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Jo Sadi : pas de solution miracle pour la crise de l’électricité au Liban

Le ministre de l’Énergie Jo Sadi a souligné que la résolution de la crise électrique au Liban nécessite des réformes profondes, sans solution rapide.

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Jo Sadi : pas de solution miracle pour la crise de l’électricité au Liban
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Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Jo Sadi, a participé à un échange organisé à l’ESA Business School, à l’invitation du regroupement des hommes et femmes d’affaires libanais (RDCL). L’événement a réuni la présidente, les membres du conseil d’administration et plusieurs adhérents du regroupement, dans le cadre d’un dialogue ouvert sur la situation du secteur énergétique au Liban, ses défis et les réformes indispensables pour son redressement.

La présidente du RDCL, Joumana Sadi Chaïa, a ouvert la séance en rappelant que malgré les circonstances exceptionnelles traversées par le pays, le regroupement continue de défendre les intérêts du secteur privé et de promouvoir les réformes structurelles nécessaires pour sauver l’économie libanaise et relancer une croissance durable. Elle a souligné la constance du RDCL dans son engagement à réclamer des réformes profondes afin de remettre le Liban sur la voie de la reprise économique.

Elle a insisté sur la capacité démontrée à plusieurs reprises par le secteur privé libanais à résister, s’adapter et innover dans des conditions difficiles, affirmant que ce secteur est un partenaire essentiel dans tout projet de réforme sérieux, notamment dans les domaines clés qui influent directement sur la compétitivité économique nationale, la pérennité des entreprises et les opportunités d’investissement.

De son côté, le ministre Jo Sadi a dressé un état des lieux du secteur de l’électricité, en mettant en avant les principaux problèmes structurels accumulés sur plusieurs décennies. Parmi ceux-ci figurent le coût élevé de la production, la capacité de production limitée, l’absence d’investissements à long terme, les pertes techniques et non techniques, ainsi que le besoin urgent de moderniser les réseaux de transport et de distribution.

Il a précisé que résoudre la crise électrique exige une vision à long terme et des réformes intégrées, déclarant : « Il n’existe pas de baguette magique pour traiter ce dossier. C’est un processus qui demande du temps, des investissements et un effort continu. Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est poser les bases d’un secteur plus efficace et durable. »

Le ministre a ajouté que la demande en électricité au Liban dépasse largement la capacité de production disponible, ce qui impose d’agir simultanément sur plusieurs fronts pour corriger les déséquilibres existants et reconstruire le secteur sur des bases modernes et durables.

Il a également présenté les grandes lignes de la feuille de route élaborée par son ministère, incluant l’augmentation de la capacité de production via des projets en partenariat avec le secteur privé, le renforcement du recours aux énergies renouvelables, une transition progressive vers le gaz naturel, la réactivation du raccordement électrique avec les pays voisins, la réhabilitation des réseaux de transport et de distribution, ainsi que la poursuite des réformes institutionnelles, notamment par la mise en fonction de l’autorité de régulation du secteur électrique.

Jo Sadi a souligné l’importance d’élargir la participation du secteur privé dans les domaines de la production, de la distribution et de l’investissement. Il a expliqué que la relance de ce secteur vital nécessite des modèles de gestion plus performants et transparents, capables d’attirer les investissements et d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens et aux entreprises.

Dalia Jbeili, membre du conseil d’administration du RDCL et animatrice de la rencontre, a insisté sur le fait que le dossier de l’énergie dépasse désormais le cadre technique ou sectoriel, devenant un des principaux défis nationaux ayant un impact direct sur tous les aspects de la vie économique et sociale. Elle a rappelé que l’énergie concerne aujourd’hui chaque établissement, chaque foyer et chaque secteur productif au Liban.

Elle a salué les avancées institutionnelles dans le secteur, notamment la création de l’autorité de régulation et le lancement d’un processus de consultation avec les différentes parties prenantes, estimant que ces évolutions constituent une étape essentielle pour restaurer la confiance, renforcer la transparence et encourager les investissements dans ce domaine.

La séance s’est conclue par un échange approfondi entre Jo Sadi et les membres du regroupement, abordant des sujets tels que la production d’électricité, le rôle du secteur privé, la décentralisation de la distribution, les énergies renouvelables, le coût des carburants, le raccordement électrique avec les pays voisins, la collecte des recettes, la réduction des pertes et des abus, ainsi que l’avenir de la compagnie d’électricité libanaise. En réponse aux interventions et questions, le ministre a insisté sur « l’importance de poursuivre un dialogue constructif entre les secteurs public et privé, afin de formuler des solutions pratiques et réalisables, et de renforcer les chances de succès du processus de réforme dans l’un des secteurs les plus cruciaux pour l’avenir économique du Liban ».

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