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Trois étapes pour s'affirmer et poser des limites

Le Dr Dimitrios Tsatiris propose une méthode en trois temps pour défendre ses intérêts professionnels sans agressivité.

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Trois étapes pour s'affirmer et poser des limites
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Dans un environnement marqué par la concurrence entre obligations professionnelles, familiales et sociales, la gestion du temps et de l'énergie devient critique. Le Dr Dimitrios Tsatiris souligne que savoir poser des limites est indispensable pour éviter que la vie ne parte dans tous les sens. Contrairement à une idée reçue, cette compétence ne se réduit pas au simple refus. Elle englobe aussi la demande d'aide, la délégation ou le fait de signaler une inégalité dans la répartition des tâches.

De nombreux individus hésitent à s'exprimer en raison de barrières émotionnelles telles que la culpabilité, la honte, le sentiment d'obligation, la volonté de plaire, l'évitement du conflit ou la peur des conséquences. À ces freins psychologiques s'ajoute souvent un manque de méthode concrète pour formuler sa position. Pour combler ce vide, le médecin propose une approche structurée en trois étapes.

L'approche curieuse plutôt que conflictuelle

Prenons l'exemple d'un collaborateur ayant reçu plus de projets ou de gardes que ses collègues. La frustration ressentie est légitime et doit servir de signal pour agir. Rester silencieux risque d'être interprété comme une acceptation tacite de la surcharge. Il est recommandé de solliciter un entretien avec son supérieur hiérarchique en envoyant un courriel préalable pour demander cinq à dix minutes de disponibilité. Cette préparation évite de prendre l'interlocuteur au dépourvu et augmente les chances d'obtenir une issue favorable.

Au cours de la discussion, il convient d'adopter une posture de curiosité sans conclusions hâtives ni tonalité accusatrice. L'inégalité constatée peut résulter d'une erreur honnête ou d'une contrainte de sous-effectif où le manager a présumé que la personne, reconnue pour son sérieux, accepterait cette charge supplémentaire. Une formulation adaptée consiste à partager l'observation factuelle : « J'ai remarqué que j'ai six gardes ce mois-ci, alors que mes collègues n'en ont que trois. Pouvez-vous m'aider à comprendre cette différence de charge ? »

Écoute active et proposition de solutions

Une fois l'explication fournie, l'étape suivante exige une écoute attentive. Il faut mettre de côté ses préjugés pour saisir pleinement le point de vue de l'interlocuteur. Cette compréhension fine est cruciale car elle fournit les éléments nécessaires pour construire une argumentation efficace et défendre sa propre position.

Vient ensuite le moment de présenter sa requête. L'assertivité est de mise, mais l'agressivité doit être bannie car elle suscite généralement de la résistance. Il est pertinent de montrer qu'on comprend la difficulté rencontrée par le responsable, ce qui favorise la collaboration. Proposer activement des solutions améliore également les résultats, puisque la personne directement concernée est souvent mieux placée pour identifier des ajustements viables. Un exemple de discours inclut la reconnaissance de la situation difficile due au manque de personnel, suivie d'une demande réaliste : « Je comprends votre position... Cependant, je ne peux pas maintenir ce rythme insoutenable. Serait-il possible de revenir à ma charge habituelle le mois prochain en répartissant les appels plus équitablement ? »

Si la surcharge n'est pas problématique ou si la demande initiale rencontre une opposition, il est possible de négocier d'autres contreparties, comme une augmentation de rémunération ou une promotion. Cette démarche transforme l'effort supplémentaire en une situation gagnant-gagnant. Considérer cette prise de parole comme une opportunité de développement personnel et professionnel permet de renforcer durablement sa capacité à s'affirmer.

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