Culture & société
Une méta-analyse de 133 études révèle que les jeux vidéo améliorent légèrement mais significativement certaines fonctions cognitives, notamment la mémoire.

Le débat sur l’influence des jeux vidéo sur les capacités cognitives continue d’animer la communauté scientifique. Un article publié dans la revue Acta Psychologica propose une nouvelle évaluation quantitative de ce lien.
Les auteurs de cette étude ont identifié une corrélation entre la pratique des jeux vidéo et les performances cognitives, qu’ils ont pu mesurer de manière précise.
Pour ce faire, les chercheurs ont réalisé trois méta-analyses regroupant des études corrélationnelles, des comparaisons entre joueurs et non-joueurs, ainsi que des expériences contrôlées publiées entre janvier 2005 et août 2025. Au total, 133 études impliquant 14 245 participants ont été examinées.
Chaque étude a fait l’objet d’une évaluation critique, puis a été classée selon sa qualité. Les résultats ont été synthétisés autour de cinq critères principaux, dont les capacités spatiales et l’attention visuelle.
Les conclusions indiquent que les jeux vidéo procurent aux joueurs un bénéfice cognitif modeste mais statistiquement significatif, confirmé tant par les études observationnelles que par les comparaisons entre joueurs expérimentés et non-joueurs.
Le texte précise : « Lors de l’analyse des indicateurs cognitifs individuels, une association statistiquement significative n’a été observée que dans le domaine de la mémoire, suggérant que les jeux vidéo sont plus solidement liés aux compétences mnésiques. Une explication possible est que les personnes jouant plus longtemps mobilisent activement leurs capacités de mémoire pendant le jeu. »
La comparaison des capacités cognitives entre joueurs et non-joueurs, basée sur les études observationnelles, a révélé une corrélation de 0,22. En termes simples, le quotient intellectuel moyen des joueurs était supérieur d’environ cinq à sept points à celui des non-joueurs.
Les comparaisons issues d’expériences contrôlées ont montré un écart plus modeste, de 0,088, correspondant à une différence de deux à trois points sur l’échelle d’IQ d’Eysenck. Les chercheurs suggèrent que cela pourrait indiquer que les jeux ne stimulent pas nécessairement l’intelligence, mais que les individus avec des capacités cognitives plus élevées sont plus enclins à jouer.
L’analyse a également pris en compte d’autres facteurs, révélant que l’ampleur de l’effet varie peu en fonction du sexe, de l’âge, du contexte culturel (oriental ou occidental), de l’état de santé, de la durée de l’intervention ou du type de jeu.
Les auteurs estiment que les jeux vidéo pourraient être particulièrement bénéfiques pour les enfants et les adolescents, en raison de la plasticité cérébrale plus élevée à ces âges, et qu’ils pourraient aussi servir d’outil pour prévenir le déclin cognitif chez les personnes âgées.
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