Divers
Shannon Anderson, mère de trois enfants, dit avoir pris jusqu’à 300 mg d’Adderall par jour et célèbre aujourd’hui dix ans de sobriété.

Shannon Anderson, 37 ans, dit avoir vécu une addiction à l’Adderall qui l’a menée jusqu’à 300 mg par jour, soit plus de sept fois la dose adulte recommandée. Cette mère de trois enfants affirme qu’elle aurait dû en mourir.
Installée à Kansas City, dans le Missouri, elle raconte qu’au plus fort de sa consommation, elle était paranoïaque, privée de sommeil et physiquement en déclin. À un point tel que sa veine jugulaire pulsait visiblement dans son cou, ce que sa propre mère avait remarqué.
Aujourd’hui mariée à Mark, 44 ans, et mère de Greyson, 6 ans, Harrison, 4 ans et Sutton, 2 ans, elle célèbre dix ans de sobriété. Elle a aussi commencé à travailler comme sober coach, en s’appuyant sur son histoire pour aider d’autres personnes confrontées à des difficultés similaires.
« After one pill, I was essentially hooked », a-t-elle confié à Need To Know. Elle ajoute : « The second that pill kicked in, a euphoria washed over me I had never felt before. » Puis, dit-elle, « the addiction really took over and my tolerance had grown so much that I ultimately needed Adderall to function in my life. »
Shannon Anderson explique aussi qu’il lui avait été très facile d’obtenir ce médicament puissant pour la première fois, il y a probablement 15 ans. « When I went to get on Adderall probably 15 years ago, it was extremely easy to get », dit-elle, décrivant un parcours où l’on dit à un médecin qu’on a du mal à se concentrer et qu’on pense avoir un TDAH, avant d’être envoyé pour être « tested ».
Elle détaille ce test ainsi : on s’assoit dans une pièce avec une caméra et un ordinateur, puis il faut appuyer sur la barre d’espace à certains moments à l’écran. « Miss it a few times and voila, you have ADHD and get prescribed controlled substances », affirme-t-elle.
Avant de reprendre sa vie en main, elle dit que son addiction a eu un effet brutal sur son esprit et son corps. Elle raconte qu’elle « move my jaw from side-to-side like a crack addict », un symptôme qu’elle dit encore ressentir aujourd’hui, lorsqu’elle se concentre sur quelque chose.
Elle dit aussi avoir pu prendre « at least 300mg in a day » et se souvenir très précisément de la première fois où elle a mis cinq comprimés XR de 30 mg dans sa bouche d’un coup, puis recommencé plus tard dans la journée. Les effets secondaires, ajoute-t-elle, ont été dévastateurs.
Elle affirme avoir développé une sécheresse oculaire chronique parce qu’elle prenait tant de stimulants qu’elle oubliait de cligner des yeux et de dormir. Elle dit aussi avoir souffert d’urticaire chronique, sans parvenir à le faire disparaître sans stéroïdes.
Son récit évoque également des pupilles devenues « as big as my iris », au point que d’autres personnes le remarquaient. Elle dit encore que son sang battait si fort dans tout son corps qu’un jour sa mère a commenté la veine jugulaire visible dans son cou.
Selon elle, l’Adderall ou les stimulants rendent « extremely anxious », et le manque de sommeil ajoute un autre niveau de difficulté. « With lack of sleep added into the mix, you start to hallucinate », dit-elle.
Le moment de bascule est venu lorsqu’elle ne pouvait plus nier la réalité. Elle raconte avoir parlé à des consommateurs de drogues injectables, ce qui a provoqué chez elle un « spiritual awakening » : « My experience was similar to theirs – I got the drug and could no longer say no. »
Elle dit avoir longtemps continué à se voir comme différente, et non comme une addict, avant que cet instant ne la fasse changer de regard. « The substance doesn’t matter », résume-t-elle. « That’s when I knew it was life or death. »
Elle a alors commencé à assister à des réunions en 12 étapes. « It was there where I could really be honest », explique-t-elle, ajoutant qu’il était impératif d’avoir autour d’elle un soutien sobre.
Après avoir lancé son activité Sober is Chic et l’avoir portée sur les réseaux sociaux, elle dit avoir rencontré un nombre « astounding » de personnes qui lui ressemblent. « This is definitely an epidemic », affirme-t-elle.
Shannon Anderson estime aussi que le problème peut désormais être plus facile à rencontrer. Elle dit avoir eu des clients partageant les mêmes expériences, ainsi que des membres de sa famille la contactant sur les réseaux sociaux pour lui dire que leurs proches avaient pu obtenir le médicament via des rendez-vous virtuels, ce qui n’existait pas lorsqu’elle consommait.
Elle ajoute que cela leur permettait d’obtenir des prescriptions de plusieurs médecins. « So they were able to have multiple doctors prescribe them », dit-elle.
Mais elle refuse de réduire la question aux seuls individus. Elle rapporte que certaines personnes commentent ses contenus en disant : « I am the reason that there are shortages at the pharmacy and why doctors are hesitant to prescribe ». Elle répond que ni l’une ni l’autre de ces affirmations n’a jamais correspondu à son expérience.
À ses yeux, il s’agit plutôt d’un résultat du « overprescribing » de ce médicament. La sobriété n’a pas effacé les difficultés : elle dit avoir eu des crises de panique de façon aléatoire pendant son addiction active, puis les avoir vues revenir très souvent une fois sobre.
Elle explique s’être rappelé qu’elle pouvait respirer à travers une crise de panique et la traverser en marchant. Habituée à prendre quelque chose lorsque ces sensations apparaissaient, elle dit avoir dû entrer dans un territoire nouveau.
Malgré tout, son message reste celui de l’espoir. « You can do this », dit-elle. « Stop telling yourself you can’t. » Elle ajoute : « Your addiction will kill you. »
Et elle conclut : « And if it doesn’t, you will live a miserable existence until something else does. My course or coaching will help show you the way. It’s life or death and it’s time to choose life. »