Liban
Un atelier s'est tenu au port de Beyrouth pour approfondir l'intégration entre le port et la ville, sous l'égide de la Banque mondiale.

Dans le prolongement du processus lancé par la direction et l'exploitation du port de Beyrouth en collaboration avec la Banque mondiale pour élaborer un projet d'intégration entre le port et la ville, un atelier a été organisé dans l'enceinte portuaire. Cette rencontre était consacrée à la poursuite de l'examen des dimensions de cette intégration et des moyens de la traduire en une vision opérationnelle, avec la participation des parties concernées et d'experts spécialisés.
Ont assisté à cet atelier : Marwan Naffi, président du conseil d'administration et directeur général du port de Beyrouth ; le juge Marwan Abboud, gouverneur de Beyrouth ; Ibrahim Zaydan, ingénieur et maire de Beyrouth ; Ban Adlbi, responsable du projet à la Banque mondiale ; Mazen Bsibous, directeur général des transports terrestres et maritimes ; Rabih Sabra, directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban, ainsi que plusieurs parties prenantes et spécialistes. Les travaux de l'atelier ont été animés par Rami Samaneh, membre du conseil d'administration du port de Beyrouth.
Naffi
Dans son allocution, M. Naffi a souligné que cet atelier constitue la suite logique des travaux engagés depuis quelque temps avec le soutien de la Banque mondiale, visant à créer un cadre de participation, de coopération et d'intégration entre le port de Beyrouth et la ville. Il a indiqué que cette orientation figurait parmi ses priorités dès sa prise de fonction à la tête du port, partant du principe que le port « ne porte pas seulement le nom de la ville, mais qu'il est partie intégrante de celle-ci et situé en son sein ».
Il a insisté sur le fait que l'enjeu actuel est d'ouvrir le port sur sa ville et de l'y intégrer, réitérant son adhésion au concept de « réconciliation » entre le port et Beyrouth. Il a affirmé que cette démarche ne doit pas se limiter aux plans, études et projets futurs, mais doit se concrétiser dans le travail quotidien et la coordination.
M. Naffi a également précisé que la définition de la relation future entre le port et la ville ne peut incomber uniquement à la direction du port, au gouvernorat et à la municipalité. Elle exige l'écoute des différentes parties prenantes ainsi que des compétences en ingénierie, urbanisme et sciences sociales. Il a déclaré : « Beyrouth est le cœur, et le port est le poumon de l'économie », ajoutant que leur intégration nécessite la mobilisation de toutes les instances et couches sociales concernées.
Abboud
De son côté, M. Abboud a estimé que la ville et le port sont des jumeaux indissociables, notant que la prospérité du port rejaillit sur Beyrouth, tandis que tout dommage subi par celui-ci affecte la ville. Il a rappelé, dans ce contexte, la catastrophe de l'explosion du 4 août.
Il a mis en avant le rôle historique du port dans la croissance et le développement de Beyrouth, affirmant que les plans de modernisation, d'extension et de repositionnement du port sur la carte internationale apportent des bénéfices directs à la capitale et au Liban. Cela appelle à accompagner cette dynamique et à renforcer la coopération entre le port et la ville.
M. Abboud a souligné que la collaboration entre les deux entités permettrait de traiter des dossiers communs, tels que les accès au port, la circulation routière et le secteur de Karantina, ainsi que d'étudier les mécanismes permettant de tirer parti des terrains appartenant au port et à la municipalité dans leurs environs. Il a insisté sur l'importance des études en cours pour élaborer un plan détaillé de cette intégration.
Zaydan
À son tour, M. Zaydan a insisté sur le fait que le développement de la relation entre le port et la ville doit placer l'intérêt et les droits des habitants de Beyrouth au centre du projet. Le développement du port doit servir de levier pour l'économie et l'emploi, avoir un impact positif sur les entreprises et les intérêts locaux, contribuer à améliorer la circulation et l'environnement urbain, et renforcer le lien du port avec le tissu social et urbanistique de la ville, sans compromettre ses exigences opérationnelles ni son efficacité.
Il a considéré que le succès de la relation entre la ville et le port ne se mesure pas uniquement aux projets réalisés, mais à leur incidence sur la vie des citoyens, leur dignité et l'avenir de leur ville. Il a exprimé l'espoir que les discussions aboutissent à des propositions concrètes et à un partenariat sérieux entre la municipalité, la direction du port et les autres parties concernées.
Adlbi
De son côté, Mme Adlbi a confirmé l'engagement de la Banque mondiale à accompagner le processus d'intégration entre le port de Beyrouth et la ville. Elle a salué la coopération avec la direction du port et les autres parties prenantes, ainsi que les consultations menées durant la phase précédente, estimant que ce projet représente une opportunité importante pour unir les efforts et travailler ensemble.
Elle a expliqué que l'intégration entre le port et la ville comporte de multiples dimensions, et que l'objectif de l'atelier est d'approfondir ces aspects et de définir ce qu'ils signifient spécifiquement dans le contexte de Beyrouth. Cela tient compte de la particularité de la ville d'une part, et de la nature du port et de ses opérations d'autre part, afin de formuler une approche adaptée à la réalité de la capitale et de son port.



