Liban
Le conseil exécutif du syndicat des propriétaires de stations-service a tenu une réunion d'urgence pour réfuter les allégations de corruption formulées par l'ancien ministre César Abi Khalil, tout en réclamant des solutions immédiates face aux pertes financières du secteur.

Le conseil exécutif du Syndicat des propriétaires de stations-service a tenu une réunion d'urgence présidée par le syndic Georges Barakass, en présence de MM. Hassan Jaafar, Fadi Abu Shakra, Camille Leon, Souheil Dada, Rouz Khattar, Charbel Al-Kak, Abbas Younes et Fayçal Al-Hajjawi. Selon un communiqué, ils ont examiné « ce qui a été dit lors de la conférence de presse de l'ancien ministre César Abi Khalil, qui y a adressé des accusations surprenantes et répréhensibles, ainsi que des insinuations concernant des soupçons de corruption liés à la commission des propriétaires de stations ».
Il a précisé que « le syndicat ne conclut pas d'accords sous la table et n'a pas honte de revendiquer publiquement les droits des propriétaires de stations. Il a soumis au ministre de l'Énergie et de l'Eau plusieurs mémoires officiels accompagnés d'études économiques et de budgets prouvant l'ampleur des lourdes pertes subies par ce secteur vital en raison de la fixation de la commission dans le tableau des prix, dans un contexte où la guerre éclatée dans le Golfe arabe a provoqué une augmentation record des prix des produits pétroliers mondialement, ce qui s'est traduit par une hausse générale des prix des biens de consommation et a entraîné une inflation sans précédent et un effondrement du pouvoir d'achat ».
Il a considéré que « le ministère, en fixant la commission par litre - quel qu'en soit le prix - a transformé le propriétaire de station en un employé à son service, au même titre que les fonctionnaires du secteur public, déterminant ses revenus. Mais en contrepartie, il a augmenté ses dépenses et ses coûts opérationnels via la hausse des salaires, les cotisations à la sécurité sociale, les permis de travail et de résidence pour les employés, ainsi que les taxes municipales, sans parler de l'augmentation du coût de production d'énergie nécessaire à la station due à la flambée des prix du mazout pour les générateurs électriques, au point que les charges financières sont devenues si écrasantes qu'elles ont englouti toute marge bénéficiaire supposée ».
Le communiqué ajoute : « Nous affirmons à l'opinion publique que la commission actuelle reste inférieure au niveau permettant d'atteindre l'équilibre financier requis. Où est la corruption, Monsieur l'ancien ministre ? Vous avez menacé de déposer une plainte auprès du Parquet financier ; nous vous répondons en demandant au Procureur général financier de nous inclure dans cette plainte et de nous convoquer pour enquête afin d'établir la vérité. Assez utilisé les propriétaires de stations pour des positions populistes ! Celui qui est aussi jaloux de l'argent public aurait dû commencer par ne pas augmenter son salaire de député. Toutes les entreprises commerciales ont ajusté leurs prix de vente suite à cette situation, pourquoi cela serait-il interdit aux propriétaires de stations ? »
Il poursuit : « Le syndicat, qui a refusé ces derniers mois de recourir à des mesures négatives par compassion envers le citoyen, par souci de ne pas ramener les scènes douloureuses de files d'attente dans les rues, et pour préserver la stabilité et la sécurité sociale, confirme qu'il ne se taira plus désormais car il ne supporte plus les pertes accumulées face à l'indifférence des responsables. Ainsi, pour éviter que le syndicat ne soit contraint, malgré lui, d'aller vers des options et des issues négatives qu'il ne souhaite pas et préfère éviter, il lance un appel aux décideurs au pouvoir pour fixer rapidement une date de réunion et trouver des solutions justes pour tous. »
Il conclut : « Le syndicat exhorte toutes les forces et les dirigeants politiques à ne pas impliquer le secteur des stations, le gagne-pain de ses propriétaires et de ses employés, dans les bazars et les surenchères politiques. Il affirme que les portes du syndicat et ses documents sont clairs et ouverts à tous ceux qui souhaitent prendre connaissance des faits et des chiffres bruts. »



