Culture & société
Étude : le défilement sur les réseaux sociaux réduit progressivement votre bien-être
Une étude d’Oxford révèle que l’usage excessif des réseaux sociaux diminue la satisfaction et la santé mentale des jeunes dans plusieurs pays occidentaux.

Le phénomène de défilement infini sur les applications de réseaux sociaux, appelé "Doomscrolling", est devenu une habitude quotidienne épuisante pour beaucoup d’utilisateurs.
Ce comportement commence souvent par quelques minutes, mais peut s’étendre sur plusieurs heures, laissant les utilisateurs dans un état psychologique plus dégradé qu’avant d’avoir pris leur téléphone.
Ce ressenti, autrefois considéré comme subjectif, est désormais confirmé par des recherches scientifiques.
Un rapport sur le bonheur mondial publié par le Centre de recherche sur le bien-être de l’université d’Oxford établit un lien net entre l’usage excessif des réseaux sociaux et la baisse du bien-être psychologique, en particulier chez les jeunes femmes et hommes des pays occidentaux.
Selon la BBC, le chercheur Michael Plant explique que si une utilisation modérée des réseaux sociaux peut favoriser les échanges sociaux, un temps d’usage prolongé est directement associé à une dégradation de l’état mental des utilisateurs.
Le rapport souligne que la satisfaction et le niveau de bonheur des moins de 25 ans dans des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni ont nettement diminué au cours de la dernière décennie, en parallèle avec la généralisation des plateformes sociales.
Michael Plant confie avoir d’abord été sceptique quant à l’impact de ces applications, mais les preuves accumulées rendent désormais impossible toute ignorance.
Alors que les taux de tabagisme et de consommation d’alcool ont baissé chez les nouvelles générations, les réseaux sociaux sont apparus comme une nouvelle forme d’addiction, d’autant plus que ces plateformes sont conçues pour maintenir l’utilisateur connecté le plus longtemps possible.
Plusieurs études ont également démontré que l’addiction au défilement continu et l’exposition à des contenus négatifs augmentent le stress, l’anxiété et les émotions négatives chez les jeunes.
Sydney Groz, créatrice de contenu active sur TikTok depuis 2021, souligne le double visage des réseaux sociaux.
Bien qu’elle aime son travail, elle reconnaît qu’un seul commentaire négatif peut avoir plus d’impact sur elle que des centaines de retours positifs.
Le rapport conclut que les réseaux sociaux ne disparaîtront pas de sitôt et que ni les gouvernements ni les entreprises propriétaires de ces plateformes ne prendront de mesures pour protéger les adultes contre l’usage excessif, transférant ainsi la responsabilité à chaque individu.
Les experts recommandent d’utiliser les outils de limitation du temps d’écran intégrés aux systèmes Android et iOS pour réduire les heures de navigation, suggérant même que le mot de passe pour dépasser ces limites soit confié à une autre personne afin d’éviter une désactivation facile.
Par ailleurs, certains téléphones dits "minimalistes", qui restreignent l’accès aux applications addictives, commencent à susciter l’intérêt.
En définitive, la reconnaissance de l’existence d’un problème d’addiction au défilement est la première étape, suivie d’actions concrètes pour retrouver un équilibre loin de cette spirale sans fin.
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