Liban
Les conditions israéliennes transmises au Liban sont rejetées par Nabih Berri et le Hezbollah, qui discutent des modalités de réponse au projet américain.

Deux points majeurs dominent la situation ce soir : d’une part, la proposition américaine qui transmet les exigences israéliennes au Liban, et d’autre part, la réaction du Hezbollah et du mouvement Amal face à ces conditions ainsi que la manière d’y répondre.
Concernant la première thématique, des sources de Al-Jadid ont indiqué que les échanges intervenus après la publication du communiqué tripartite libano-israélo-américain ont été marqués par l’opposition du président du Parlement Nabih Berri et du Hezbollah à la formule proposée. Cette opposition a conduit Washington à tenter d’apporter des précisions supplémentaires via une tournée de l’ambassadeur américain Michel Aïssa auprès des dirigeants libanais.
Selon ces informations, Michel Aïssa a expliqué que la proposition repose sur un cessez-le-feu total, devant être mis en œuvre dans des zones pilotes où le retrait des forces israéliennes serait simultané au déploiement de l’armée libanaise et au retour des habitants, parallèlement au démantèlement des installations militaires et au retrait des manifestations armées.
Cependant, Al-Jadid rapporte que les Américains ont transmis au Liban un ensemble de conditions israéliennes qui ont été refusées par Nabih Berri et le Hezbollah. La première de ces exigences consiste à retirer environ 2300 membres du Hezbollah de la région au sud du Litani, ces individus devant être désignés nommément par Israël. Ce point a été rejeté par les deux parties, qui avancent que certains noms figurant sur la liste ne correspondent pas à des combattants mais à des habitants des villages liés au Hezbollah sur le plan social et économique.
La seconde condition impose une équivalence selon laquelle toute attaque contre Israël entraînerait une riposte ciblée sur la banlieue sud. La troisième donne à Israël le droit de répondre militairement de manière directe si elle estime que le Hezbollah a violé ou dépassé les termes de l’accord.
La quatrième condition concerne la mise en œuvre sur le terrain : Israël propose que les zones pilotes commencent à partir de la région de Zouq al-Hatab et au-delà, proposition que le Hezbollah a rejetée.
Les informations indiquent qu’une alternative plus acceptable au Liban serait de considérer l’ensemble de la zone au sud du Litani comme cadre des zones pilotes, au lieu de limiter cette phase à une zone spécifique ou d’imposer un déploiement progressif à partir de points précis.
Par ailleurs, des étapes ultérieures incluraient l’établissement de points de sécurité à environ deux kilomètres de la frontière, avant de passer à une phase finale comprenant ce que l’on appelle les points de contrôle sécuritaires avancés.
Sur le second volet, Al-Jadid rapporte qu’une réunion prolongée s’est tenue lundi soir entre le mouvement Amal et le Hezbollah, consacrée à l’examen détaillé de la proposition américaine et des conditions transmises via Washington. Le Hezbollah a exprimé sa volonté de coopérer pour parvenir à un accord, tout en soulignant que toute décision finale nécessiterait une consultation avec le Corps des Gardiens de la Révolution iranien, ainsi que des arrangements relatifs aux zones pilotes.
Les données indiquent que le Hezbollah souhaite adopter un mécanisme de coordination similaire à celui utilisé lors des négociations au Pakistan, qui implique un retour vers le Corps des Gardiens de la Révolution pour les décisions stratégiques liées au dossier libanais. Le parti aurait également mandaté une personnalité ayant suivi les négociations au Pakistan aux côtés de la délégation iranienne pour participer au suivi de ce processus.
Par conséquent, les négociations en cours ne se limitent pas à des arrangements sécuritaires et territoriaux dans le sud du Liban, mais intègrent des considérations libano-israéliennes imbriquées dans des dynamiques régionales plus larges. Cela rend tout accord potentiel dépendant non seulement des ententes sur le terrain, mais aussi des négociations politiques qui se déroulent hors des frontières libanaises, où des progrès ou résultats concrets sont attendus dans les prochains jours.
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