Culture & société
Cancer de la prostate : plus fréquent que le cancer du sein au Royaume-Uni
Les données récentes montrent que le cancer de la prostate est désormais le cancer le plus diagnostiqué au Royaume-Uni, dépassant le cancer du sein avec environ 68 000 nouveaux cas annuels contre 59 000.

Des données récentes confirment que le cancer de la prostate est devenu le type de cancer le plus courant au Royaume-Uni. Le nombre d’hommes vivant avec ce diagnostic a augmenté de 100 000 cas depuis 2020, selon le journal Mirror. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de campagnes renforcées incitant les hommes à consulter et à ne pas sous-estimer les risques potentiels.
L’association Macmillan Cancer Support indique qu’environ 68 000 hommes reçoivent chaque année un diagnostic de cancer de la prostate au Royaume-Uni — soit une nouvelle détection toutes les huit minutes. Ce chiffre dépasse celui des nouveaux cas de cancer du sein, estimé à 59 000 par an.
Selon les dernières estimations de Macmillan, près de 600 000 hommes vivent actuellement avec un diagnostic de cancer de la prostate au Royaume-Uni, contre environ 500 000 en 2020. Ces données établissent officiellement le cancer de la prostate comme le cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le pays, devançant le cancer du sein en nombre de nouveaux cas annuels.
Cette prise de conscience s’est amplifiée après une campagne médiatique largement suivie menée par l’ancien champion olympique sir Chris Hoy, qui a révélé publiquement sa propre maladie à un stade avancé. Des organisations caritatives et plusieurs personnalités politiques l’ont soutenu dans son appel à généraliser les dépistages chez les hommes.
« Se sentir en bonne santé ne signifie pas être à l’abri », met en garde Macmillan. Le Dr Anthony Kinnear, conseiller médical principal de l’association, souligne que l’idée selon laquelle l’absence de symptômes exclut un cancer de la prostate est l’une des croyances erronées les plus répandues. En effet, la maladie progresse souvent sans signe clinique visible aux stades précoces. Il recommande donc aux hommes de consulter leur médecin dès qu’ils éprouvent de l’inquiétude ou observent des manifestations inhabituelles.
Des données antérieures recueillies par Cancer Research UK faisaient état de 58 000 nouveaux cas annuels de cancer de la prostate, contre 59 000 pour le cancer du sein. Les chiffres actualisés de Macmillan confirment désormais un dépassement net du cancer de la prostate sur le cancer du sein en termes de nouveaux diagnostics.
Macmillan précise que certains hommes peuvent rester asymptomatiques pendant des années. Les symptômes apparaissent généralement lorsque la tumeur grossit suffisamment pour comprimer l’urètre. Parmi les signes pouvant justifier une consultation figurent notamment : des difficultés à uriner ; une envie fréquente d’uriner, surtout la nuit ; une sensation d’incomplétude de la vidange vésicale ; une urgence mictionnelle ; la présence de sang dans les urines ou dans le sperme.
Le Dr Kinnear insiste sur la nécessité de consulter dès l’apparition de l’un de ces signes. Il rappelle que si le cancer de la prostate touche principalement les hommes âgés de plus de 50 ans, il peut aussi survenir plus tôt chez certains groupes, notamment les hommes noirs et ceux ayant des antécédents familiaux de la maladie.
Certains spécialistes précisent toutefois que la hausse du nombre de diagnostics ne reflète pas nécessairement une augmentation réelle de l’incidence du cancer. Le professeur Ben Lamb, chirurgien consultant à l’Institut du cancer de Barts, explique que cette progression s’explique surtout par une amélioration des pratiques de dépistage, une détection plus précoce et une meilleure survie globale. « Il ne s’agit pas simplement d’avoir davantage de cancers, mais davantage d’hommes vivant longtemps avec un diagnostic et ses conséquences thérapeutiques », précise-t-il.
Le Dr Alastair Lamb, chercheur clinicien à l’hôpital Saint-Bartholomew, ajoute qu’il n’existe aucune preuve d’une augmentation intrinsèque de l’incidence du cancer de la prostate. Selon lui, la hausse des chiffres enregistrés résulte avant tout des modalités de dépistage, et non d’une multiplication réelle des cas. Le fait que les taux de mortalité restent stables vient corroborer cette interprétation.
Sir Chris Hoy a relancé au Royaume-Uni le débat sur la possibilité d’introduire un dépistage systématique par dosage de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) chez les hommes asymptomatiques. L’athlète, six fois médaillé d’or olympique, plaide pour une extension de l’accès à ce test à un plus grand nombre d’hommes et à des âges plus jeunes.
Actuellement, les hommes âgés de plus de 50 ans peuvent demander un dosage PSA auprès de leur médecin dans le cadre du National Health Service (NHS). Si le résultat révèle un taux élevé, des examens complémentaires — imagerie et investigations approfondies — sont réalisés pour identifier la cause de cette élévation.
Toutefois, le Comité national britannique de dépistage (UKNSC) a récemment réaffirmé sa recommandation contre un dépistage généralisé basé uniquement sur le test sanguin PSA. Selon l’organisme, les bénéfices potentiels seraient inférieurs aux risques associés.
Cette position repose sur des modèles populationnels montrant que les tests sanguins actuels manquent de spécificité suffisante. Ils peuvent conduire à un surdiagnostic et à un traitement excessif d’hommes porteurs de tumeurs bénignes ou à croissance très lente, incapables de causer un dommage durant toute leur vie. Or, le cancer de la prostate évolue lentement chez certains patients, tandis que les outils actuels peinent encore à distinguer de façon fiable les formes agressives, potentiellement mortelles, des formes indolentes ne nécessitant aucun traitement.





