Liban
Les professeurs de l'enseignement professionnel officiel dénoncent un mépris envers élèves et enseignants
La "Rabta" des enseignants professionnels officiels refuse de participer aux examens officiels, dénonçant une gestion chaotique et un manque de respect envers les enseignants et élèves.

La direction de la "Rabta des professeurs de l'enseignement professionnel et technique officiel" au Liban a exprimé son analyse critique après un suivi attentif du dossier des examens officiels pour le niveau d'excellence technique et la licence technique, soulignant la succession de décisions contradictoires, de revirements et un désordre administratif inédit.
Dans un communiqué, l'organisation a déclaré que la situation dépasse désormais une simple mauvaise gestion pédagogique. Elle constitue un mépris du sort de milliers d'élèves et d'enseignants, ainsi qu'une atteinte à la stabilité de l'année scolaire et de l'autorité des examens officiels. Ce rendez-vous national s'est transformé en un terrain d'improvisation et d'expérimentations, en l'absence d'une vision éducative claire et d'une planification minimale, plongeant élèves, familles et enseignants dans une incertitude anxiogène.
Selon la Rabta, la gestion d'un dossier d'une telle ampleur ne peut permettre de modifier les décisions sous la pression ou en fonction des circonstances, car l'avenir des élèves ne saurait être un champ d'expérimentation ni rester soumis à un désordre administratif chronique.
L'organisation a également souligné que les conditions sécuritaires au Liban restent une source majeure d'inquiétude pour la sécurité des enseignants et des élèves, dans un contexte de tensions persistantes et d'instabilité. À cela s'ajoutent des difficultés économiques et sociales sévères qui pèsent sur les familles libanaises, rendant toute décision non réfléchie un fardeau supplémentaire au lieu d'apporter de la sérénité.
La Rabta a rejeté la poursuite d'un traitement des enseignants professionnels et techniques comme de simples exécutants des décisions, sans respect ni consultation de leurs représentants syndicaux. Elle a rappelé que l'enseignant est un partenaire essentiel au succès du processus éducatif et ne peut être tenu responsable des échecs administratifs récurrents, alors que les décideurs échappent à toute forme de reddition de comptes.
Le communiqué insiste sur le fait que la dignité des enseignants n'est pas un détail et que leurs droits ne peuvent être considérés comme accessoires. Les examens officiels doivent reposer sur la confiance, le respect et une véritable collaboration, non sur la pression ou la contrainte.
Par conséquent, la direction de la Rabta des professeurs de l'enseignement professionnel et technique officiel au Liban annonce son refus de participer à toutes les phases des examens officiels pour le niveau d'excellence technique et la licence technique, incluant la préparation, la surveillance, la correction et la publication des résultats. Ce refus restera en vigueur jusqu'à ce que le ministère de l'Éducation assume pleinement ses responsabilités, mette fin à la politique de désordre et de décisions improvisées, et garantisse des conditions pédagogiques, sécuritaires et administratives adéquates pour la bonne tenue de cet examen.
La Rabta tient le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur entièrement responsable de tout retard, confusion ou conséquence pouvant découler de cette situation. Elle affirme que la responsabilité ne revient pas aux enseignants qui ont toujours défendu l'école publique, mais à ceux qui ont géré ce dossier de manière chaotique, sapant la confiance de la communauté éducative dans la stabilité des décisions pédagogiques.
L'organisation appelle tous les collègues enseignants à soutenir cette position et à préserver l'unité syndicale, considérée comme la garantie essentielle pour défendre la dignité des enseignants, protéger leurs droits et maintenir la place de l'enseignement professionnel et technique officiel au Liban.
Elle conclut en affirmant que la patience des enseignants n'est pas illimitée, que leur dignité ne fait pas l'objet de marchandage, et que quiconque méprise leurs droits porte seul la responsabilité de la dégradation de la situation éducative.
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