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La nature comme remède durable contre la solitude

Une étude internationale démontre que les activités en plein air réduisent significativement l'isolement social, offrant une alternative thérapeutique aux soins médicaux classiques.

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La nature comme remède durable contre la solitude
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Environ un tiers des Américains et un sixième de la population mondiale éprouvent régulièrement un sentiment de solitude. Cette réalité préoccupante a conduit certains responsables de santé publique à qualifier ce phénomène d'épidémie. Une nouvelle recherche globale propose une solution inédite : la prescription sociale fondée sur la nature.

Ce dispositif consiste pour les cliniciens à recommander des activités telles que le jardinage, la randonnée ou l'observation des oiseaux. Les résultats indiquent que ces pratiques diminuent considérablement l'isolement. La pratique collective s'avère particulièrement efficace, surtout pour les individus souffrant du plus fort degré de solitude.

Jill Litt, professeure de santé environnementale à l'université CU Boulder et chercheuse principale du projet RECETAS, souligne qu'il existait beaucoup d'enthousiasme pour ces prescriptions mais peu de preuves scientifiques. Le modèle étudié, nommé Friends in Nature, a été testé auprès de 1 200 adultes répartis dans six villes d'Europe, d'Amérique latine et d'Australie.

Définition et impacts sanitaires

Les essais antérieurs ont donné des résultats prometteurs. Les dernières données, portant sur 320 adultes isolés à Barcelone, sont publiées dans le numéro d'octobre de la revue Lancet Regional Health. Selon Jill Litt, des essais contrôlés randomisés confirment désormais l'efficacité de cette approche ainsi que la pérennité de ses effets.

La solitude ne se limite pas à l'isolement physique. Elle correspond à un décalage subjectif entre les attentes relationnelles d'une personne et sa réalité sociale. Comme l'explique la chercheuse, on peut ressentir cette sensation même au milieu d'une foule, comparable à un nœud dans l'estomac.

La solitude chronique augmente les risques de maladies cardiovasculaires, de démence, d'accident vasculaire cérébral, de dépression et d'anxiété. Elle pèse également sur le système de santé, car les personnes concernées consultent plus fréquemment leur médecin. Elles se rendent aussi davantage aux urgences avec des plaintes vagues le vendredi après-midi, un phénomène appelé syndrome du vendredi après-midi.

En raison de la stigmatisation associée, les patients hésitent souvent à admettre leur état ou attribuent leurs symptômes physiques à d'autres causes. Quand les cliniciens creusent les racines du problème, ils découvrent que la solitude est un facteur majeur et que les solutions peuvent dépasser le cadre médical traditionnel.

Le protocole RECETAS et ses résultats

Lancé en 2021 grâce à une subvention de 5,6 millions d'euros de l'Union européenne, le programme RECETAS (Re-imagining Environments for Connection and Engagement) a mené des essais randomisés à Barcelone, Prague et Helsinki, ainsi que des études quasi-expérimentales à Marseille, Cuenca et Melbourne.

Les conclusions récentes se concentrent sur le site barcelonais. L'étude a inclus 320 adultes âgés et isolés issus de douze quartiers défavorisés. La moitié des participants a rejoint des groupes de huit à dix personnes, accompagnés par deux facilitateurs formés. Ils pratiquaient ensemble pendant deux heures chaque semaine durant neuf semaines des activités comme le jardinage ou l'art lié à la nature.

L'autre moitié disposait du même catalogue d'activités gratuites et accessibles, réalisées individuellement. Les deux stratégies ont fonctionné. En moyenne, les scores de solitude ont baissé de 11 % à trois mois, de 12 % à six mois et de 17 % après un an. Pour ceux dont le bien-être émotionnel initial était faible, l'intervention en groupe s'est révélée plus performante.

Jill Litt explique que la nature, par ses sons, odeurs et images, agit comme un facilitateur supplémentaire qui amplifie les bénéfices thérapeutiques. Louise Chawla, psychologue environnementale et professeure émérite à CU Boulder, ajoute que même la présence seule dans la nature atténue la solitude. Elle décrit cela comme la création d'un réservoir de calme auquel on peut revenir lors de périodes stressantes.

Perspectives d'intégration sanitaire

Les agences de santé publique espagnoles commencent à reconnaître le modèle Friends in Nature comme une meilleure pratique pour lutter contre l'épidémie de solitude. Jill Litt travaille actuellement à transposer ces essais aux États-Unis, dans l'espoir que les assureurs couvriront un jour des abonnements à des jardins communautaires ou des clubs d'observation des oiseaux.

Elle note que nos villes possèdent déjà des espaces naturels et des investissements dans les infrastructures vertes. Il reste désormais à créer un mécanisme reliant ces ressources aux systèmes de santé pour offrir des soins centrés sur la personne, exploitant le pouvoir curatif de la nature.

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