Liban
Les instances économiques ont exprimé leur opposition au projet de décret modifiant les droits applicables à diverses marchandises, jugés excessifs et inopportuns dans un contexte de récession profonde et de pression sociale accrue.

Les instances économiques ont fait savoir qu’elles s’opposent au projet de décret modifié instaurant des droits sur une série de biens et produits « au nom des impératifs environnementaux ». Elles estiment que les taux proposés sont largement supérieurs à ceux en vigueur : ils atteignent majoritairement 3 % de la valeur des produits concernés, alors que le décret actuellement appliqué fixe des droits compris entre 0,1 % et 0,3 % — un niveau déjà jugé largement suffisant pour atteindre l’objectif environnemental visé.
Dans un communiqué, elles soulignent que l’instauration de nouveaux prélèvements intervient dans un cadre opérationnel extrêmement tendu pour les entreprises, marqué par une contraction économique sévère au Liban. Ce dispositif apparaît donc comme dénué de fondement rationnel, d’autant plus qu’il s’inscrit dans la foulée des conséquences de la guerre et de la mise en œuvre du « plan essence », aggravant ainsi les charges de subsistance et les coûts de production tout en accentuant la pression sur un économie déjà plongée dans une crise structurelle.
Pour ces instances, le défi prioritaire aujourd’hui ne réside pas dans l’ajout de taxes ou de droits, mais dans la relance de la machine économique et la restauration d’une croissance durable. Tout nouveau prélèvement risque, selon elles, de freiner l’activité productive et de compromettre les perspectives de redressement.
Elles réaffirment néanmoins leur soutien total à la protection de l’environnement et à la recherche de solutions pérennes pour la gestion des déchets. Toutefois, elles insistent sur le fait que ce dossier ne saurait être traité par l’imposition de nouveaux droits frappant directement les citoyens et les secteurs productifs. À la place, elles préconisent l’adoption de politiques incitatives capables de stimuler l’activité économique et de renforcer la capacité de production nationale. Elles mettent en garde contre les effets délétères du projet, qui pourrait entraver les chances de reprise dans une économie dont le recul est attendu à plus de 10 % l’année prochaine.
Le dossier des déchets, bien qu’essentiel, ne doit pas occulter les urgences économiques et sociales, considérées comme des priorités nationales absolues. Une stratégie cohérente devrait donc d’abord viser à renforcer la résilience économique des ménages et des entreprises, puis intégrer les exigences environnementales comme une composante secondaire mais nécessaire.
Elles précisent que la résolution du problème des déchets doit s’accompagner de mécanismes alternatifs de financement. L’État dispose, selon elles, de plusieurs leviers pour accroître ses recettes sans alourdir la charge pesant sur les citoyens ni sur les secteurs productifs. Parmi ces options figurent notamment l’amélioration de l’efficacité de la collecte fiscale, la lutte contre l’évasion fiscale, la régularisation des entreprises informelles — qui représentent environ la moitié de l’économie libanaise sans verser aucun impôt ni droit — privant ainsi le Trésor de ressources substantielles. Elles ajoutent qu’il convient aussi d’obliger les pollueurs avérés et les contrevenants aux normes environnementales à supporter pleinement le coût des dommages qu’ils causent. Enfin, elles indiquent qu’un certain nombre de plans alternatifs sont déjà sur la table.
Elles appellent le gouvernement à retirer le projet de décret de l’ordre du jour de la réunion du Conseil des ministres prévue demain, afin de permettre un examen approfondi et un dialogue élargi avec toutes les parties prenantes. Elles déclarent par ailleurs leur disponibilité totale à participer, aux côtés de l’Union générale des travailleurs, à tout échange, atelier ou initiative gouvernementale visant à élaborer des solutions scientifiques, concrètes et durables pour la gestion des déchets — solutions qui répondent aux objectifs environnementaux fixés, épargnent aux citoyens toute charge supplémentaire et sauvegardent simultanément les conditions d’un redémarrage économique viable.
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