Liban
ماغرو: لبنان اختار طريقاً للخروج من الحرب وليس أمامنا سوى دعمه
L'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, a organisé une réception à l'occasion de la fête nationale française au Palais de l'Industrie, sous le thème "Travailler au service du peuple libanais", en présence de nombreuses personnalités politiques et diplomatiques.

L'ambassadeur de France au Liban, M. Hervé Magro, a organisé une réception à l'occasion de la fête nationale française au Palais de l'Industrie, sous le thème "Travailler au service du peuple libanais", en présence du ministre de la Culture Ghassan Salamé, représentant le président de la République, le général Joseph Aoun, du président du gouvernement, le juge Nawaf Salam, du Dr Mahmoud Berri, représentant le président de la Chambre des députés Nabih Berri, du président Fouad Siniora, des ministres : le ministre des Finances Yassine Jaber, des Déplacés et de la Technologie Kamal Shehadeh, du Développement administratif Fadi Makki, de l'Environnement Tamara Zein, de la Justice Adel Nassar, et des députés Fouad Makhzoumi, Neematallah Frem, Ibrahim Mneimneh, Michel Moawad, Michel Doueihy, Salim Sayegh, de l'ancien ministre Michel Pharaon, du commandant de l'armée, le général Rodolphe Haykal, à la tête d'une délégation de hauts officiers, du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Raed Abdallah, du gouverneur de la ville de Beyrouth, le juge Marwan Abboud, du métropolite de Beyrouth des Grecs-orthodoxes, Mgr Elias Aoudeh, de l'archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Abdel Sater, de Mgr Elias Nassar, du président du Conseil général maronite Michel Matta, de la directrice générale de Télé Liban, Dr Alissar Naddaf, du président du conseil d'administration et directeur général du port de Beyrouth, Marwan Nafi, du directeur des médias du palais présidentiel, Rafik Shalala, du directeur général de la Banque de l'Habitat, Antoine Habib, du gouverneur de Baalbek, Bachir Khodr, du maire de Beyrouth, Ibrahim Zeidan, du directeur général des Finances, Georges Maarawi, et d'un certain nombre d'ambassadeurs arabes et étrangers, notamment les ambassadeurs de Chine, des États-Unis d'Amérique, du Maroc, de Grande-Bretagne, et une foule de personnalités politiques, diplomatiques, consulaires, culturelles et sociales.
Après les hymnes français et libanais, l'ambassadeur Magro a prononcé un discours dans lequel il a déclaré :
"Nous nous réunissons ce soir au Palais de l'Industrie pour célébrer notre fête nationale dans des circonstances qui restent extrêmement complexes et empreintes d'une grande incertitude. Le Liban a été une fois de plus entraîné dans le brasier de la guerre, et son bilan est, malheureusement, très lourd : des milliers de morts et plus d'un million de déplacés, dont une partie tente aujourd'hui de retourner chez eux, après que beaucoup de leurs maisons ont été détruites.
C'est pourquoi nous avons voulu placer notre réception de cette année sous le signe de la sobriété et de la solidarité avec tous ceux qui ont souffert de cette 'guerre pour le compte des autres', pour reprendre l'expression du regretté journaliste Ghassan Tueni.
Je voudrais, dans ce contexte, adresser un salut particulier à nos partenaires humanitaires sur le terrain, en reconnaissance de leur courage et de leur engagement. Je salue tous ceux qui se mobilisent, au péril de leur vie, pour aider les déplacés et les populations des zones isolées, en particulier les équipes médicales et les éléments de la protection civile, notamment dans les villages du Sud.
Malgré la fatigue et les épreuves, beaucoup continuent à travailler, à apporter des secours et à soutenir les déplacés et les victimes de la guerre. Je l'ai constaté moi-même à de nombreuses reprises lors de mes visites sur le terrain, aux côtés des ONG, des volontaires du Croissant-Rouge et de diverses initiatives de solidarité. À vous tous, un grand merci et toute ma reconnaissance. Je pense que nous pouvons vous applaudir.
Je salue également les journalistes qui ont payé un lourd tribut à ce conflit, et je salue aussi les soldats de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), en particulier les soldats français tombés pour la souveraineté et la stabilité du Liban. Toutes ces agressions sont inacceptables.
Dès le premier instant, la France a été aux côtés du Liban, aux côtés de l'Union européenne et de ses États membres, par le biais d'une contribution humanitaire importante. Depuis le 2 mars 2026, la France a alloué une réponse d'urgence de 17 millions d'euros pour soutenir les projets de secours mis en œuvre par les ONG, les agences et le réseau du Croissant-Rouge, en plus de l'envoi de cent tonnes d'aide humanitaire en nature, en étroite coordination avec le gouvernement libanais, dont nous saluons la mobilisation et les efforts sous la direction de Son Excellence la ministre des Affaires sociales.
Cette aide vise à répondre aux besoins les plus urgents, notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de la santé, de l'hygiène, de l'eau, de l'assainissement, de l'hébergement, des moyens de subsistance et de l'éducation en situation d'urgence, au service des groupes les plus vulnérables.
Nous avons également adapté notre stratégie aux défis actuels :
Dans le domaine de la santé, nous avons activé des mécanismes d'urgence pour garantir la continuité des services de santé. Grâce au projet SAQIRH, financé par l'Agence française de développement (AFD) et mis en œuvre par l'organisation Première Urgence Internationale, nous avons déployé des unités de santé mobiles pour assurer la continuité des soins aux déplacés malgré la fermeture de plusieurs centres de santé.
Dans le domaine de l'éducation, un secteur auquel je porte un intérêt particulier comme vous le savez, nous avons, grâce à l'engagement des équipes de l'Institut français du Liban, adapté nos méthodes de travail pour garantir que l'Institut français de Beyrouth et ses antennes dans les différentes régions restent ouverts chaque fois que les conditions le permettent. L'affluence continue des familles dans nos bibliothèques publiques a prouvé que nous avions raison : préserver les espaces de culture et d'ouverture n'était pas un luxe, mais une nécessité.
Nous avons également accompagné les soixante-huit établissements scolaires français homologués au sein du réseau français, pour les aider à s'adapter aux répercussions de la guerre, tout en assurant la continuité de l'enseignement pour les élèves.
Sur le plan universitaire, notre travail s'est concentré sur la préservation des opportunités d'études et des bourses offertes aux étudiants libanais. C'est pourquoi, à titre exceptionnel, les étudiants libanais seront exemptés, à partir de l'année universitaire 2026, des frais d'inscription supplémentaires imposés aux étudiants étrangers dans les universités publiques françaises.
Dans le domaine de la protection du patrimoine libanais menacé, nous avons travaillé aux côtés de l'UNESCO, et l'Institut du Monde Arabe à Paris accueille actuellement une grande exposition sur la ville de Byblos, faisant connaître au public français ce site archéologique exceptionnel fouillé par des archéologues libanais et français.
Enfin, dans le domaine sportif, et dans le cadre de la Coupe du monde et dans la continuité des efforts déployés lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024, nous avons renforcé notre soutien au secteur sportif à travers un projet structurel s'étendant sur deux ans, partant de notre conviction que le sport constitue à la fois un levier essentiel pour la santé mentale, un facteur de renforcement de la cohésion sociale et un investissement dans les athlètes libanais d'aujourd'hui et de demain.
Cet effort n'est pas le seul fruit du travail de l'État français. Dans les crises et l'incertitude, alors que beaucoup auraient pu choisir l'attentisme, voire le retrait, les entreprises françaises ont continué à investir au Liban, à maintenir leur activité, à continuer à offrir des emplois et à former les compétences de demain.
Je suis convaincu que l'engagement de la communauté d'affaires française au Liban, représentée par les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et la Chambre de commerce et d'industrie franco-libanaise, dont le nombre d'adhérents n'a cessé d'augmenter malgré la guerre, y a largement contribué. Je tiens à saluer leur contribution essentielle au renforcement de la présence française au Liban et à leur adresser mes sincères remerciements.
Nos entreprises sont également engagées aux côtés des acteurs humanitaires, que ce soit individuellement ou collectivement. Dans ce cadre, nous sommes convenus ensemble que les contributions des Conseillers du commerce extérieur français liées à la célébration du 14 juillet de cette année soient destinées à soutenir le Croissant-Rouge libanais, et je les remercie pour cette initiative.
Nous nous préparons également à accompagner le Liban dans la phase de reconstruction. Les besoins sont immenses. Je suis heureux de vous confirmer l'octroi, la semaine dernière, aux autorités libanaises, d'un prêt de 75 millions d'euros pour contribuer, aux côtés de la Banque mondiale, aux efforts du gouvernement pour reconstruire les zones détruites par le conflit. La contribution française sera principalement destinée à soutenir les services d'eau et d'énergie dans les zones touchées.
Parallèlement, nous avons lancé, en collaboration avec nos partenaires de l'Union européenne et le Danemark, il y a quelques semaines, un projet de relance économique dans le Sud et la Békaa, visant à répondre aux besoins des zones qui accueillent un grand nombre de déplacés.
Excellence Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,
L'année dernière, j'ai exprimé mon espoir d'un nouveau départ. Cet espoir est toujours présent, tous ces acteurs nous prouvent la force de l'unité. Oui, les divisions existent, et la guerre les a approfondies. Mais je reste convaincu que les Libanais sont capables de se rassembler autour d'un projet fédérateur. Et ce projet est celui d'un Liban souverain, où aucune partie de son territoire ne reste occupée, et d'un État qui détient seul le monopole des armes.
Les autorités libanaises ont choisi une voie de sortie de la guerre, et nous n'avons d'autre choix que de les soutenir dans cette voie, en tant qu'amis fidèles du Liban, car c'est leur choix libre et pris en toute volonté. Et la France, aux côtés de ses partenaires, est prête à les accompagner sur le chemin difficile qu'elles ont choisi, en entrant dans des négociations directes sous l'égide des États-Unis.
Mais il ne faut pas nous leurrer, les défis restent immenses.
Certains misent aujourd'hui sur des illusions de règlement du conflit qui pourraient conduire à un afflux d'argent sans qu'il soit nécessaire de mettre en œuvre les réformes nécessaires, notamment économiques et financières. Cependant, le président de la République et le gouvernement affirment constamment que ces réformes servent d'abord l'intérêt du Liban lui-même.
C'est pourquoi la France continuera son engagement total à soutenir le redressement économique du Liban, un redressement qui passe par la restructuration du secteur bancaire, sept ans après la crise qui l'a frappé, et l'adoption d'un programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international et attendu par les Libanais.
Et alors que la région se prépare à s'adapter à la nouvelle équation imposée par la crise autour du détroit d'Ormuz, et avec le retour de la Syrie dans les équations d'équilibre régional, il est temps que le Liban, à son tour, se prépare à démarrer.
Je ne manque pas de réaffirmer une fois de plus ici l'importance de la réforme de la justice, en tant que condition essentielle pour renforcer l'État de droit. Nous continuerons, dans ce cadre, à soutenir le secteur de la justice et l'État de droit, notamment en contribuant à la formation des juges.
Et j'espère que l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth parviendra enfin à son terme cette année. Il est temps que les familles des victimes obtiennent des réponses.
Oui, la France restera aux côtés du Liban, et dans tous les domaines.
Et alors que ma mission au Liban touche à sa fin, je peux témoigner que la France, aux côtés de ses partenaires de l'Union européenne, dont il faut enfin reconnaître le rôle central dans le maintien de la stabilité de ce pays, n'a ménagé aucun effort et a toujours été présente, que ce soit en temps de crise ou en temps de guerre.
Et cela est aussi dû au travail collectif de 'l'Équipe France', que j'ai eu l'honneur de diriger, et je tiens à exprimer devant vous ma profonde gratitude à tous ses membres, avec un mot de remerciement spécial au personnel du Palais de l'Industrie qui nous a accompagnés durant ces trois années riches.
Ce soir, une autre équipe française tentera d'atteindre la finale, et quel que soit le résultat, elle nous a déjà donné l'occasion de rêver, tout comme nous pouvons continuer à rêver d'un Liban en paix, tourné avec confiance vers un avenir meilleur pour sa magnifique jeunesse.
Nous resterons à vos côtés, n'en doutez pas.
Vive la France, vive le Liban, et vive l'amitié franco-libanaise".
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