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Google dévoile le Fitbit Air, un bracelet fitness sans écran, et fusionne ses applis santé dans Google Health, avec un abonnement Premium à 10 $/mois.

Google a présenté le Fitbit Air, un bracelet d'activité dépourvu de tout écran, marquant un tournant majeur pour la marque depuis son acquisition par le géant américain. L'annonce ne se limite pas à un simple appareil : elle s'accompagne d'une restructuration complète de l'écosystème santé numérique de Google, avec l'intégration des applications de fitness, de santé et d'intelligence artificielle au sein d'une plateforme unique baptisée Google Health.
Le Fitbit Air est le premier nouvel appareil estampillé Fitbit depuis près de quatre ans. Il rompt avec les montres connectées classiques en renouant avec la philosophie originelle de Fitbit : simplicité et facilité d'utilisation, enrichies de capacités modernes basées sur l'IA et l'analyse de données de santé. Son design, un bracelet en tissu avec fermoir métallique, a immédiatement suscité des comparaisons avec les appareils Whoop, spécialisés dans le suivi de la condition physique.
Google perçoit cet appareil comme une résurrection de l'esprit des premiers Fitbit, qui misaient sur un suivi simple et sans complication de l'activité physique. Le Fitbit Air repose sur un module de capteur amovible, pouvant être transféré entre trois types de bracelets différents. Cette conception rappelle l'ancien Fitbit One, qui pouvait se clipser aux vêtements ou se porter de multiples façons. La différence majeure réside dans la panoplie de capteurs de santé embarqués dans un boîtier minuscule et très léger.
Selon Google, le Fitbit Air est 25 % plus petit qu'un Fitbit Luxe et 50 % plus petit que les appareils Inspire. Son poids n'est que de 12 grammes avec le bracelet, et de 5,2 grammes sans, ce qui en fait l'un des appareils de santé les plus légers jamais développés par l'entreprise. Malgré sa taille réduite, il intègre un capteur optique de fréquence cardiaque, un accéléromètre, un gyroscope, un capteur de saturation en oxygène du sang (SpO2) et un capteur de température cutanée utilisé pour le suivi du sommeil et l'analyse des indicateurs de santé nocturnes.
L'appareil est étanche jusqu'à 50 mètres, permettant une utilisation lors de la natation et de diverses activités sportives. Dépourvu d'écran et de boutons traditionnels, il dispose d'une LED de charge et d'un système de vibrations pour les notifications et les alarmes silencieuses. Google annonce une autonomie de 7 jours sur une seule charge, avec une recharge rapide offrant une journée d'utilisation après seulement 5 minutes de charge.
Parmi les fonctionnalités clés, le Fitbit Air peut être utilisé en parallèle avec les montres Pixel Watch, une option absente de l'écosystème Fitbit ces dernières années. L'utilisateur peut ainsi porter sa Pixel Watch en journée et passer au Fitbit Air pour dormir ou faire du sport, pour une expérience plus légère et confortable.
Rishi Chandra, vice-président de la division Santé et Maison chez Google, a déclaré que de nombreux appareils portables actuels sont devenus trop complexes, volumineux ou chers pour le grand public. L'entreprise souhaitait développer un appareil simple, que les enfants comme les personnes âgées puissent utiliser sans interfaces complexes ou réglages nombreux.
Le lancement du bracelet coïncide avec celui de la nouvelle application Google Health, prévue pour le 19 mai. L'application propose deux niveaux d'abonnement : une offre gratuite nommée Base, et une offre payante appelée Premium. L'offre de base, intégrée à Google Health lors de la connexion de montres ou de trackers, fournit des outils de suivi quotidiens courants : activité physique (pas, calories, distances, charge cardiaque, indicateurs de forme), sommeil (qualité, durée, phases), et indicateurs vitaux (fréquence cardiaque, variabilité du rythme cardiaque, fréquence respiratoire, SpO2). Elle permet également de saisir des données comme le poids, l'alimentation, la consommation d'eau, l'humeur et les cycles de santé.
La différence majeure réside dans l'offre payante Google Health Premium, qui introduit ce que Google appelle un « coach santé personnel ». Ce système s'appuie sur les modèles d'IA Gemini pour analyser les données de l'utilisateur et fournir des recommandations personnalisées en continu. Les utilisateurs peuvent poser des questions via la fonction Ask Coach et obtenir des réponses fondées sur des sources scientifiques et des analyses de données personnelles. L'offre inclut des plans de fitness adaptatifs, ajustés automatiquement en fonction des objectifs et de l'activité quotidienne.
Pour le sommeil, la version payante propose des analyses détaillées avec des résumés personnalisés et des conseils pour comprendre et améliorer les cycles de sommeil. Google évoque également des « insights proactifs », des alertes et conseils intelligents liés à l'activité physique et à la santé générale, avant même l'apparition de signes de problèmes. L'offre permet aussi de générer des résumés de dossiers médicaux, simplifiant les rapports de santé en informations compréhensibles, avec possibilité de poser des questions supplémentaires. Enfin, elle comprend une bibliothèque d'exercices supervisés par des coachs, ainsi que des séances de méditation, de respiration et de relaxation.
L'abonnement Google Health Premium est proposé à 10 dollars par mois ou 100 dollars par an. Il sera inclus sans frais supplémentaires pour les abonnés aux offres Google AI Pro et Google AI Ultra.
L'annonce la plus marquante concerne le changement de cap de Google. L'application Fitbit cessera officiellement d'exister le 19 mai, fusionnée avec Android Health Connect au sein de la nouvelle application Google Health. Le service Fitbit Premium est rebaptisé Google Health Premium, sans changement de prix. Cette décision marque la fin officielle de l'identité de Fitbit en tant qu'application indépendante, mettant fin à des années de spéculations sur l'avenir de la marque après son rachat par Google pour 2,1 milliards de dollars en 2021.
Google estime que le marché de la santé numérique souffre d'une dispersion des données entre de multiples applications et plateformes (Strava, Garmin, Peloton, Whoop, Oura), sans oublier les dossiers médicaux dans des systèmes séparés. L'objectif est de créer une plateforme unifiée capable de rassembler données de santé, sportives et médicales en un seul endroit. Google a confirmé que Google Health sera compatible avec iOS et, à l'avenir, avec des appareils et plateformes externes comme Garmin, Whoop et Oura. La première phase se concentrera toutefois sur les téléphones et montres Pixel, ainsi que les bracelets Fitbit.
Rishi Chandra a expliqué que ce changement de marque était nécessaire, car la nouvelle application ne cible pas uniquement les utilisateurs de Fitbit, mais toute personne recherchant des services de santé intelligents, même avec des appareils concurrents comme l'Apple Watch.
Google place l'intelligence artificielle au centre de sa nouvelle stratégie santé. L'assistant santé alimenté par l'IA est désormais disponible pour tous les utilisateurs sur Google Health, sorti de sa phase expérimentale. Le système permet d'obtenir des plans de fitness personnalisés, d'analyser le sommeil, l'activité physique et la fréquence cardiaque, de discuter avec l'IA des dossiers médicaux, d'utiliser l'appareil photo pour enregistrer les repas, et de comprendre les relations entre différents indicateurs de santé.
Google reconnaît que le développement d'un assistant santé basé sur l'IA est un défi complexe, notamment en raison des préoccupations concernant la précision des informations médicales et la confidentialité. Rishi Chandra a indiqué que la phase de test public visait à réduire les erreurs et à garantir l'absence d'informations de santé trompeuses. Google continuera à développer et améliorer le système en continu. La version bêta de Google Health a vu la participation d'environ 500 000 utilisateurs depuis octobre dernier, et a recueilli plus d'un million de retours et commentaires qui ont contribué à ajuster le système avant son lancement final. Les améliorations ont inclus le rétablissement du suivi du cycle menstruel, l'amélioration de la flexibilité des outils d'entraînement, l'ajout d'une interface plus personnalisable, le développement d'algorithmes de suivi du sommeil et la réduction des messages et notifications excessifs de l'assistant IA.
En matière de confidentialité, Google a insisté sur le fait que les données Fitbit resteront séparées de ses systèmes publicitaires, et que l'utilisation des données de santé pour l'entraînement des modèles d'IA sera facultative et désactivée par défaut.
Google ne considère pas le Fitbit Air comme un simple bracelet de sport, mais comme une porte d'entrée vers l'écosystème Google Health, sur lequel la société mise pour devenir un centre unifié de gestion de la santé personnelle, reposant sur l'IA et l'analyse de données.
Le Fitbit Air est proposé au prix de 100 dollars. Les précommandes sont ouvertes dès aujourd'hui, avec trois mois gratuits de Google Health Premium, donnant accès au coach numérique Google Health Coach. Le bracelet arrivera sur le marché le 26 mai, et trois types de bracelets seront vendus séparément à 35 dollars pièce.