Liban
Le patriarche maronite, le cardinal Mar Béchara Boutros Raï, a présidé la messe divine pour la Fête-Dieu à l'Institut des Apôtres – Jounieh, où il a souligné que le Liban ne peut renaître par des intérêts privés mais par une culture du don et du sacrifice pour le bien commun.

Le patriarche maronite, le cardinal Mar Béchara Boutros Raï, a présidé la messe divine pour la Fête-Dieu à l'Institut des Apôtres – Jounieh, avec la participation d'un certain nombre d'évêques, de prêtres, de moines et de moniales, ainsi que d'une grande foule de fidèles et de personnalités spirituelles, sociales et politiques.
Raï était parti du siège patriarcal de Bkerké après la procession du Saint-Sacrement qui avait eu lieu dans le siège dans le cadre de la retraite des évêques, accompagné de l'évêque Hanna Alwan, vicaire patriarcal général, de l'évêque Yohanna Rafic Al-Warcha, de l'évêque Georges Chihane, évêque d'Égypte, de l'évêque Boulos Rouhana, et du père Camillo Mikhail, secrétaire particulier, ainsi que de la délégation médiatique et sécuritaire.
La célébration a débuté par un discours de bienvenue prononcé par le supérieur général de la Congrégation des Missionnaires Libanais Maronites, le père Elias Sleiman, qui a souhaité la bienvenue au patriarche Raï, aux évêques, aux prêtres et aux fidèles participants, exprimant sa gratitude à "Sa Béatitude pour avoir accepté l'invitation et présidé cette célébration annuelle qui est devenue une étape spirituelle rassemblant les habitants de Jounieh et du Kesrouan autour du mystère du Saint-Sacrement", affirmant que "cette fête renouvelle la foi en la présence du Christ vivant dans son Église et dans la vie des fidèles. Le Saint-Sacrement est le mystère de la présence permanente du Christ dans l'Église".
Après la lecture du Saint Évangile, le patriarche Raï a prononcé une homélie dans laquelle il a abordé le sens profond de la Fête-Dieu, affirmant que "l'Église célèbre en ce jour le mystère de la présence permanente du Christ au milieu de son peuple à travers l'Eucharistie". Il a expliqué que "le Seigneur Jésus n'a pas laissé son Église orpheline, mais s'est donné lui-même à elle dans le mystère du Saint-Sacrement, devenant ainsi nourriture pour la vie spirituelle et source de force, d'unité, de sainteté et de mission", et a déclaré : "L'Eucharistie n'est pas un simple souvenir historique de la Dernière Cène, mais une présence vivante et renouvelée du Christ qui accompagne son peuple en tout temps et en tout lieu." Il s'est également arrêté sur la tragédie douloureuse qui a frappé la famille Karam à Al-Qlaiaa, élevant une prière pour le repos des âmes des victimes et exprimant sa solidarité avec leurs familles et tous les affligés", affirmant que "le Christ présent dans le mystère du Saint-Sacrement reste une source de consolation et d'espérance face à la souffrance et à la mort".
Partant du mystère du Saint-Sacrement qui repose sur le don total et le sacrifice de soi, Raï a adressé un "message national clair", dans lequel il a insisté sur le fait que "le Liban ne peut renaître par la logique des intérêts privés ou des calculs étroits, mais par une culture du don, du sacrifice et du travail pour le bien commun", et a déclaré : "Le Christ qui s'est brisé lui-même comme pain pour les autres offre le modèle dont le Liban a besoin aujourd'hui, à une époque où les crises et les divisions se multiplient et où les défis politiques, économiques et sociaux s'accentuent."
Il a affirmé que "la patrie ne se construit pas par les égoïsmes, mais par un esprit de participation et de solidarité, et ne se préserve pas par les affrontements et les conflits, mais par la rencontre, le dialogue et le rassemblement autour de l'intérêt national commun", soulignant que "le mystère du Saint-Sacrement enseigne à l'homme à sortir de lui-même pour servir son frère et rechercher le bien de la communauté avant l'intérêt personnel".
Le patriarche Raï a estimé que "ce que vivent le Liban et la région en termes de guerres, de troubles et de craintes pour l'avenir impose un retour aux valeurs humaines et spirituelles qui préservent les sociétés et protègent leur stabilité".
Il a indiqué que "le chrétien est appelé à être un artisan d'espérance et non un propagateur de désespoir, car le Christ présent dans le Saint-Sacrement reste une source de force et de fermeté au milieu des crises, et donne aux croyants la capacité d'affronter les difficultés avec un esprit de confiance et de foi".
Il a ajouté : "Le mystère de l'Eucharistie enseigne aux croyants le sens de l'unité véritable, car tous se rassemblent autour d'une seule table et participent au même pain, ce qui fait de ce mystère une école de vie commune et de solidarité nationale."
Il s'est arrêté sur la réalité nationale actuelle, appelant à "prier pour le Liban et pour la paix dans la région, au vu des guerres, des agressions et des souffrances humaines qu'elle connaît". Il a affirmé que "l'Église élève en cette occasion ses prières pour que la stabilité revienne au Liban et à l'Orient, et que l'homme puisse vivre dans la dignité et la sécurité sur sa terre, loin de la violence, de la peur, du déplacement et de l'incertitude".
Il a également insisté sur le fait que "l'espérance chrétienne ne repose pas sur les circonstances politiques ou économiques changeantes, mais sur la présence de Dieu dans la vie de son peuple, une présence qui se manifeste de manière particulière dans le mystère du Saint-Sacrement, qui reste un signe d'espérance pour un peuple aspirant à un avenir plus pacifique et plus stable".
Il a conclu : "Le Liban est appelé aujourd'hui à retrouver sa mission fondée sur la vie commune, la dignité humaine et l'ouverture, et la sortie des crises successives ne se fait qu'en privilégiant l'intérêt national suprême sur les intérêts partisans et personnels, et en travaillant dans un esprit de responsabilité et de solidarité pour le bien de tous les Libanais."
À la fin de la messe, la directrice de l'École de Sahlet Alma des Sœurs de la Sainte Famille Maronites, sœur Dalida Al-Houwayek, a prononcé un discours dans lequel elle a remercié le patriarche Raï d'avoir accepté l'invitation et présidé la messe divine, affirmant que "sa présence paternelle parmi les enfants de la région constitue un signe d'espérance et un encouragement à s'accrocher à la foi et aux valeurs d'amour et de don".



