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Salam : Nous voulons préserver Beyrouth comme espace d'ouverture et de rencontre

Le Premier ministre Nawaf Salam a inauguré le jardin du Patriarche Ignace IV Hazim, soulignant l'importance de maintenir Beyrouth comme un lieu de dialogue et de vivre-ensemble.

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Salam : Nous voulons préserver Beyrouth comme espace d'ouverture et de rencontre
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Le président du Conseil des ministres, Nawaf Salam, a prononcé un discours lors de l'inauguration du jardin du Patriarche Ignace IV, dans lequel il a déclaré :

« Quel plaisir pour moi d'être parmi vous aujourd'hui, ici dans ce quartier cher de Beyrouth, pour inaugurer ce parc public après sa rénovation, qui porte le nom du Patriarche Ignace IV Hazim. C'est une occasion où nous honorons un homme qui a aimé Beyrouth et y a laissé une empreinte profonde, et où nous rendons aux habitants de cette ville précieuse un lieu lié aux souvenirs de plusieurs générations. La municipalité de Beyrouth a bien fait d'attribuer le nom du Patriarche Ignace IV à ce qui était connu sous le nom de Jardin Souifi, et je suis très heureux de cette dénomination. Le Patriarche Ignace est une figure spirituelle libanaise et syrienne, que les Libanais et les Syriens évoquent avec amour et estime. Certains se souviennent du pasteur qui a su prendre soin de son troupeau, d'autres invoquent son héritage dans la construction des institutions, dont Beyrouth est témoin pour certaines. D'autres encore admirent la sagesse et le courage qu'il réunissait, ou retrouvent ses paroles sincères et ses sermons, notamment son discours émouvant au sommet confessionnel islamique de 1981, où ses dirigeants lui ont attribué le titre de « Patriarche des Arabes », à l'instar de son prédécesseur le Patriarche Grégoire IV Haddad.

Ignace Hazim est originaire de Mhardeh, ville voisine de Hama en Syrie, et issu d'une famille éprise de savoir. Jeune, il a rejoint l'International College à Beyrouth, puis l'Université Américaine où il a étudié la philosophie, avant de partir poursuivre ses études supérieures à Paris. Ensuite, il est revenu à Beyrouth, devenue sa ville d'adoption, où il a passé de longues années dans l'éducation, l'enseignement et le conseil. Beaucoup d'entre vous connaissent le Collège de l'Annonciation orthodoxe, né au cœur d'Achrafieh et développé grâce aux efforts du père Ignace, ouvrant ses portes aux enfants de Beyrouth quelles que soient leurs appartenances. Il incarne ainsi une tradition ancienne de cette ville, où l'appartenance communautaire ne contredit pas l'ouverture aux autres, mais enrichit et renforce le vivre-ensemble. Les fidèles de l'Église servie par le père Ignace étaient, et restent, une partie intégrante du tissu beyrouthin, par leur attachement à la ville, leur ouverture envers tous ses habitants et leur fidélité au Liban comme patrie unique pour tous ses fils. Beyrouth ne l'a jamais quitté après son transfert à Damas ; il y retournait avec une nostalgie constante. Grâce à sa longue résidence et à son service, il est devenu libanais, portant cette identité avec lui en Syrie, tout comme il portait les préoccupations et les causes du Liban devant le monde.

Le Patriarche Ignace était reconnu pour sa capacité à concilier l'éthique de la foi et les convictions profondes, avec l'éthique du soin et de la responsabilité. Si la responsabilité exigeait un réalisme pragmatique face aux gouvernants et aux détenteurs du pouvoir, ses convictions empêchaient toute soumission ou soutien à leur autoritarisme.
Il est resté fidèle à son attachement à la liberté, non seulement la liberté religieuse, mais aussi la liberté des gens à façonner leur destin. Il n'a jamais confondu le confessionnel et l'ecclésial. Il croyait en une Église qui soit un don d'amour pour son peuple, partageant ses souffrances et ses aspirations, et appelait à dépasser les sectarismes confessionnels qui amplifient les différences et éloignent les enfants d'une même terre et d'une même patrie.

Je ne suis pas ici pour vous présenter la biographie du Patriarche Ignace, connue de beaucoup d'entre vous, mais pour nous rappeler ensemble ce qu'il fut et ce qu'il représenta, et pour affirmer mon affection envers tous ceux qui l'aiment et le suivent. Peut-être l'un des plus beaux aspects de l'attribution de son nom à ce jardin est qu'il s'agit d'un lieu ouvert à tous, quels que soient leur âge et leur origine. Cela s'accorde avec ce en quoi il croyait : l'ouverture et la rencontre entre les gens, et avec ce que nous aimons à Beyrouth et souhaitons préserver de son identité. Ce jardin occupe une place particulière dans la mémoire de ma ville. Beaucoup d'entre vous gardent sans doute de beaux souvenirs de cet endroit, depuis l'enfance, ou des moments passés là avec leurs enfants ou amis. Qu'il est beau de voir aujourd'hui retrouver sa vitalité, redevenir un lieu de rencontre où l'on crée de nouveaux souvenirs. Beyrouth, que nous aimons, a besoin, au milieu de son agitation et de son bruit, de davantage d'espaces verts où reprendre notre souffle et nous rencontrer. Les jardins ne sont pas seulement des arbres, des allées et des bancs. Ils font partie de la vie des gens, et constituent un droit dans leur ville. Ce sont des lieux de partage, fréquentés par tous, jeunes et vieux, de toutes origines, loin du tumulte urbain.

Je salue tout effort, public, privé ou partenarial, contribuant à protéger et étendre ces espaces. Que ce jardin reste un lieu de rencontre pour les Beyrouthins, et que Beyrouth demeure, comme l'aimait le Patriarche Ignace, une ville vivante, renouvelée et accueillante pour tous. Félicitations à vous, et à tous les Beyrouthins et Libanais, pour le jardin Ignace IV.

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