Culture & société
Dans les universités syriennes... Droit et médias réservés aux hommes ? Des filières universitaires relancent le débat
Les conditions d'admission 2026-2027 en Syrie suscitent la polémique après l'exclusion des étudiantes de certaines filières comme le droit, les sciences sociales et les médias, sans explication officielle détaillée du ministère.

La sélection pour l'admission universitaire en Syrie pour l'année académique 2026-2027 a suscité une vive controverse, après que les demandes ont révélé que l'admission dans plusieurs facultés, instituts et spécialisations était réservée exclusivement aux étudiants masculins, à l'exclusion des femmes. Parmi ces domaines figurent des disciplines civiles telles que les sciences juridiques et sociales ainsi que la réalisation radiotélévisée, alors que le ministère de l'Enseignement supérieur n'a fourni aucune explication détaillée sur les raisons de cette exclusion.
Le débat a éclaté après l'annonce par le ministère syrien de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le 30 septembre dernier, de la publication des sélections via un système électronique unifié, accompagnées des conditions d'admission pour chaque faculté, institut et spécialité.
Pourquoi uniquement les hommes ?
Selon les listes publiées, sont réservés aux hommes : les sciences juridiques et les sciences sociales à la Faculté des sciences humaines et administratives, l'Institut technique des chemins de fer, l'Institut technique du pétrole et du gaz, ainsi que la spécialité de réalisation radiotélévisée à l'Institut technique des médias. La liste inclut également la Faculté des sciences sécuritaires et l'Institut technique des sciences sécuritaires, outre des spécialités militaires, ingénierie, maritimes et aéronautiques, notamment le génie mécanique, électronique, informatique, mécatronique, le génie maritime et l'ingénierie aéronautique.
Cette restriction de certaines filières universitaires aux hommes en Syrie ne se limite pas aux domaines sécuritaires ou militaires ni aux programmes liés à des conditions de travail spécifiques ; elle s'étend désormais à des disciplines civiles, particulièrement le droit, les sciences sociales et les médias, élargissant ainsi le cercle des interrogations sur les critères utilisés par le ministère pour réserver ces parcours aux étudiants masculins.
Selon les rapports et le site officiel du ministère, ce dernier n'a fourni aucune explication générale détaillée justifiant la restriction propre à chaque spécialité. Les listes d'admission montrent toutefois que d'autres filières restent ouvertes aux deux sexes, suggérant qu'il ne s'agit pas d'une décision globale de séparation des genres dans les universités syriennes.
De la sélection au débat sur l'éducation mixte
Ce débat survient quelques semaines après une controverse similaire provoquée par la décision de l'« Institut de la Liberté », anciennement connu sous le nom de « Lycée » à Damas, de séparer les élèves garçons et filles aux niveaux collège et lycée, tout en maintenant la mixité au primaire. L'administration de l'institut avait alors indiqué que cette décision répondait à des considérations pédagogiques et comportementales, et non à une directive gouvernementale générale.
Avec cette nouvelle sélection, le débat a glissé de la ségrégation au sein d'un établissement scolaire vers l'accès inégal à certaines filières universitaires, dont certaines peuvent déterminer l'avenir professionnel des jeunes femmes dans les domaines du droit, des médias et des sciences sociales. En l'absence d'explication officielle détaillée, la question soulevée par les listes reste ouverte : quels critères rendent certaines de ces spécialités accessibles uniquement aux hommes ?





