Liban
Le Conseil des ministres approuve des nominations et un nouveau programme scolaire
Le Conseil des ministres a validé plusieurs nominations, le nouveau programme d'enseignement préuniversitaire et la suppression des examens du baccalauréat cette année.

Lors de sa séance tenue ce matin au palais de Baabda sous la présidence du général Joseph Aoun, le Conseil des ministres a validé une série de nominations au sein de la coopérative des employés de l'État, de l'autorité de régulation du secteur électrique, du Conseil national de la recherche scientifique ainsi que dans le secteur pétrolier.
Le Conseil a également approuvé le règlement constitutif de l'établissement de l'aéroport international de Beyrouth et a donné son accord au projet de décret relatif au programme libanais d'enseignement général avant l'université.
Par ailleurs, il a été décidé d'annuler les examens du baccalauréat pour cette année.
Au cours de la session, le président Aoun a insisté sur le suivi des conditions des déplacés, notamment dans les centres d'hébergement, ainsi que sur le lancement du recensement des dommages causés par la récente agression aux logements, infrastructures, terres agricoles et aux secteurs de l'électricité et des télécommunications, en vue de préparer des conférences de soutien à la reconstruction.
Il a aussi appelé à finaliser les procédures de promotion des fonctionnaires de la troisième à la deuxième catégorie afin que l'administration réponde aux exigences de modernité et aux besoins du pays.
De son côté, le Premier ministre Dr Nawaf Salam a indiqué que le cahier des charges destiné à confier à une entité spécialisée la réalisation d'un audit judiciaire concernant les navires électriques a été finalisé. Il a encouragé les ministres suspectant des gaspillages importants dans leurs départements à utiliser la partie générale de ce cahier des charges pour lancer des audits judiciaires.
Avant la séance, un entretien a eu lieu entre le président Aoun et le Premier ministre Salam, au cours duquel les points à l'ordre du jour ont été évoqués.
Après la réunion, le ministre de l'Information, l'avocat Dr Paul Marquès, a présenté les décisions prises. Il a précisé que la séance hebdomadaire s’est déroulée au palais présidentiel en présence du président Aoun, du Premier ministre Salam et des ministres, à l'exception du ministre des Technologies de l'information.
Le Conseil a examiné les développements politiques, sécuritaires et humanitaires ainsi que des questions ordinaires et administratives. En ouverture, le président a adressé un message aux Libanais en général et aux membres de la communauté chiite en particulier à l'occasion de la commémoration de l'Achoura, qui a lieu demain. Il a rappelé les paroles de l'imam Moussa Sadr, soulignant que l’Achoura représente une école permanente renouvelant ses valeurs de sacrifice, de dévouement et de rejet de l'injustice, constituant une source d'inspiration pour la patience et la fermeté dans les principes.
Le Premier ministre a ensuite rappelé qu’il y a près d’un mois, le Conseil avait approuvé le financement demandé par le ministère de l'Énergie pour préparer un cahier des charges visant à confier une enquête judiciaire sur les navires électriques, et que ce dossier est désormais achevé.
Il a insisté sur le fait que ce cahier des charges comprend deux volets : un volet général applicable à tout audit judiciaire dans n’importe quel ministère, et un volet spécifique aux navires.
Il a réaffirmé que les ministres suspectant des gaspillages importants dans leurs départements peuvent utiliser la partie générale de ce cahier des charges, soulignant que cette démarche constitue une avancée bienvenue et espérant que d’autres ministères suivront cet exemple, en insistant sur la nécessité de poursuivre les réformes, de respecter la transparence et de lutter contre les gaspillages et la corruption dans les ministères.
Le ministre de la Santé a présenté les mesures préventives prises et à venir pour empêcher l’arrivée du virus Ebola au Liban, suite à sa propagation dans plusieurs pays africains et à l’apparition d’un premier cas en France. Ces mesures concernent notamment les aéroports, les points de passage frontaliers et les établissements hospitaliers, en coopération avec l’Organisation mondiale de la santé. Il a précisé qu’aucun cas d’Ebola n’a été détecté au Liban et a demandé la collaboration du ministère de l’Information pour mener une campagne de sensibilisation.
Le ministre des Communications a évoqué l’incendie survenu il y a deux jours dans un des entrepôts du ministère des Communications et d’Ogero à Dekwaneh. Il a remercié les équipes de la défense civile, les pompiers de Beyrouth, l’armée libanaise, les forces de sécurité, les autorités locales et toutes les personnes ayant contribué à maîtriser le feu, saluant particulièrement le directeur général de la défense civile, le général de brigade Imad Khoury.
Il a expliqué que l’incendie a touché une section du complexe regroupant plusieurs entrepôts et départements, mais grâce aux efforts des pompiers, le feu a été circonscrit et n’a pas affecté les autres entrepôts, évitant ainsi des dégâts supplémentaires. Il a précisé qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée et a souhaité un prompt rétablissement aux pompiers ayant fait preuve de courage et de dévouement.
Le ministre a ajouté que deux enquêtes sont en cours : une interne menée par le ministère et les autorités concernées pour évaluer les dégâts et recenser les biens endommagés, et une autre conduite par les forces de sécurité et la justice pour déterminer les causes et les circonstances. Il a appelé à ne pas anticiper les résultats ou formuler des conclusions sans fondement, afin de ne pas nuire à l’enquête, assurant que la transparence sera de mise et que les résultats seront communiqués dès leur finalisation, l’objectif étant de comprendre les faits et d’éviter la répétition de tels incidents.
Le Conseil a ensuite examiné et approuvé la plupart des points à l’ordre du jour, notamment les nominations suivantes :
- Coopérative des employés de l'État : Nazih Hammoud nommé directeur général.
- Autorité de régulation du secteur électrique : l’avocate Christina Issam Abi Haidar nommée membre à plein temps.
- Conseil national de la recherche scientifique : le Dr Asaad Antoine Eid nommé président, avec les membres suivants : Dr Satef Al-Arnaout (vice-président), Ramzi Al-Hafez, Dr Nehme Azouri, Dr Marie Abboud, Dr Nassim Faris, Dr Dima Issa, Dr Marie Fawzi Chamas, Dr Joseph Constantine, Dr Lama Matar, Dr Nader Siraj, Dr Salah Zein El-Din, Dr Mohamed Talal Mustafa Fran, Hani Moussa Abbas et Dr Ali Abdel-Razzaq Faour.
- Autorité de gestion du secteur pétrolier : Jean-Paul Sabbagh, Fawzi Khalifa, Grace Rashid, Kabi Daboul, Wissam Al-Dahabi et Wissam Shabat.
Le Conseil a aussi approuvé la demande du ministère des Travaux publics et des Transports concernant le règlement constitutif de l’établissement de l’aéroport international de Beyrouth, ainsi que la demande du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur pour valider le projet de décret sur le programme libanais d’enseignement général avant l’université, en plus d’autres points inscrits à l’ordre du jour.
Lors du dialogue avec la presse, le ministre Marquès a indiqué que la proposition de loi relative au service national n’a pas été adoptée, en raison des observations ou du rejet émis par plusieurs ministères.
Concernant l’électricité à Zahlé, il a précisé qu’une prolongation des dispositions relatives au service public a été décidée.
Interrogé sur les négociations directes avec Israël et l’opposition du Hezbollah, il a répondu que les résultats des négociations en cours n’ont pas été soumis au Conseil des ministres et que, le cas échéant, ils seront présentés conformément à l’article 52 de la Constitution.
La ministre de l’Éducation, Rima Karami, a répondu aux questions des journalistes sur la décision du Conseil d’exempter les élèves des examens officiels du baccalauréat, annoncée durant la séance.
Interrogée sur une éventuelle introduction d’un programme d’éthique, elle a affirmé que l’adoption des nouveaux programmes, qui mettent l’accent sur les compétences et la vie citoyenne dans un pays pluraliste respectant la liberté d’expression, constitue une étape importante. Elle a ajouté que des initiatives interministerielles sont en cours pour promouvoir un discours favorisant la cohésion sociale, avec une coopération prolongée entre les ministères de l’Éducation, de l’Information, de la Jeunesse et des Sports.
Sur sa satisfaction concernant la décision et la justice relative au baccalauréat, elle a reconnu que les circonstances actuelles sont exceptionnelles, marquées par des événements rapides et complexes. Malgré son insistance personnelle pour maintenir les examens, le consensus politique et sécuritaire sur l’instabilité a conduit à accepter cette mesure, qu’elle considère réaliste même si elle ne correspond pas à ses aspirations initiales. Elle a souligné qu’elle a maintenu sa position malgré une forte opposition, espérant un changement de situation permettant la tenue des examens.
En réponse à la question sur la moyenne de 9,5, elle a précisé qu’il s’agit d’un seuil habituellement appliqué au baccalauréat.
Concernant les diplômes TS et LT, elle a expliqué qu’ils ont été ajoutés après avoir été omis par inadvertance dans le texte initial lu lors de la séance, précisant que la décision concerne l’enseignement général et professionnel.
Interrogée sur les possibles perturbations dans les écoles liées aux notes, elle a indiqué qu’aucune solution idéale n’existe dans la situation actuelle. La date du 1er mars a été fixée sur la base d’une décision antérieure recommandée par le Conseil éducatif, et le Conseil des ministres a validé l’impossibilité de prendre en compte les événements postérieurs à cette date. Elle a défendu cette décision, qui a recueilli un consensus sans opposition, affirmant que les élèves ont été évalués sur une part significative du programme, environ 60 %, dans les établissements publics et privés.
À propos des élèves ayant réussi à l’école mais ayant échoué à l’examen officiel, elle a précisé que la session exceptionnelle concernera les candidats libres, les recalés souhaitant se rattraper, ainsi que les élèves ayant besoin du diplôme pour des raisons professionnelles, de bourses ou d’admission universitaire. Elle a rappelé que, selon la loi, un élève qui se présente à l’examen ne peut voir ses résultats scolaires pris en compte en cas d’échec, ce qui est la règle habituelle.
Sur le lieu de la session exceptionnelle, elle a indiqué que le ministère dispose des listes des candidats libres et des élèves admis dans l’enseignement public, et qu’un délai d’un mois a été accordé pour finaliser l’organisation, avec la garantie que chaque élève pourra choisir son centre d’examen en fonction de son lieu de résidence.
Questionnée sur l’éventualité d’une annulation de cette session en cas d’évolution de la situation, elle a répondu que les attestations scolaires seront alors acceptées.
Concernant les critères retenus pour cette session exceptionnelle et la nature du programme, elle a affirmé qu’aucun changement ne sera apporté : l’examen, initialement prévu pour les candidats libres, reste inchangé dans ses conditions et matières. Le consensus porte sur la prise en compte uniquement de l’enseignement dispensé avant le 1er mars, et la session sera organisée conformément à la loi applicable, garantissant l’équité.
À propos de la mise en œuvre du nouveau programme, elle a annoncé la publication du décret et un passage progressif, avec une application optionnelle dès l’année prochaine pour les cycles primaires.
Interrogée sur la perception internationale des élèves sans diplôme officiel, elle a insisté sur son combat pour le droit de chaque élève à obtenir un diplôme officiel ouvrant des portes, ainsi que pour la valeur du diplôme libanais, important pour ceux qui partent étudier ou travailler à l’étranger. Elle a assuré que le ministère collaborera avec les universités et préparera des mesures préventives pour l’année scolaire suivante, en cas de maintien de l’absence d’examen. Elle a conclu en saluant la persévérance des élèves libanais dans toutes les régions, leur attachement à l’éducation malgré les circonstances difficiles.
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