Liban
Étudiants et familles manifestent à Tripoli pour demander l'annulation des examens officiels
Des élèves du secondaire et leurs parents ont organisé un sit-in devant le ministère de l'Éducation à Tripoli pour exiger l'annulation des examens officiels.

Des élèves du secondaire, des candidats au diplôme intermédiaire ainsi que leurs familles se sont rassemblés devant le département de l'Éducation à Tripoli. Cette mobilisation a réuni le président de l’Union des syndicats des travailleurs et employés du Liban-Nord, le capitaine Shadi Al-Sayed, des membres du conseil municipal de Tripoli ainsi que des militants éducatifs.
Lors de cette réunion, le capitaine Shadi Al-Sayed a pris la parole avec insistance, dénonçant un « entêtement » de la ministre de l’Éducation. Il a souligné que « la tenue des examens officiels dans ces conditions est inappropriée et que cette décision est malvenue ».
Il a ajouté : « Nous n’avons pas de différend personnel avec la ministre, bien au contraire, mais il s’agit d’une décision nationale équilibrée qui doit prendre en compte les exigences liées à la tenue des examens. Nous nous adressons à nouveau au Parlement, au Conseil des ministres et à la ministre pour qu’ils adoptent une décision adaptée à la réalité actuelle. En effet, plus de la moitié des élèves au Liban n’ont pas bénéficié d’un enseignement adéquat. Si certains ont reçu un enseignement suffisant durant l’année scolaire, cela constitue une compétence qu’ils ont acquise, mais la question porte sur le contexte et le calendrier, que la ministre Karam doit considérer en respectant la dignité de tous les Libanais et des élèves, de manière égale et simultanée. »
Le capitaine Al-Sayed a menacé d’organiser des rassemblements devant les centres d’examen, avec les élèves, afin d’empêcher l’entrée et la sortie si ces examens étaient maintenus. Il a conclu : « Nous espérons ne pas en arriver là. »
De son côté, Maher Bakir, membre du conseil municipal de Tripoli, a salué la position de Shadi Al-Sayed, la qualifiant de mise en avant des priorités. Il a déclaré : « Nous affirmons que le diplôme officiel est fondamental, mais dans des circonstances exceptionnelles, il faut appliquer des décisions et orientations exceptionnelles. L’égalité entre les élèves exige donc la non-tenue de ces examens. »
Un communiqué a également été publié par les étudiants en grève. Il indique : « Nous sommes un groupe d’élèves du secondaire, de candidats aux diplômes intermédiaires et leurs familles, et nous exprimons notre profonde inquiétude face aux circonstances exceptionnelles que traversent les élèves au Liban, en raison des crises successives, des tensions sécuritaires ainsi que des pressions psychologiques et sociales qui ont directement affecté leur parcours éducatif et leur capacité à se préparer aux examens officiels. »
Le communiqué poursuit : « Soucieux de l’intérêt des élèves et du principe d’équité éducative, nous demandons à la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de reconsidérer la méthode d’organisation des examens du diplôme secondaire cette année, en étudiant la possibilité d’adopter des solutions exceptionnelles prenant en compte la situation actuelle, notamment l’annulation des examens officiels. »
« Notre action s’inscrit dans le respect des lois et règlements, convaincus du droit des élèves à une éducation juste qui tienne compte des circonstances exceptionnelles que traverse le pays, et en solidarité avec nos frères et proches dans le Sud », conclut le texte.
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