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Blaschardt adresse un message d’adieu : le Liban regorge de potentiels et un État fort reste un objectif réalisable

La coordinatrice spéciale de l’ONU au Liban, Janine Hennis-Plasschaert, souligne que malgré les défis, le pays possède des ressources importantes et peut encore bâtir un État souverain.

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Blaschardt adresse un message d’adieu : le Liban regorge de potentiels et un État fort reste un objectif réalisable
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Janine Hennis-Plasschaert, coordinatrice spéciale des Nations unies au Liban, a adressé un message d’adieu au pays, dans lequel elle partage son expérience des deux années passées sur place. Elle y relate avoir appris à observer davantage la beauté du Liban, comme la coexistence des églises et mosquées ou les vestiges anciens au cœur des constructions modernes. Elle évoque également la découverte d’un apaisement profond lors de randonnées en montagne, loin de l’agitation quotidienne. Selon elle, la générosité des Libanais est sans limite, les habitants, quels que soient leurs appartenances ou origines, étant toujours prêts à partager ce qu’ils ont, même modeste.

Pourtant, les enseignements tirés de ces deux années sont aussi marqués par la dureté. Lire les informations sur la crise économique ne vaut pas l’expérience de rencontrer une personne incapable d’accéder à ses économies, fruit d’un travail personnel et familial sur plusieurs générations. Elle a constaté l’intensité des divisions confessionnelles, ainsi que la diminution de l’esprit pragmatique et de la solidarité, remplacés par des lignes partisanes rigides. Elle a aussi vécu les conséquences complexes et les effets dévastateurs de la présence d’armes hors du contrôle de l’État, donnant l’impression d’un État dans l’État. La colère populaire s’est accumulée face à la persistance de l’immobilisme politique, de la corruption et de l’impunité.

Malgré ces difficultés, le Liban dispose de nombreux atouts. Ce pays regorge de ressources, allant de sa beauté naturelle à son important potentiel créatif et persévérant, sans oublier sa capacité à transformer sa diversité en force.

Certaines de ces potentialités ont commencé à se manifester l’année dernière avec l’adoption par le nouveau président et le gouvernement d’agendas audacieux et ambitieux, qui ont brisé des tabous et tracé une vision d’un État libanais fort et souverain. Les récentes discussions à Washington et l’accord-cadre qui en est issu, bien qu’inscrits dans un contexte plus large, démontrent que le Liban peut ouvrir de nouvelles perspectives pour son avenir.

Pourtant, il est nécessaire de créer un climat interne favorable, non seulement pour faire face aux évolutions et pressions extérieures, mais aussi pour instaurer une gouvernance efficace fondée sur la prise de décisions. Si le système de partage du pouvoir au Liban possède une longue histoire, la centralité de l’État a longtemps été absente. Une approche plus globale concernant la question des armes hors du contrôle étatique est indispensable, intégrant non seulement l’aspect militaire, mais aussi assurant à tous les Libanais un avenir où l’État seul est leur protecteur et garant de leurs besoins.

Janine Hennis-Plasschaert affirme être convaincue que la construction d’un État libanais fort demeure un objectif atteignable, bien qu’il nécessite des années d’efforts considérables et beaucoup de patience. Elle souligne que le gouvernement ne peut accomplir cette tâche seul, appelant à la mobilisation de tous les dirigeants et acteurs politiques, plaçant l’intérêt national au-dessus des appartenances partisanes ou confessionnelles. Le Liban a aussi besoin du soutien de ses partenaires et amis à l’étranger, afin de renforcer et accompagner les décisions de l’État libanais.

Un changement de mentalité et de pratiques au sein de la société libanaise est également indispensable, après des années d’habitude à dépendre de réseaux d’entraide extérieurs à l’État. Durant son séjour, elle a entendu que la grande majorité des habitants en a assez de cette situation. Qu’ils soient fonctionnaires, entrepreneurs, vendeurs de fruits ou chauffeurs de taxi, tous aspirent à une vie stable, à accueillir leurs proches revenant de l’étranger et à planifier leur avenir sans devoir constamment s’interroger sur la situation du mois suivant.

Elle conclut que le moment présent est idéal pour lancer un appel à l’unité autour du drapeau libanais.

Au décollage de l’aéroport de Beyrouth, elle a appliqué ce qu’elle a appris en deux ans : regarder par la fenêtre de l’avion. Elle a été impressionnée par l’étendue du littoral méditerranéen et par le paysage urbain qui s’élève progressivement vers les sommets majestueux du Mont Liban.

Le Liban a beaucoup apporté au monde, de l’alphabet que de nombreux historiens considèrent comme la base de l’alphabet moderne, jusqu’à ce qu’elle considère personnellement comme le meilleur « kiosque » de la région. Aujourd’hui, il est temps que le Liban s’offre la chance qu’il mérite et devienne le pays qu’il est légitime d’être, un pays qui, sans exagération, peut être considéré comme un paradis sur Terre.

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