Daily Beirut

Liban

Le spectre du raid sur Haret Hreik refait surface : un feu vert américain ouvre la porte à l'assassinat des dirigeants du Hezbollah

Des sources politiques et sécuritaires israéliennes ont affirmé mercredi que Washington ne s'opposerait pas si Tel Aviv ciblait, dans des circonstances particulières, les hauts dirigeants de la milice du Hezbollah dans tout le Liban, malgré le cessez-le-feu en cours négocié par les États-Unis.

··2 min de lecture
Le spectre du raid sur Haret Hreik refait surface : un feu vert américain ouvre la porte à l'assassinat des dirigeants du Hezbollah
Partager

Des sources politiques et sécuritaires israéliennes ont affirmé, ce mercredi, que Washington ne s'opposerait pas si Tel Aviv ciblait "dans des circonstances particulières" les hauts dirigeants de la milice du Hezbollah dans tout le Liban, malgré le cessez-le-feu en cours négocié par les États-Unis.

Le site "Al-Monitor" a rapporté de ces sources qu'"il n'existe aucun accord explicite ou écrit" permettant à Israël de frapper des cibles dans la capitale Beyrouth, ajoutant que si une opportunité se présentait pour assassiner un dirigeant éminent du Hezbollah, Tel Aviv "pourrait aller de l'avant, avec l'accord implicite américain".

Cependant, les sources ont estimé en revanche qu'Israël ne mènerait pas de telles frappes tant que les négociations avec le Liban se poursuivent.

Ce scénario rappelle l'opération d'assassinat de l'ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors d'une série de frappes violentes qui ont visé le 27 septembre 2024 le quartier général central du parti à Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth.

Selon ce qu'a rapporté "Al-Monitor" d'un responsable du ministère des Affaires étrangères, s'exprimant sous couvert d'anonymat, Israël a le droit de se défendre, évoquant "les multiples occasions qui se sont présentées au Hezbollah pour cesser le feu" au cours des deux dernières semaines.

Le responsable a déclaré : "Au lieu de cela, il a choisi de continuer à tirer des roquettes et des drones sur les sites israéliens", ajoutant que "l'on ne s'attendra jamais à ce qu'Israël accepte passivement les attaques contre ses forces et ses civils".

La chaîne de radiodiffusion publique israélienne "Kan" avait révélé mardi le mécontentement de l'armée israélienne face aux restrictions imposées par Washington à ses opérations au Liban.

Elle a cité un haut responsable israélien, dont le nom n'a pas été divulgué, déclarant : "Nous devons faire davantage. La souveraineté israélienne est violée quotidiennement. L'armée fait preuve d'une grande retenue parce que nous sommes liés par des accords avec les États-Unis et le gouvernement libanais. Nous ne devons pas accepter la réalité actuelle sans pouvoir riposter".

Selon le rapport de la chaîne "Kan", Washington a ordonné à Israël de ne pas frapper les immeubles de grande hauteur dans le quartier de Dahieh, au sud de Beyrouth, et Israël ne prévoit effectivement pas de telles attaques.

Les tensions restent élevées le long de la frontière depuis le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah le 16 avril, tandis que deux sources ont rapporté cette semaine à l'agence "Reuters" que l'armée israélienne a étendu ses opérations terrestres dans le sud du Liban au-delà d'une ligne tracée par Israël à quelques kilomètres à l'intérieur du territoire libanais après la trêve.

Ajoutez Daily Beirut à votre fil Google News pour recevoir l'info en priorité.
Partager