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Des chercheurs canadiens ont découvert que les souches H5N1 et H5N5 de la grippe aviaire peuvent se transmettre par le lait de brebis à leurs agneaux.

Deux souches hautement pathogènes de la grippe aviaire, H5N1 et H5N5, peuvent passer des brebis infectées à leurs petits via le lait, selon une première mise en évidence par des vétérinaires au Canada. Publiée dans la revue *Science Advances*, l'étude alerte sur la nécessité d'intégrer cette voie de transmission dans les stratégies de contrôle en élevage.
« Ces virus évoluent rapidement et gagnent de nouveaux réservoirs animaux, ce qui constitue une menace sérieuse pour leur survie et pour la santé publique », ont déclaré les scientifiques. « Nous avons constaté qu'ils se répliquent activement dans les glandes mammaires des ovins et passent dans le lait, un élément crucial pour la surveillance de la grippe et la protection du bétail. »
Les recherches ont été lancées après qu'un cas suspect de grippe aviaire hautement pathogène (H5N1) a été détecté dans une ferme britannique. Une équipe dirigée par Johannes Berhane, du Centre national canadien des maladies animales exotiques, a alors mené une étude approfondie sur le comportement du virus chez les moutons et ses modes de transmission au sein du troupeau.
Lors des essais, les chercheurs ont injecté des particules des deux virus à des brebis et ont suivi l'évolution de l'infection. Les résultats montrent que les deux souches se multiplient activement dans les glandes mammaires et s'accumulent dans le lait, permettant leur passage aux agneaux par l'allaitement. La transmission au sein du troupeau par contact direct a également été observée.
L'infection s'est accompagnée de symptômes comme une mammite, de la fièvre et une réponse immunitaire marquée, indiquant un impact direct du virus sur la santé animale.
Les auteurs concluent que la grippe aviaire hautement pathogène peut se propager dans les troupeaux ovins non seulement par les aérosols ou le contact, mais aussi par le lait. Leurs recommandations appellent à inclure cette voie dans les protocoles de surveillance vétérinaire et de sécurité des fermes, tout en renforçant les mesures de prévention contre la dissémination de l'infection.
Il est à noter que les scientifiques ont documenté, au cours des quatre dernières années, la propagation rapide des souches H5N1 et H5N5 parmi un grand nombre d'animaux sauvages et d'oiseaux en Europe et aux États-Unis.



