Liban
Le président de l'Union générale des syndicats des travailleurs du Liban, Maroun Al-Khoury, accuse le gouvernement de négliger la crise économique et demande un plan d'urgence pour protéger le pouvoir d'achat.

Maroun Al-Khoury, président de l'Union générale des syndicats des travailleurs du Liban, a imputé au gouvernement «la responsabilité de l'aggravation de l'effondrement des conditions de vie», estimant que «l'augmentation de l'indice des prix à la consommation de 17,53 % par an en septembre 2026, selon les données de l'Administration centrale de la statistique, constitue une alerte sociale et économique grave qui ne doit pas être traitée comme un simple chiffre statistique ou une conséquence inévitable des circonstances régionales».
Dans un communiqué, Al-Khoury a considéré que «le Liban ne fait plus face à une vague temporaire de cherté, mais à une crise intégrale qui épuise les salaires, frappe le pouvoir d'achat et menace la sécurité alimentaire et sociale». Il a souligné que «la poursuite par les autorités de la gestion de la crise par des politiques de rafistolage, sans plan de sauvetage clair ni mesures exécutives urgentes, constitue un abandon des devoirs constitutionnels et sociaux de l'État, tandis que les travailleurs, les personnes à revenus limités et les familles libanaises paient le prix de l'effondrement sur leur quotidien».
Il a rejeté «l'utilisation des crises régionales comme prétexte pour justifier la flambée des prix», indiquant que «la disparité des taux d'inflation entre le Liban et les pays de la région, dont la Jordanie, où l'inflation a atteint environ 2,66 % selon les chiffres mentionnés, impose une responsabilisation sérieuse concernant les facteurs internes qui aggravent la crise, notamment la faiblesse de la surveillance, le monopole, l'absence de concurrence réelle, la perturbation des chaînes d'approvisionnement et l'inefficacité des politiques économiques et sociales». Il a affirmé que «cette comparaison n'annule pas l'impact des conditions extérieures, mais montre que l'ampleur de la crise libanaise exige de traiter les déséquilibres internes plutôt que de se réfugier derrière des justifications générales».
Il a insisté sur le fait que «la liberté du marché ne signifie pas la liberté d'exploiter le citoyen, et que le rôle de l'État ne se limite pas à percevoir les impôts et les taxes, mais inclut la protection du consommateur, la garantie de la concurrence, la lutte contre le monopole et la manipulation des prix, ainsi que la sanction des contrevenants». Il a averti que «laisser les marchés sans surveillance efficace transforme le citoyen en maillon faible et sape la confiance dans l'État et ses institutions».
Il a exigé du gouvernement «l'annonce d'un plan d'urgence économique et social, et l'élaboration d'un plan urgent comprenant : l'activation de la surveillance sur l'importation, la distribution, la tarification et les marges bénéficiaires ; la lutte contre le monopole et la manipulation ; la déférence des contrevenants devant la justice ; la révision des salaires et des prestations sociales en tenant compte de l'inflation et du coût de la vie ; la protection des catégories les plus vulnérables et l'adoption de mesures directes pour limiter la hausse du coût des biens et services essentiels, notamment les transports, l'éducation, l'énergie et les télécommunications ; la publication de données périodiques sur les prix, les marges bénéficiaires et les résultats de la surveillance ; et la détermination des responsabilités des entités concernées et leur reddition de comptes en cas de manquement».
En conclusion : «Ce qui est requis, c'est un État qui protège le citoyen, non une autorité qui observe passivement l'effondrement de sa capacité à vivre ; un État qui régule le marché, punit les monopoles et met en œuvre un plan de sauvetage exécutable avec des délais clairs. Continuer à ignorer les indicateurs et les avertissements revient à démissionner de la responsabilité nationale et à laisser les Libanais seuls face au coût de l'effondrement».



