Liban
Les prix alimentaires s'envolent dans le monde : le Liban échappera-t-il à la nouvelle vague d'inflation ?
La FAO a signalé une hausse des prix mondiaux de l'alimentation en septembre, atteignant un sommet depuis quatre ans. Hani Bahsali, président du syndicat des importateurs au Liban, analyse les facteurs climatiques et géopolitiques qui pourraient maintenir cette pression inflationniste.

Le syndicat des importateurs de produits alimentaires, présidé par Hani Bahsali, a publié un communiqué indiquant que « l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a annoncé une hausse des prix mondiaux de l'alimentation en septembre, atteignant leur plus haut niveau depuis environ quatre ans, portée par une augmentation des prix du sucre de 6,1 % sur un mois, des céréales de 5,1 % et des huiles végétales de 0,9 % ».
Concernant l'impact de ces hausses sur les prix des denrées alimentaires au Liban, M. Bahsali a rassuré en précisant que « les fluctuations des prix des produits alimentaires à l'échelle mondiale, variant entre 3, 5 voire 6 %, sont considérées comme normales et ne reflètent pas nécessairement l'existence d'une crise alimentaire mondiale ».
Il a expliqué que « les prix des produits de base ne restent jamais stables, mais sont continuellement influencés par les facteurs de l'offre et de la demande, les saisons agricoles et les quantités disponibles sur les marchés », soulignant que « une hausse des prix comprise entre 3 et 5 % peut survenir même dans des conditions normales, en l'absence de crises ou de guerres ».
Il a ajouté que « les augmentations limitées, notamment celle des prix des huiles végétales inférieure à 1 %, ne peuvent être considérées, en soi, comme un indicateur de l'émergence d'une nouvelle crise, car les prix des produits de base connaissent naturellement des fluctuations constantes à la hausse comme à la baisse ».
Quant à l'évolution des prix des produits alimentaires durant la prochaine période, M. Bahsali a identifié « deux facteurs essentiels susceptibles d'influencer la tendance des prix au cours des prochains mois et de l'année suivante ».
« Le premier facteur réside dans les évolutions climatiques, en particulier le phénomène El Niño prévu pour la période 2026-2027, qui pourrait, selon les prévisions mentionnées, être l'un des plus forts historiquement, ce qui pourrait affecter la production agricole mondiale et, par conséquent, les prix des récoltes et des denrées alimentaires ».
« Le second facteur est lié aux développements géopolitiques dans la région du détroit d'Ormuz et à leurs répercussions potentielles sur la production et les coûts des engrais ».
M. Bahsali a estimé que « ces deux facteurs ne permettent pas, à l'heure actuelle, de prévoir une baisse des prix des produits alimentaires au cours des prochains mois, mais renforcent plutôt les probabilités d'une poursuite des pressions inflationnistes ».
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