Liban
Le Premier ministre Nouaf Salam a visité le camp de Beni Barket à Sour, soulignant que la réhabilitation de la souveraineté passe par la construction d’un État fort et d’un armée unifiée.

Le président du Conseil des ministres, Nouaf Salam, a visité le camp de Beni Barket à Sour, accompagné par le secrétaire général du Haut conseil de défense, le général de brigade Mohamed Al-Mostafa. Il a été accueilli par le ministre de la Défense nationale, le général de brigade Michel Maâssoum, le chef d’état-major, le général de brigade Hassan Aoudé, et le commandant de la zone sud du Litani, le colonel de brigade Nicolas Tabet.
Une cérémonie d’accueil et d’honneurs militaires a été organisée pour le président Salam, qui a posé une couronne de fleurs sur le monument aux morts de l’armée, avant de se rendre, accompagné de son entourage, au bureau du commandant de la zone sud du Litani.
Par la suite, le président Salam s’est rendu dans la salle de conférence, où une allocution de bienvenue a été prononcée par le colonel de brigade Nicolas Tabet, commandant de la zone sud du Litani, suivie d’une intervention du ministre de la Défense nationale, le général de brigade Michel Maâssoum, puis d’un discours du président du Conseil des ministres, le docteur Nouaf Salam, suivi d’un exposé sur la mission de la zone sud du Litani.
Voici les propos du président du Conseil des ministres, Nouaf Salam :
« Monsieur le ministre, Mes chers officiers,
Il me fait plaisir d’être parmi vous aujourd’hui, ici à Sour, au cœur du sud libanais ;
Ce sud qui a payé, par ses fils, sa terre, ses maisons et ses moyens de subsistance, le prix le plus élevé.
Je ressens une fierté particulière en étant parmi les hommes et femmes de l’armée libanaise, qui se tiennent aujourd’hui à l’une des étapes les plus critiques que connaît notre pays, portant une responsabilité centrale dans la restauration de la pleine souveraineté de l’État et l’exercice de son autorité sur toutes ses terres.
Mes soldats,
Le sens de votre présence ici, au sud, n’est pas seulement une simple présence militaire, c’est la présence de l’État.
Chaque position occupée par l’armée est une position où l’État réaffirme sa souveraineté, son autorité et sa dignité. Chaque drapeau libanais qui flotte au-dessus d’un poste militaire est un symbole de légitimité de l’État.
Nous voulons que ce sud, comme tout le Liban, soit sous l’autorité d’un seul État ; que le citoyen libanais y soit en sécurité parce qu’il dispose d’un armée qui le protège, et que le pays profite de la stabilité grâce à la restauration de l’État et de ses institutions constitutionnelles, capables de décider de la guerre ou de la paix.
Mes officiers,
Je mesure l’ampleur des défis auxquels vous faites face, ainsi que le poids des charges que vous portez alors que les attaques israéliennes continuent de menacer nos villes, nos villages, les maisons de nos familles, leurs champs et leurs oliveraies,
mais je sais aussi que la restauration de la souveraineté ne peut se faire qu’en construisant un État capable ; et qu’un État ne peut être capable sans une armée unifiée et forte.
Tout comme l’a dit le fondateur de notre armée et bâtisseur de notre État moderne, le président général Fouad Chehab, à l’occasion de la fête de l’indépendance en 1960 : « L’indépendance véritable ne se prend pas, elle ne se donne pas, elle se construit », la souveraineté authentique, à son tour, ne se prend pas, elle ne se donne pas, elle se construit.
Suivant le même chemin tracé par ce grand disparu, qui faisait toujours appel à ce qu’il appelait le « livre », c’est-à-dire la Constitution, et à sa conviction profonde selon laquelle l’État moderne est un État d’institutions, le gouvernement « Réforme et Sauvetage », dont j’ai l’honneur de présider, s’est engagé dans son programme à œuvrer pour la création d’un « État fidèle à la Constitution et à la charte de consensus national adoptée à Taïf » et à mener les réformes nécessaires pour renforcer les institutions de l’État et moderniser ses administrations.
Nous restons fidèles à cet engagement, gouvernement « solidaire » comme le prévoit la Constitution de notre pays, comme nous l’avons souligné dès la première phrase de la première section de notre programme ministériel.
Ainsi, le renforcement de l’armée n’est pas un point secondaire dans notre programme, ni une question technique, mais un choix stratégique au cœur de notre projet de restauration de l’État.
C’est pourquoi notre gouvernement poursuit son travail, en mobilisant tout soutien arabe et international possible, afin de développer les capacités humaines de l’armée, moderniser son équipement et améliorer les conditions de vie et sociales de ses membres.
Or, la force de l’armée libanaise ne repose pas uniquement sur ses armes, son matériel et son effectif, mais réside aussi dans son unité.
L’armée est l’une des rares institutions où les Libanais se rencontrent non pas en tant qu’appartenants à des sectes ou régions, mais en tant qu’enfants d’un même pays.
Dans vos rangs, un homme de Sour se tient à côté d’un homme du Mont-Liban, un homme d’Akkar à côté d’un homme de Nabatiyeh, un homme de Beyrouth à côté d’un homme du Békaa.
Même si vos régions, vos familles et vos appartenances sociales diffèrent, quand vous revêtez cette tenue, votre identité devient une seule, celle du Liban uni.
Notre pays a connu dans son histoire récente combien le prix était élevé quand les institutions de l’État ont faibli et se sont divisées, particulièrement lorsque la guerre éclatée en 1975 a affaibli la cohésion de l’armée.
C’est pourquoi je vous dis :
Préservez l’unité de votre institution, ne laissez pas les caprices de la politique vous diviser, ne laissez pas les maladies de la confessionnalisme s’infiltrer dans vos rangs, et n’acceptez comme référence que la Constitution et la loi.
Les Libanais peuvent diverger, et ils divergent effectivement en politique, ce qui est légitime. Ils appartiennent à diverses confessions et orientations religieuses, que cela plaise ou non. Mais s’ils veulent réussir à sortir le pays de sa chute et sauver leur pays, ils n’ont pas d’autre choix que d’avoir une armée unique, un drapeau unique et un État unique.
Évidemment, nous ne pouvons être aujourd’hui dans un camp militaire sans nous incliner avec respect devant la mémoire des martyrs de l’institution militaire,
ceux qui ont offert le plus cher qu’ils avaient pour défendre le pays et la sécurité de ses citoyens,
devant leurs âmes, nous nous inclinons en signe d’hommage,
et à leurs familles, nous disons : vos enfants ne sont pas seulement des martyrs de l’institution militaire, mais des martyrs de tout le pays.
Le meilleur hommage que nous puissions rendre à nos martyrs n’est pas seulement de lever leurs photos ou de rappeler leurs noms lors des cérémonies, mais de construire pour leurs enfants un État fort dans ses institutions, un État dont personne ne conteste l’autorité sur son territoire, où aucun autre armement ne domine celui de son armée, et où aucune volonté, intérieure ou extérieure, ne prévaut sur la volonté du peuple exprimée par ses institutions constitutionnelles.
Mes chers officiers,
La souveraineté que nous rétablissons sur le plan sécuritaire doit également être consolidée sur les plans économique, social et développemental.
Le retour de l’État au sud ne se limite pas à la présence de l’armée ; nous travaillons également à ce que l’État revienne avec l’école, l’hôpital, la route, l’électricité, l’eau, l’administration, la justice, les opportunités d’emploi et la reconstruction.
Mes officiers,
Je sais que les mots ne suffisent pas face à ce que vous supportez, et que même la salutation la plus sincère ne peut égaler les sacrifices que font nos soldats en accomplissant leur devoir national.
Mais je suis venu aujourd’hui pour vous dire, au nom du gouvernement et de tous les Libanais qui voient en vous la garantie de leur pays, nous sommes à vos côtés, et nous nous engageons à fournir tous les éléments nécessaires à la réussite de votre mission.
Permettez-moi de conclure mon discours là où je l’ai commencé : je m’adresse donc ici, à Sour, ville du courage, du passé riche et de l’ouverture sur la mer et le monde, avec les plus hautes salutations à nos frères résistants du sud précieux, et je leur dis :
Faites confiance à votre État, qui travaille sans relâche, et qui ne ménagera aucun effort pour réaliser le retrait complet de l’armée d’occupation israélienne de nos terres, la libération de tous nos prisonniers, le retour de nos compatriotes en sécurité et avec dignité dans leurs villes et villages, ainsi que leur reconstruction.
C’est votre droit sur nous, c’est notre promesse à vous.
Le glorieux souvenir de nos martyrs, l’honneur de notre armée,
Vivez et vive le Liban !
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Allocution du ministre de la Défense nationale :
« Monsieur le Président,
Mes chers officiers et soldats loyaux,
Nous sommes venus aujourd’hui, le président du Conseil et le ministre de la Défense, au sud, terre du courage et forteresse de la dignité, pour honorer votre bravoure, nous incliner devant vos sacrifices et nous féliciter de votre haute patriotisme, tout en rendant hommage ensemble au sang précieux des martyrs du pays.
Notre visite au sud aujourd’hui n’est pas une simple inspection ou vérification des situations et besoins que nous connaissons bien et que nous cherchons à traiter et combler avec toute la force, la volonté et les moyens dont nous disposons… Nous sommes ici aujourd’hui pour affirmer notre position ferme et déterminée visant à récupérer la souveraineté de l’État sur toutes ses terres, jusqu’au dernier centimètre du sud, et à atteindre le retrait total de l’armée d’occupation israélienne. C’est l’objectif premier des négociations entreprises par le Liban, car c’est le moyen le plus approprié et le plus accessible pour sortir de l’impasse et de cette guerre destructrice.
Nous sommes ici aujourd’hui pour affirmer, depuis ce sud fier, notre engagement à restaurer l’autorité absolue de l’État sur toute sa terre, sans partenaire ni concurrent dans les décisions de guerre ou de paix, sans autre arme que celle de l’armée libanaise, qui sera le rempart, le refuge et le havre pour tous les Libanais.
À cette occasion, nous ne pouvons qu’exprimer notre reconnaissance et notre admiration pour les efforts fournis par le gouvernement, sous la direction du Président et la supervision du Président, pour vous assister et améliorer vos conditions, ainsi que le niveau des services et prestations destinés à vos familles — ce qui reste peu comparé à ce que vous offrez. Et les sacrifices de l’armée libanaise, sous la conduite de ses dirigeants et de ses hauts gradés, qui remplissent leur rôle avec intégrité, compétence et courage, malgré les conditions extrêmement difficiles et les ressources limitées.
L’armée n’a jamais été qu’un symbole de dignité, de vigueur, de sacrifice et de loyauté, et n’a jamais été qu’un rassemblement de tous les Libanais, un garde-fou de leur unité nationale et de leur paix intérieure.
L’armée libanaise n’a jamais assumé une mission sans la mener à bien avec précision, rigueur et courage, indifférente aux distractions d’ici et aux pressions et sabotages d’ailleurs.
Et nous, ici au sud, dans n’importe quelle région du Liban, n’oublions jamais les martyrs de l’armée libanaise qui ont donné leur vie, leur sang et leur existence comme offrande pour que le Liban reste fier et honorable, et que son peuple reste fier de leur héritage et de leur nom.
Et à nos frères du sud, nous disons : nous ressentons votre douleur et vos souffrances, et notre conscience ne sera apaisée que lorsque tout le sud reviendra au Liban et que chaque habitant du sud retournera chez lui… Nous restons fermes sur nos principes, fidèles à votre cause, et vous retournerez chez vous, tête haute, alors soyez patients et résistants, car l’heure de la vérité arrive, par la volonté d’Allah.
Vivez et vive l’armée libanaise
Vive le Liban !
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Colonel de brigade Nicolas Tabet, commandant de la zone sud du Litani :
« Monsieur le Président du Conseil des ministres,
Monsieur le Ministre,
Général, Cher Chef d’état-major,
Mes chers officiers et hôtes,
Il m’est un honneur, en tant que colonel de brigade Nicolas Tabet, commandant de la zone sud du Litani, de vous souhaiter la bienvenue au nom de toute la famille de la zone sud du Litani, dans cette région chère du Liban, qui vit aujourd’hui l’une des périodes les plus critiques et les plus difficiles, dans un contexte de persistance des agressions et menaces israéliennes, laissant derrière elles destructions et souffrances humaines qui pèsent lourdement sur nos populations du sud, qui payent depuis des années un prix élevé en matière de sécurité, de stabilité et de moyens de subsistance.
Dans ces circonstances exceptionnelles, l’armée libanaise continue d’accomplir son devoir national avec responsabilité et détermination, plaçant la sécurité des citoyens, la protection du territoire et la préservation de la souveraineté de l’État au sommet de ses priorités, malgré la difficulté du terrain et l’ampleur des défis et des besoins.
Notre présence ici n’est pas simplement une présence militaire, mais une expression de la présence de l’État et de son engagement envers les populations du sud, ainsi qu’une preuve de la détermination de l’armée à remplir son rôle de protection du pays et de sauvegarde de sa souveraineté, en collaboration avec les autorités légitimes et les forces internationales opérant dans la région, dans l’intérêt de la sécurité et de la stabilité du Liban.
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, votre visite d’aujourd’hui au sud porte pour nous une message de soutien et de confiance envers l’institution militaire, reflétant également l’intérêt de l’État pour les populations du sud et leurs sacrifices.
Et tandis que nous saluons très haut le soutien constant apporté par le gouvernement à l’armée libanaise, nous vous assurons, Monsieur le Président, que ce soutien et cette confiance constituent une source de force et un moteur pour continuer à remplir notre devoir, quelles que soient les circonstances et les défis.
Bienvenue dans le sud du Liban, où l’armée, par la volonté de sa direction et les sacrifices de ses officiers et soldats, demeure ferme dans sa position, fidèle à son serment, attentive à maintenir le sud comme terre sûre pour ses habitants, et partie intégrante d’un pays libre et stable.
Que Dieu protège le Liban, son armée et ses populations,
Bienvenue parmi vos soldats !