Liban
Yassine Jaber plaide pour une stratégie graduelle de réforme budgétaire, incluant l'unification des comptes publics et le plafonnement des dépenses par ministère.

Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a reçu une délégation de la mission de l'Union européenne au Liban, dirigée par Cyril Duvalin, chef adjoint de la section Coopération, accompagnée de Jimmy Bissoussi, expert économique de la Commission européenne, ainsi que d'une délégation du programme SIGMA de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Étaient également présents George Maawad, directeur général des Finances, et les conseillères Zeina Kassem et Claudine Kerké.
La réunion était consacrée à la présentation de l'état d'avancement du projet SIGMA soutenant la réforme de la gestion du budget public, officiellement lancé le mois dernier au Grand Sérail avec un financement de l'Union européenne. La délégation a exposé les orientations principales de la stratégie de réforme de la gestion budgétaire en cours d'élaboration, notamment le lien entre les crédits financiers et les politiques publiques et les priorités gouvernementales, ainsi que la réduction de la fragmentation budgétaire par une proposition visant à ce que les institutions publiques relevant de chaque ministère intègrent leurs budgets dans celui du ministère, afin de présenter au ministère des Finances un budget unique unifié couvrant le ministère et ses institutions publiques affiliées.
Les discussions ont également porté sur l'adoption de plafonds de dépenses par ministère, fixés par le ministère des Finances sur la base d'un cadre financier à moyen terme, chaque ministère étant chargé de répartir son plafond en interne selon ses priorités. Cette approche sera appliquée initialement à six ministères pilotes, assortie d'un programme de formation et d'accompagnement pour la Direction du Budget et les ministères concernés.
Il a été confirmé que la coopération avec le programme SIGMA dans le domaine de l'élaboration du budget existe depuis environ deux ans, et qu'il est important de capitaliser sur cette expérience et d'identifier les obstacles qui ont empêché d'atteindre les résultats escomptés, afin de les éviter dans la nouvelle phase. La délégation a précisé que la phase précédente manquait de financement et de capacités nécessaires pour accompagner et former les ministères, ce qui est désormais possible grâce au financement européen, outre la nécessité d'une orientation claire et d'un soutien au niveau politique.
Jaber a affirmé son soutien au processus de réforme, appelant à une approche progressive et réaliste tenant compte des capacités administratives et du cadre juridique existant, et produisant des résultats concrets à court terme plutôt que de se limiter à des études et plans à long terme. Il a proposé, comme première étape pratique, que les ministères pilotes constituent des équipes de travail internes regroupant les différentes directions et institutions affiliées, pour coordonner leurs besoins et unifier leurs demandes budgétaires, et commencer ce travail plus tôt dans le calendrier budgétaire actuel sans nécessiter de modifications législatives. Il a demandé des consultations avec ces ministères et avec la Direction générale des Finances pour déterminer ce qui peut être mis en œuvre immédiatement, soulignant l'importance de renforcer la capacité d'estimation et de prévision des recettes, considérée comme un pilier fondamental de l'élaboration d'un budget sain.
Il a été convenu que l'équipe présentera au ministre, en décembre prochain, un projet de stratégie de réforme de la gestion budgétaire, en préparation de sa discussion et de l'adoption de ses étapes exécutives.



