Liban
Des signes de tension accrue dans le Moyen-Orient inquiètent les États-Unis, qui ont renforcé leurs alertes sécuritaires. Israël affirme ne pas être au courant d'une décision américaine de reprendre des opérations militaires massives contre l'Iran.

La publication "Yedioth Ahronoth" rapporte que l'incertitude persiste quant à la possibilité de reprise d'opérations militaires étendues contre l'Iran, alors que les États-Unis ont relevé leur niveau d'alerte en plusieurs pays du Moyen-Orient, en raison d'indices d'un possible escalade proche.
La chaîne américaine "CBS" a cité un responsable israélien affirmant que Tel-Aviv n'est pas informée d'une décision américaine de reprendre une opération militaire complète, ni n'a reçu de demande pour participer à de nouveaux raids contre l'Iran.
Le responsable, dont l'identité n'a pas été révélée, s'exprime alors qu'Israël maintient officiellement le silence sur les rumeurs selon lesquelles Washington et Tel-Aviv se prépareraient à lancer l'une des plus vastes vagues de frappes à l'intérieur de l'Iran durant le week-end.
Selon "Yedioth Ahronoth", Israël évite actuellement de paraître comme l'acteur poussant les États-Unis à élargir le conflit, notamment avec l'augmentation des critiques internes visant le président américain Donald Trump à cause de sa confrontation avec l'Iran, l'approche des élections législatives partielles, ainsi que la pression exercée par les prix élevés des carburants.
La publication estime que Trump pourrait faire face à deux choix contradictoires : soit reculer par crainte d'engager une campagne militaire longue qui ferait grimper les prix du pétrole et alourdirait le coût politique intérieur, soit lancer une frappe puissante dans l'espoir d'obtenir une réponse rapide capable de changer le cours du conflit. Elle ajoute que la décision finale dépendra largement des évaluations et plans présentés par l'armée américaine au Bureau ovale.
Alertes américaines généralisées
Parallèlement à ces évolutions, les ambassades américaines au Bahreïn, en Irak, en Jordanie, au Koweït, au Liban, à Oman, au Qatar, en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis, en Égypte et en Israël ont émis des alertes sécuritaires à l'encontre de leurs ressortissants, les invitant à se préparer à quitter rapidement le pays si la situation s'aggrave.
Les ambassades ont mis en garde contre la complexité croissante de la situation sécuritaire dans la région, soulignant le risque d'un "escalade imprévue", et conseillant aux Américains d'adopter un niveau accru de vigilance, de se préparer à l'annulation de vols, à la fermeture des espaces aériens et à des perturbations soudaines des voyages.
Le département d'État américain a également publié une alerte générale pour les citoyens américains présents au Moyen-Orient, les incitant à envisager de quitter la région ou à se préparer à le faire, tandis qu'il recommande à ceux qui se trouvent hors de la zone de repenser tout voyage vers ou à travers cette dernière.
L'alerte indique que des installations diplomatiques américaines ont déjà été ciblées, et que l'Iran et ses groupes alliés pourraient cibler des intérêts américains ou des sites liés aux États-Unis et à leurs ressortissants dans différentes régions du monde.
Parallèlement, l'agence iranienne Fars a diffusé une vidéo prétendant montrer le retour à l'activité d'une usine de pétrochimie à Asaluyeh, au sud de l'Iran, après avoir subi un raid pendant la guerre.
Le journaliste de l'agence apparaît sur place, pointant les traces de destruction et les éclats, confirmant que l'installation fournit énergie et infrastructure aux usines de pétrochimie de la région.
Selon le rapport iranien, le site a été touché par 15 missiles, et environ 550 tonnes de débris et décombres ont été retirés lors des travaux de réparation. L'industrie pétrochimique contribue fortement aux revenus en devises étrangères de l'Iran, ce qui fait de son ciblage une attaque directe contre l'économie.
"Yedioth Ahronoth" affirme que Téhéran tente également d'augmenter le niveau de menace afin de dissuader Trump d'ordonner de nouvelles frappes, alors que des rapports mentionnent des incidents visant des navires dans le détroit d’Ormuz.
La publication cite également l'annonce de l'armée du Koweït ayant intercepté des drones ciblant des "installations vitales", avec des dommages constatés sur des navires appartenant à une entreprise privée près de l'île de Boubyan, sans signalement de victimes.
Vert vert conditionnel
Selon les informations rapportées par le journal, Trump aurait déjà donné une autorisation initiale pour reprendre les frappes contre l'Iran, mais l'exécution n'a pas encore commencé, la possibilité d'un revirement à la dernière minute restant ouverte.
"Yedioth Ahronoth" conclut que la situation reste ouverte à plusieurs scénarios, avec le silence israélien, l'alerte américaine croissante, les tentatives iraniennes pour afficher leur préparation et augmenter le coût de toute nouvelle frappe, tandis que la question centrale demeure : dans quelle mesure Washington est-il prêt à engager une campagne militaire large, susceptible d'ouvrir la porte à une nouvelle vague d'escalade dans la région ?
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