somme d’argent versée à ces instances illégitimes. »
La banque centrale a réaffirmé qu’elle se réservait, ainsi que les banques et institutions financières concernées, tous leurs droits légaux de poursuivre quiconque serait impliqué dans des actes portant atteinte aux actifs du secteur bancaire yéménite. Elle a promis de prendre les mesures juridiques nécessaires, tant au niveau national qu’international, pour protéger les droits des déposants et des actionnaires, et pour préserver la propriété privée.
Enfin, l’institution a exhorté le public à faire preuve d’une extrême prudence et à ne pas se laisser entraîner par ces annonces trompeuses et illégales, qui visent à piller les actifs du secteur bancaire yéménite, à nuire aux intérêts des déposants et à compromettre la stabilité financière et économique.
Cet avertissement intervient après que les milices houthies ont annoncé la vente de biens immobiliers appartenant à la Banque de solidarité islamique et à l’ancien président Abdrabbo Mansour Hadi à Sanaa.